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Quelques réserves sur la canonisation de deux Souverains Pontifes

Publié le 22 avril 2014 par Numero712 @No_712

Autant commencer tout de suite le débat par le sujet qui fâche : je suis réservé sur les deux canonisation de dimanche à Rome, celle de Jean XXIII et celle de Jean-Paul II. Une réserve de forme et non pas de fond. Sur le fond, j’ai confiance en notre Sainte Mère l’Eglise pour discerner les vertus de ces deux hommes et juger s’il convient de nous les donner ainsi en exemple.

Ma réserve est plus une réserve de forme disais-je. Une réserve de méthode, eu égard au regard "politique" que la société ne manque pas de jeter sur ce qui se passe chez nous, les catholiques. N’y aurait-il pas une certaine "prudence" à se donner un espace temps plus large, un espace temps qui permette une "mise à distance" de l’évènement.

En effet, bien que l’Eglise catholique soit le "corps mystique du Christ", il ne faut pas oublier qu’elle est formée d’hommes pécheurs et que ces hommes ont mis en place un certain nombre de structures "organisationnelles" pour poursuivre le travail du collège apostolique (les douze apôtres) à qui le Christ a confié l’Eglise terrestre. L’ensemble de ces structures organisationnelles sont nécessairement confrontées aux contingences, aux particularismes et aux faiblesses des hommes qui les composent (quand bien même ceux-ci soient des Saints).

Ainsi ces organisations (congrégations religieuses, associations…) sont autant de structures "politiques" en lien les unes avec les autres et en lien avec le collège épiscopal, le collège cardinalice et le Souverain Pontife. Bien que celui-ci soit par vocation le "serviteur des serviteurs", il est indéniable que le pouvoir de nomination confère une certaine autorité "politique" et non plus seulement "spirituelle" ou de service. De même dans un diocèse, l’évêque est celui qui a autorité sur son diocèse.

Pour qui veut jeter un discrédit sur l’église, une canonisation "rapide", dans le cadre d’un pape, peut laisser planer le doute sur l’éventuelle objectivité des personnes qui instruisent le dossier. Cela d’autant plus que :

1) ceux qui "portent le dossiers" (ce qui font la demande de canonisation) sont les mêmes (où les "collègues") que ceux qui instruisent le dossier. Ce qui n’est pas le cas dans le cas d’une procédure de béatification ou de canonisation d’un saint ou bienheureux non "romain" (par exemple Bienheureuse Alice Kotowska).

2) surtout lorsque le pontificat a été long et que l’instruction est récente, ceux qui sont les décideurs sur le sujet doivent leur "parcours professionnel" au Pape dont ils instruisent justement la canonisation. C’est s’exposer au jugement critique d’un fonctionnement en "boucle" et d’un manque d’objectivité.

Aussi pour éviter que des "mauvais esprits" ne pensent que "l’institution" de l’Eglise catholique ne cherche à s’auto-légitimer en instrumentalisant la canonisation d’un de ses récents papes, je serais d’avis d’instaurer un délais spécifique pour l’instruction de la canonisation d’un Pape ; un délais qui permette une plus grande mise à distance "historique". Cela ne légitimerait pas forcément, aux yeux des détracteurs de l’Eglise, le bien-fondé de la canonisation, mais cela ne laisserait pas planer le doute sur l’intégrité de la procédure.

Pour finir par une note d’optimisme, il y a bien des raisons de suivre notre Sainte Mère l’Eglise dans le choix quelle pose en canonisant ces deux Pape. Je ne vais pas les reprendre ici, puisque tel n’est pas le sujet de mon billet qui n’est bien qu’un billet sur le temps des hommes. Mais je vous invite à lire par exemple le billet du père Valentin.


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