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ALERTE INFO. Ukraine: SOS après les disparitions inexpliquées des militants anti-Maïdan

Publié le 15 mai 2014 par Menye Alain

alexPar Alexandre Sivov

Alexandre Gerasimov

Alexandre Gerasimov

Parmi les militants anti-Maîdan, beaucoup disparaissent. Depuis le 8 mai dernier, on est sans nouvelle du "Lenine noir" Ayo Banes, arrêté à la frontière ukrainienne. Il y a aussi Alexandre Gerasimov, qui ne répond plus à l’appel. Il fait partie des disparus d’Odessa. Il était l’un des militants les plus actifs des anti-Maïdan d’Odessa. Il ne figure pas sur  la liste des morts de la Maison des syndicats. Personne, actuellement,  ne sait où il est. On ne l’a pas vu le 2 mai dernier pendant la bataille au centre-ville, puis, près du Maison des syndicats. Soit, il est en cavale, soit, il a été arrêté par la police ou le SBU, enfin, soit, il est mort.  Son téléphone qu’il m’a donné il y a deux mois, ne répond plus. J’ai tenté de le contacter et, j’ai reçu le message suivant: «tous les appels rentrants sont bloqués par l’opérateur».

Alexandre Gerasimov

Alexandre Gerasimov

Communiste révolutionnaire d’Odessa, Alexandre Gerasimov est membre de la résistance armé contre le régime de Kiev. Il fut torturé par le SBU entre 2002 et 2003. Son histoire se confond avec le «procès sur la torture d’Odessa», bien connu par tout le monde, sauf… en Ukraine et à Odessa, où il est entouré d’une silence de plomb. Il y a pourtant des références internationales comme ces lettres adressées au pouvoir ukrainien de la part de "The International Action Center", fondé en 1992 par Ramsey Clark, Procureur général des États-Unis (United States Attorney General) sous la présidence de Lyndon. Les textes intégraux sont consignés ici.

… We express our deep concern about the condition of the interrogated and tortured in the Government’s lead prison of Odessa. Informed of the death in the police custody of Sergey Berdugin and the attempt to suicide after the inhuman interrogations by E. Danilov… The circumstances under which the above-mentioned citizens have been convicted violates all standards of law and justice, including those enshrined in the Constitution of Ukraine… This tragic cast of political prisoners dying in the process of their detention in the Odessa’a prison will cause great harm to Ukraine… implore its Government to publicly address this tragic trent and hold those responsible accountable and offer reparations to its victims…

Le régime ukrainien dit «démocratique et à l’européenne» n’a jamais reconnu ces tortures malgré les multiples témoignages de toutes sortes. 

Alexandre Gerasimov

Alexandre Gerasimov

Alexandre Gerasimov, dans sa dernière interview à nous accordée, parlait de la situation actuelle dans les prisons ukrainiennes: 

  

Alexandre Gerasimov

Alexandre Gerasimov

On a arrêté les membres de notre groupe, 11 personnes, entre le 5 et le 19 décembre 2002. Tous étaient membres des partis communistes, soit de l’Ukraine, soit de la Russie. Les arrêtés ont subi les tortures les plus féroces. Igor Danilov a vu sept de ses côtes cassées. Sergei Berdugine a succombé suite aux tortures, 9 mois après son arrestation.  Oleg Alekceev, incapable de supporter les tortures s’en infligeait, en tentant de se suicider en s’enfonçant dans son œil un stylo, celui avec lequel on l’a forcé de signer ses dépositions. Alekceev a fait ses dépositions après qu’on l’ait menacé de violer sa copine sous ses yeux. D’ailleurs, cette dernière a aussi été arrêtée.

Moi-même, j’ai subi des interrogatoires au «пресс-хата» (torture dans les cellules), faites par des détenus qui, pour de l’argent ou des privilèges, aident les geôliers. Puis, j’ai passé plus de 10 ans dans les prisons de l’ex régime, dit le plus dur.

Je peux attester que, dans les prisons ukrainiennes, entre 30 à 40% des détenus, sont, soit incarcérés pour des fautes judiciaires (injustice), soit, pour des délits mineurs.  La plupart Des détenus sont hostiles au pouvoir mais? en même temps, ils sont pro-russes.

Maintenant, le nouveau pouvoir de Kiev veut annoncer une amnistie. Il n’y a plus assez de deniers pour nourrir les détenus. Il faut changer qui prévalait en Ukraine dans les années 1990 e au début des années 2000, lorsque de nombreux détenus mourraient de famine dans les prisons. On faisait sortir des prisons, en ces temps-là, des cadavres par dizaines, voire par centaines, et par prison. Pour ne pas reproduire cette situation, le nouveau pouvoir veut soustraire la plupart des prisonniers. Mais, la situation explosive de l’Ukraine avec la misère ambiante fera que, ces prisons seront de nouveaux peuplées. La solution et ailleurs, celle de changer le pouvoir. D’ailleurs, même les pro-Maïdan savent aujourd’hui que la situation s’est détérioré, elle est même pire qu’avant…

Alexandre Sivov


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