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Et si Jean-Christophe Cambadélis prenait des initiatives courageuses…

Publié le 27 mai 2014 par Gezale

Contraint et forcé. La démission de Jean-François Copé de la présidence de l’UMP a beau être présentée comme un acte responsable, digne et solitaire par Christian Jacob, président du groupe UMP de l’Assemblée et porte-parole du parti, ce n’est pas vrai. Il s’agit d’un habillage sémantique, rien de plus. Copé voulait absolument conserver la présidence, cette présidence qu’il avait eu tant de mal à conquérir et pour le gain de laquelle il aurait tué père et mère (c’est une image bien entendu). A vrai dire, Copé n’avait plus le choix. Face à la grogne des partisans des autres courants de l’UMP, les courants des présidentiables bien sûr, Copé a tenté de résister, de refiler la patate chaude à ses fusibles, de jurer qu’il ne savait rien, qu’il ne savait pas ce qui se tramait dans les comptes de l’UMP et du candidat Sarkozy, qu’il tombait des nues, rien n’y a fait, car personne ne l’a cru. Copé a longtemps crié au loup puis il a méprisé la presse (qu’il a ensuite remerciée) fustigé les critiques internes, fait preuve d’une arrogance à toute épreuve. Finalement, la situation politique nationale (après les européennes notamment) Jérôme Lavrilleux passé aux aveux, les déclarations de Me Patrick Maisonneuve, avocat de la société Bygmalion, ont eu raison de l’obstination d’un homme lâché de tous côtés, devenu infréquentable même provisoirement. Les trois anciens premiers ministres : Fillon, Raffarin et Juppé vont donc hériter de la présidence de l’UMP le 15 juin prochain. François Fillon tient sa revanche. Ils auront pour tâche d’organiser un congrès à l’automne qui lui-même devra élire le nouveau (ou la nouvelle) président(e) de l’UMP. Cette démission collective de l’ensemble du bureau politique est une bonne solution. En interne, elle remet la balle au centre et en externe, elle donne l’image d’un parti qui a compris le message des électeurs (trices) et se déclare prêt à reconstruire…en vue de 2017.

Et si Jean-Christophe Cambadélis prenait des initiatives courageuses…

Jean-Christophe Cambadélis.

Le Parti socialiste serait-il capable d’une telle initiative ? Après le désastre de dimanche dernier, si je peux comprendre que le président et le gouvernement se sentent protégés (jusqu’à quand ?) par les institutions, il serait sans doute souhaitable d’organiser un congrès extraordinaire permettant aux militants de donner leur point de vue sur la ligne politique globale du parti, sur les conséquences du vote des Français aux municipales et aux européennes, sur la défiance constante à l’égard de François Hollande, sur les décisions prises par Manuel Valls et qui vont dans le bon sens quand il baisse les impôts. Je ne sais si François Hollande en est conscient mais il n’est pas tout seul, même s’il le croit. Derrière lui, il y a des électeurs (trices) des élus et des militants-sympathisants et ce sont eux qui ont fait ce qu’il est. Je sais bien que ce qui est avalé n’a plus de goût mais un taux de confiance de 14 % devrait rendre notre président plus humble surtout quand son premier ministre dépasse les 50 % de satisfaits. A moins qu’il n’ait considéré que l’élection présidentielle ne se jouait qu’à un coup et que mai 2012 ne se reproduira pas. Dans ces conditions, plus rien n’a d’importance, ni les 200 villes de plus de 10 000 habitants perdues, ni le fait que Claude Roiron, seconde de liste dans notre circonscription ne sera pas députée européenne (sauf démission de Gilles Pargneaux) ni la menace que fait peser l’extrême-droite sur les futures échéances régionales et départementales. Je ne parle même pas du Sénat, perdu sur le papier depuis le mois de mars. Jean-Christophe Cambadélis est le premier secrétaire du Parti socialiste. Il lui appartient d’orienter l’action du principal parti de la gauche puisque les autres, tous les autres, n’ont obtenu que de piètres résultats. Il doit donc et très rapidement prendre des initiatives pour remettre le parti debout et adresser des messages aux Français et à l’éxécutif-exécuté.

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