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L’affaire Bigmillions

Publié le 02 juin 2014 par Observatoiredumensonge

  TRIBUNE LIBRE  

*** Attention ce texte est une TRIBUNE LIBRE qui n’engage que son auteur***

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   L’affaire Bigmillions  

Par Alain Brosse 

Dimanche 25 mai 2014. Scrutin européen. 27 millions d’électeurs s’abstiennent, 20 autres s’expriment, 4.7 votent FN. En soirée, sans prévenir, François Fillon pointe un doigt vengeur vers l’UMP-Copé du Garage de Vaugirard. Après quoi, en quelques heures, nous sommes passés de Pygmalion, à Bygmalion, avant d’aboutir à l’affaire Bigmillions.

A l’origine, Charles Beigbeder, homme d’affaire, bronzé, pommadé, qui a fondé, en 2008, la SAS Bygmalion. Capital 500000 euros. Objet social : Com et Bubble Com. Après 15 mois d’activité, première et unique publication chiffrée : CA 2.788 KE, marge nette 37KE, un misérable 1.33%, rare chez les gourous de la propagande et de la publicité. Ensuite, trou noir : Comptes introuvables. Mystère et boule de com.

Printemps 2012, Nicolas Sarkozy mène campagne. Ses dépenses explosent. De la France forte à la Forte facture. Un quarteron de comptables bricole, en douce, un bonneteau rustique consistant à charger l’UMP pour alléger les comptes de la campagne présidentielle. Ne rendez pas à César son dû. Confiez-le, SVP, à l’UMP, via Bigmillions, afin de sortir blanc/bleu du contrôle constitutionnel.

Montage grossier et grotesque : Factures salées à outrance, 10, 20, 27 (Big) millions évaporés dans la nature, sous couvert de pseudos-conventions UMP sorties toutes armées de l’imagination des Pygmalions de Bigmillions. Même un escroc, à la petite semaine, n’oserait pas tenter un bluff aussi indigeste. Chez Bigmillions, ils osent en pensant que jamais personne ne découvrira le pot aux roses. Aussi, nous devons les renvoyer, en sus du Tribunal correctionnel, à Michel Audiard et à sa définition des cons qui osent tout. Un signe de reconnaissance, parait-il…

Novembre 2012, traquenard de Vaugirard, le Copéthon tourne à la foire d’empoigne. A la lame et à la COCOE-escopette. Sanglant.

Janvier 2013, l’UMP, touchée, mais pas coulée, improvise un condominium Fillon-Copé, élaboré pour ne point durer. Tout est en double : Deux serrures, deux clés, deux concierges, deux escaliers et même, nous le savons, aujourd’hui, une double comptabilité !

Eté 2013, le Conseil constitutionnel invalide les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy. Sans ciller, Copé lance le Sarkothon. Succès car François Hollande matraque les Français à coups de sur-impôts dans un pays pourtant déjà surfiscalisé. Le contribuable en a marre. Aussi, il renfloue Sarko, en espérant que Nico réduise l’impôt si d’aventure, il revenait à l’Elysée, en mai 2017.

Fin mars 2014, second tour des Municipales. Waterloo socialiste. Débriefing au siège de l’UMP. Tout à trac, Alain Juppé demande et obtient la convocation du Bureau politique statutaire, un truc, genre Théodule, caché dans un alinéa des Statuts. Tout le monde l’a oublié ce bureau. Aussi, ledit BPS n’a jamais été convoqué. Dommage, car l’entreprise Bigmillions aurait pu, à cette occasion, facturer, très cher, l’organisation du Bureau en question…

Dimanche 25 mai 2014. Bérézina européenne. L’UMP rejoint le PS dans l’échec. Le soir même, nous l’avons vu, François Fillon, tape dur et dru sur l’UMP-Copé. Préparation d’artillerie avant l’assaut. Chacun commence à comprendre de quoi il retourne. Sans pouvoir anticiper les modalités avérées.

Lundi 26 mai 2014, M° Maisonneuve, avocat de Bigmillions, vend la mèche, en direct, face caméra : Les millions déduits à Sarkozy se retrouvent, en débit, à l’UMP. Dans la foulée, Jérôme Lavrilleux, élu la veille député européen, avoue sa faute à la télé. Il pleure et bat sa coulpe, tout en prenant soin de dédouaner Jean-François Copé et Nicolas Sarkozy. Seul Jérôme a fauté. En bon petit fusible, doté, depuis la veille, de l’immunité parlementaire… Au cas où !

Mardi 27 mai 2014, le numéro du Kamikaze Lavrilleux fait long feu. Nous connaissions déjà la nuit des longs couteaux, de sinistre mémoire, voici le matin des petits Copé. Le moineau de Meaux est savamment découpé en rondelles. Tout le monde dégaine son petit canif. Saigné à blanc, Copé jette l’éponge. Il est aussitôt remplacé par le triumvirat des Anciens Premiers Ministres, Jean-Pierre Raffarin, Alain Juppé et François Fillon. RIP Jean-François…mais ce n’est qu’un au revoir car, en politique française, seule la mort vous tue vraiment car tant qu’il reste des Bigmillions, l’espoir perdure !

Commence alors l’insigne tartufferie des médias qui, tous en cœur, nous parlent de M. Bygmalion, que nul ne connaît, afin de ne jamais parler de MM. Bastien Millot et Guy Alves qui gagnent, eux, à être connus. Pas très moral de se planquer ainsi, derrière une personne morale. De plus, lorsqu’un quidam est lancé en pâture à la vindicte publique, les médias balancent son nom, sa trombine, idem pour sa famille, ses proches et son chien fidèle. En quelques minutes, ce pauvre gars se retrouve traqué comme cerf en forêt de Sologne.

Dernièrement, un ancien policier municipal fut décrété assassin. Sans faits à l’appui. Sans preuves. Comme ça… en claquant des doigts. Depuis, ce monsieur a été mis hors de cause. Expertise ADN à l’appui. Entretemps, cet anonyme, devenu célèbre, puis, redevenu anonyme, a perdu, son travail. LES MEDIAS L’ONT TUER !

Pour Bigmillions, une telle curée est escamotée. Bastien Millot et Guy Alves ne sont ni cités, ni montrés. Ils passent – pour le moment- à travers les gouttes du vitriol médiatique. Pourquoi tant de délicatesse déontologique, si rare en pareille circonstance ?

Cherchons dans les annales…Jadis, un certain Botton a cru bon d’arroser les journalistes afin que son beau-frère, Michel Noir, bénéficie d’articles de complaisances. Bref, les Bigmillions ne sont donc pas, forcément, perdus pour tout le monde. Affaire à suivre avec… qui sait… d’excellents journalistes d’investigations…en caméras cachées… dans les salles de rédaction ?

A suivre, d’autant plus que les médias mettent en avant certains clients d’Alves et de Millot, comme France 2 et, bien sûr, l’UMP, tout en dissimulant d’autres donneurs d’ordres comme le Musée Bonnard et M. Roland Copé, père de Jean-François….AH ! La famille Copé et le duo Millot – Alves !

Une longue histoire qui remonte à 1991, lorsque le jeune Millot Bastien, de Saint Quentin, suivait les cours du « professeur » Copé, à Science-po. Des cours de comptabilité ?

Depuis Copé et Millot sont les meilleurs amis du monde. Mieux, en 2004, Guy Alves est nommé directeur de cabinet du ministre du Budget, Jean-François Copé. En 2008, Alves fait cause commune, avec Millot, au sein de Bigmillions. Tous copains comme coquins, mais des coquins, si coquins il y a, qui ne savaient rien, à les entendre, des coquineries du voisin !

Tous ces coquins sont présumés innocents, cela va de soi, mais, néanmoins pourchassés, puis pourfendus, par trois hommes en colère, MM. Raffarin, Juppé et Fillon. Le premier vise le plateau sénatorial. Les deux autres revendiquent l’Elysée. Tous les trois veulent mettre un terme à l’intermède Copé. Au titre de l’adage selon lequel les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures…

Plus profondément, ce charivari procède de la mode délétère des primaires à la française, un truc qui peut convenir à la Gauche, mais point du tout à la Droite. En effet, depuis 1971, le PS est un parti de courants. Système propice à l’hypocrisie. Entre camarades. A l’inverse, la Droite, la vraie, celle du Gaullisme, puis du RPR, est un rassemblement autour d’un chef digne de ce nom. Dans ce cas, le courant n’a qu’une seule et unique vocation : Devenir l’affluent d’un grand fleuve !

Avec les primaires, tout est dérèglé. Les partis oublient de concourir à l’expression du suffrage, comme l’intime la Constitution de 1958. Ils préfèrent, la course vers l’Elysée. Un championnat permanent de stock-cars, ouvert à chaque cacique casse-cou, prêt à emboutir le véhicule du concurrent d’à côté. Bertrand, Le Maire, NKM, Wauquiez et les autres…Un film de Claude Sautet. Bref, ce barnum baroque transforme l’élection présidentielle en radio crochet digne de la Tarte Académie. L’enjeu de ce tournoi de Sixte minimaliste consiste, non pas à donner une tête à l’Etat, dixit De Gaulle, à Bayeux, mais à désigner le prochain administrateur provisoire d’une Nation en faillite !

Aussi, face à un PS en déconfiture, l’UMP, ne peut pas, pour le moment, proposer d’alternative, car les « leaders » du garage de Vaugirard doivent, au préalable, faire le ménage, quitte à s’entretuer, style Sergio Léone, dans Le Bon, la Brute et le Truand.

La Brute, c’est Copé. La bête est provisoirement morte. Un Bigmillion lui est tombé sur le crane. Balancé par MM. Raffarin, Fillon et Juppé. A chacun de choisir son « Bon » et son « Truand »…

Pour l’heure, la guillotine est installée sur la Grand Place, manière 1789-1795. A l’époque, le guillotineur du lundi devenait le guillotiné du mardi. A ce propos, nous savons que M. Copé fut ministre du budget de 2004 à 2007. Un poste qui, à l’instar de la Place Beauvau, permet de collectionner les dossiers. Aussi attention : A Bigmillions, Bigmillion et demi…Bref, le retour de flamme pourrait fort bien remplacer, sous peu, le retour d’ascenseur et, au moins, l’un des vainqueurs du jour, peut, fort bien, déchanter demain. Comme de coutume, il sera le dernier prévenu…

Un fait est acquis : Le matin des petits Copé a accordé un répit, immérité, au PS, dont la déroute européenne (amplement méritée) fut zappée par les médias. Un mal nécessaire. Le prix à payer pour débarquer Copé. De toutes manières, avec les médias tout passe et tout lasse. Alors, pourquoi ne pas initier, sans tarder, le matin des petits Copé ?

Prochain épisode : La mise à mort de Nicolas Sarkozy. Jeu de massacre qui amuse les médias, mais désole le citoyen qui attend, avant tout, des résultats. Il sait très bien que les politiques ne sont pas des enfants de chœur. Il sait aussi qu’ils doivent être sanctionnés lorsqu’ils s’enlisent dans les turpitudes opportunistes qui les rattrapent de plus en plus souvent…Bref, le citoyen connaît la musique des scandales récurrents à la sauce média. Tout cela mérite attention, mais ne constitue, en aucune façon, l’ordre du jour national. L’essentiel est ailleurs : Muscler l’économie, ressouder la société, réformer l’Etat, régénérer l’esprit public. Voilà l’urgence !

Exact et nécessaire, mais insuffisant, car les professionnels de la politique savent fort bien qu’un incompétent détient, toujours, au moins, une unique compétence : Conserver son poste quoiqu’il advienne. Aussi, lorsqu’il convient de renvoyer quelqu’un, il est vain de lui demander gentiment de s’effacer, au titre de l’intérêt général. Cette approche de gentleman ne réussit jamais. Il faut donc employer la manière forte, Bigmillions à l’appui, pour procéder à un transfert d’angoisse, suivi d’une chute lourde dans l’escalier !

Certes, dégommer Copé, c’est bien pour certains et mauvais pour d’autres, tandis que créer de l’activité, par l’innovation, et baisser les impôts, par la réduction des gaspillages, c’est bon pour tout le monde. Voilà donc des nécessités qui apporteront, via un emploi correct, du cash, en fin de mois, dans la poche du citoyen afin de lui permettre de financer l’avenir de son futur, sachant que chacun n’a pas toujours la chance de tirer un numéro gagnant au Bigmillion. Pire, il arrive même que les veinards du Bigmillion se retrouvent déconfits. Qui sera le prochain ?

Big-Fillon…qui, désormais, est menacé des deux Copé : La vengeance du Maire de Meaux, plus la nécessité, pour M. Alain Juppé, de se débarrasser, à la première occasion, d’un associé de circonstance, devenu inutile… Horace contre les trois Curiace. Eternel recommencement. Le premier Curiace est déjà hors de combat. Le second veut le Sénat. Le troisième entend combattre en ignorant encore que, le moment venu, il ne pèsera plus que son propre poids !

Alain Brosse 

Président du Nouveau Siècle, plus connu sous le nom de GENTIL BOULEDOGUE.

bouledogue anglais

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L’article à lire sur le sujet : Une Magouille des Potes©  !!!

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