Magazine Nouvelles

Un regard différent

Publié le 20 janvier 2015 par Kentin Spark @KentinSpark

Je traverse l'avenue en regardant de gauche à droite. Le feu est vert pour les piétons. Mon pied droit se pose à peine sur la chaussée que le pied gauche lui enchaîne le pas. Encore quelques enjambées, me voilà sur le trottoir d'en face.

Ouf ! Je suis en vie !

Cela paraît bizarre, me diriez-vous. Oui, peut-être vu d'un autre angle que moi. Pourtant, pour moi c'est simplement que je me sens diffèrent de moi-même. Je ne suis pas comme tout le monde, je suis unique dans le genre. Je suis un rescapé de la route, pas des entrailles d'une voiture , ni d'un accident de moto, ni de vélo seulement par moi-même. Vous avez deux minutes ? Installez-vous confortablement, je ne voudrais pas que vous fassiez un malaise ou autre.

Je suis une personne au demeurant sympathique, à l'écoute et curieux du monde qui l'entoure. J'étais en visite dans la capitale, "bleu, blanc, rouge". Je découvrais enfin cette ville immense. Elle était belle, ces rues gorgées de monde, ces boutiques qui éclairaient les passants. Ces parcs qui amenaient la nature aux parterres parisiens. J'étais émerveillé, un enfant face au nouveau, ébloui par tant de beauté. Je marchais en direction de la grande dame parisienne. Ma tête était un radar. Il y avait des million de choses à voir. Si elle avait pu tourner sur trois cent soixante degrés, elle serait devenue une toupie. Je m'étais arrêté à ses pieds.

Elle avait des jambes d'une longueur impressionnante. Elle était magnifique. J'ai pu rentrer en elle. Ses escaliers portaient depuis tant d'années, que mon vertige ressenti en montant s'évaporait. Lumineuse, elle brillait comme un collier de diamant. Mes pensées ne se dégageaient guère de cette femme de fer qui domine le tout Paris. Fasciné par tant de sublimité, j'étais sur un nuage de bonheur.

Après avoir admiré cette vue imprenable, je redescendais frissonnant de tristesse, de la quitter. Enfin presque, parce que mes yeux se sont fixés sur cette blonde aux yeux bleu émeraude. Je ne voyais plus rien. Sa beauté m'aveuglait. Elle montait, mon corps descendait. Ma tête restait bloquée à cent quatre vingt degrés. Et là, soudain, ben, c'est la chute !

Je me suis réveillé, ni dans les bras de cette belle plante, fille de Mr Eiffel, ni dans ceux de cette belle dame aux cheveux dorés. J'étais dans une pièce sommairement meublée, une peinture blanche recouvrait les murs. J'étais à l'hôpital.

Aujourd'hui, je suis sorti, je suis un autre homme, mais différent des autres. D'ailleurs entre nous ceux qui râlent sont bien ceux qui sont physiquement en pleine santé. Mais il est vrai que nous français, sommes connus pour être des râleurs. Mon traumatisme m'a redonné vie. Je suis diminué dans mes gestes, dans mon assurance, mais il m'a donné la plus précieuse merveille du monde, peut-être l'essentielle, vivre l'instant comme un bonheur.

Je n'ai peut-être plus l'équilibre d'un équilibriste. Je ne parle peut-être plus comme Mr Royal mais je communique. Je ne jongle peut-être plus avec mon temps dans le temps. Mais une chose est sur, si je ne savais pas prendre l'humour comme ami, maintenant, j'ai dû choper le nez rouge du clown.

Depuis ce jour, je suis une autre personne, différente des autres. Non, je suis moi, libre de vivre. Ne me voyez pas comme un handicapé, regardez- moi je rayonne de bonheur. Venez voir sous mon chapiteau, il n'y a pas une bête, mais un être humain. Aujourd'hui je m'intéresse aux personnes, même celles qui sont atteintes de validité.

Je marche. J'ai peur de tomber. Pourtant je vole au dessus de mes difficultés, car je veux vivre pour vivre. Voilà, j'ai passé un excellent moment en votre compagnie. Comme il me faut plus de temps pour me déplacer, il est temps que je me rentre, en vous remerciant. Bon après midi à vous.


Retour à La Une de Logo Paperblog

Dossiers Paperblog

Magazines