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Pétrole ou électricité.

Publié le 22 janvier 2015 par Rolandbosquet

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      Comme dans la plupart des grandes villes, les enfants de Paris toussent, leurs grands-parents toussent, les chiens et les chats toussent. Les moineaux du bois de Boulogne, les pigeons du Sacré-Cœur et les choucas de Notre-Dame eux-mêmes toussent en toute saison. L’air de Paris est exécrable. Le vieux bougon ne le respire jamais assez longtemps pour en être réellement incommodé. Mais plus habitué au bon air de ses arbres, il n’en est pas moins gêné lors de ses brefs passages par les effluves crachés par les innombrables véhicules à moteur à explosion qui se disputent la plus infime parcelle de bitume. C’est pourquoi il a lu avec satisfaction que, conscients du danger pesant à moyen terme sur le chiffre d’affaire du tourisme, les responsables sont aujourd’hui déterminés à lutter contre ces "mauvaises odeurs" et les particules qui les transportent jusqu’au plus intime des poumons. Les études scientifiques les plus sérieuses ayant démontré que les moteurs consommant du carburant diesel représentent le plus important groupe de fauteurs de troubles, ils ont décidé de leur interdire l’entrée de la cité ! La méthode peut paraître radicale aux yeux des utilisateurs des dits véhicules. Surtout pour ceux qui ne disposent pas d’autre moyen de transport pour se rendre à leur conseil d’administration, à leur rendez-vous avec leur conseiller en gestion de patrimoine au siège de la Banque Rothschild ou dans le cabinet privé de leur joailler préféré, place Vendôme. Mais il faut comprendre que respirer avec difficulté peut, avec le temps, présenter de lourds désagréments pour les Parisiens qui vivent à Paris. Imaginons cependant que la mesure annoncée soit un jour effective, la pollution diminuera-t-elle pour autant ? Probablement pas ou peu car les moteurs à essence produisent eux aussi des nuisances tout aussi nocives. En réalité, on sait bien que l’électricité serait le carburant idéal. Nicolas Boileau ne demanderait plus qui frappe l’air de ces horribles cris ; monsieur Pécuchet ne pincerait plus son nez comme à l’approche d’une porcherie et Airparif compterait moins de particules au centimètre cube dans ses éprouvettes. Mais ce ne serait que reporter le problème vers les campagnes où cette fameuse électricité est produite par des centrales nucléaires. Certes les campagnes sont globalement moins peuplées que les villes ce qui fait, entre autres, que l’air y est globalement plus sain. Mais on ne voit pas pourquoi les campagnards devraient accepter des risques supplémentaires pour leur propre santé pour quelques citadins qui n’ont après tout qu’à apposer un masque sur leur nez comme le font déjà les Chinois ou les Japonais. À moins que, dans le cadre de la transition énergétique, l’industrie automobile ne soit autorisée à installer des éoliennes sur le toit de ses véhicules. Plus besoin dans ce cas de bornes pour recharger les batteries et plus besoin de construire de nouvelles centrales nucléaires. La pollution diminuerait, la courbe du réchauffement climatique s’inverserait et le monde pourrait ainsi poursuivre paisiblement sa marche triomphante vers l’avenir de son futur.

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