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Virée à La Pensée sauvage

Publié le 07 mars 2015 par Jlk

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Les amateurs de balades et de livres feront coup double à cette adresse. Philippe Jaussy, qui vous attend dans sa librairie, a l’enseigne de La Pensée sauvage, sise le long du quai du lac de Joux, au  Pont, est toujours tout sourire...

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Or le sourire, assez malicieux, de ce libraire pas tout a fait comme les autres, traduit bien la nature a la fois débonnaire et indépendante  de celui qui vous proposera rituellement un café avant de vous confier que ce qui l’enchante particulierement, dans sa librairie spacieuse aux fenêtres donnant sur le lac et le ciel, c’est qu’il peut y venir à pied depuis le chalet isolé des hauts du Pont qu’il a retapé naguère et ou il vit avec Martine et leurs deux enfants, Philémon et Lucille.

Gagner son lieu de travail à pied: voila qui convient joliment a un bipède qui a toujours préferé la qualité de vie à la course à la réussite, dès ses débuts de fils de petit artisan de l’Ouest lausannois fourvoyé dans un premier apprentissage, parti a l’aventure avec un pote au tournant de sa vingtième année (long périple en Afrique du nord ou il a fait des rencontres inoubliables) avant de revenir au pays pour y survivre de petits boulots. Le lascar avait 18 ans en mai 68, mais il dit s'être toujours senti plus a l’aise avec les “bandits” de la banlieue lausanoise de Renens, qui se retrouvaient au bar Le Pam-Pam,  qu’avec les intellos gauchistes lausannois, même s’il lui arriva de participer à l’une ou l’autre manif des annees 70-80.

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Sans vocation particulière, Philippe  Jaussy est venu aux livres... par la lecture, se lancant d’abord, à la vingtaine, dans les Oeuvres complètes de Freud, avant d’explorer... les explorateurs de l’anthropologie, tel Claude Levy-Strauss auquel il a emprunté le beau titre de Pensée sauvage. Auprès d’une “bonne amie” libraire, il développa ensuite son goût naturel pour la lecture, répondit en 1981 a une offre des éditions Delachaux et Niestlé, s’y sentit a l’aise  avec les fameux “naturalistes”  Paul Géroudet ou Robert Hainard, puis devint représentant de la maison de distribution SNL, en complicité avec l’editeur Michel Moret avec lequel il  lanca, en 1991,  la Foire aux livres de Romainmôtier, drainant chaque année des milliers de lecteurs au week-end du Jeûne federal, et dont il est désormais le cheville ouvrière avec une equipe de bénévoles.  Au fil des années, ce qui n’etait qu’un stock personnel modeste, encombrant  le chalet familial de cartons  à bananes plus ou moins appreciés par Madame Jaussy, est ainsi devenu un fonds de quelque 100.000 livres...  

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“Ce qu’on trouve dans ma librairie est un peu a mon image”, précise le Combier d’adoption. Et d’énumerer ses domaines de prédilection, à commencer par toutes les théories philosophiques ou spirituelles par le truchement desquelles l’homme a essayé de répondre aux questions éternelles, et la littérature évidemment,  mais les récits de voyages ou les livres traitant de nature sont tout aussi chers a l’ancien sauvegon des bords de la Venoge, alors que notre anar humaniste regarde d’un peu plus loin les ouvrages, combien plus “vendeurs”, traitant de santé ou de developpement personnel...

Rien pour autant du “foutoir” dans cette Pensee sauvage, où voisinent, bien rangés, les éditions rares, comme la fascinante serie des gravures de Louis Agassiz, les tirages sur grand papier  d’auteurs de nos régions ou de France voisine, entre autres curiosités à n’en plus finir, revues, journaux d’époque, bandes dessinées de collection et cartes postales. 

Or on remarquera que les prix du bouquiniste  ne sont jamais forcés. “J’essaie d’etre juste, pas tant en fonction des cotations du marché qu’au vu de l’objet, de sa rareté mais aussi de mon désir de satisfaire une clientèle qui n’est pas forcément fortunée. Cela dit, le plouc qui entrerait chez moi avec ses grands sabots, me reprocherait de vendre “trois cents balles un vieux rossignol”  dont il ne verrait pas la valeur faute de connaissance, risquerait d’être mal recu”, lance enfin notre chineur de qualité qu’on devine, selon la devise fameuse, bon mais pas poire...

 

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Ma pioche du jour:

 

Mon premier livre.  Payot, 1958.

 

Le Testament de Jean-Louis. Véritable Trésor médical du Foyer. Plantes et maladies; recette utiles pour tous; remèdes naturels. Epuisé et recherché.

Louis-Ferdinand Céline. L'école des cadavres. Denoël, 1938.

Louis-Ferdinand Céline. Les beaux draps. Nouvelles Editions françaises, 1941. 

Victor Hugo, Paris. Photographies d'Henrot. Aux Portes de France, collection de l'oiselier,1947.

Claire Krähenbühl. La Table des liens. Editions de L'Aire. 

Jean Paulhan et Dominique Aury, Poètes d'aujourd'hui. Avec une brochure ajoutée aux noms de Louis Aragon et Paul Eduard. Guilde du Livre 1947.

Infos:Penseesauvage@gmail.com 


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