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La vérité vraie sur nos origines.

Publié le 08 mai 2015 par Rolandbosquet

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        Au verger, les pommiers ont définitivement perdu le nuage de fleurs qui les enveloppait tel un linceul immaculé. Puisse le ciel se montrer clément jusqu’à la récolte car la pomme est riche de nombreuses vertus ! Ainsi, selon certains historiens, elle aurait puissamment contribué à faire élire un Président de la République qui la recommandait en conclusion de ses prêches de campagne. Ce que l’on comprend mieux depuis qu’une étude scientifique a démontré que la consommation régulière de pommes aurait le pouvoir de stimuler la libido féminine. Ce qui explique également pourquoi la pomme a, de tout temps, tenu une place conséquente dans les annales de l’humanité. Dans la bible, le chapitre III du livre de la Genèse raconte que la pomme serait à l’origine du premier drame humanitaire de l’histoire de l’Homme. On y lit en effet que, bien avant Alain Baraton, Adam fut nommé par le Créateur lui-même gardien en chef du jardin d’Éden. Encore peu expérimenté par la force des choses, il aurait, à l’invitation d’une Ève tout aussi inconsciente des conséquences de son geste, croqué dans une pomme en dépit des interdictions formelles de son patron. Licenciés d’office du paradis terrestre, l’un et l’autre deviendront les premiers sans-domicile-fixe connus. Mais comme l’a si bien expliqué en 1901 le chercheur allemand Hermann Gunkel dans son "Die Sagen der Genesis", ce récit ne serait qu’une aimable légende. En réalité, l’apparence de la fameuse compagne d’Adam n’aurait en rien correspondu aux jolis portraits robots établis par la suite par les peintres les plus habiles. Sans doute même, à l’instar de son compagnon, devait elle plutôt ressembler à une primate tout à fait ordinaire pour l’époque. Ce ne serait donc pas par la seule grâce de sa beauté et de son entregent que la "belle" aurait séduit le premier homme mais bien par un artifice autrement plus puissant. On sait depuis Isaac Newton qu’après avoir mûri sur sa branche une pomme tombe inexorablement sur le sol. Commence alors pour elle une longue phase de maturation pendant laquelle une partie de ses sucres se transforment en éthanol. Les effets délétères de ce psychotrope sont aujourd’hui bien établis : altération de l’attention et des réflexes et ralentissement de l’activité neuronale. Sur la base de ces connaissances, il est facile de reconstituer la scène qui s’est déroulée il y a environ dix millions d’années. Ayant épuisé leur provision de pommes dans le pommier où ils vivent, nos deux primates hominoïdes se voient contraints d’aller faire leur marché sur la terre ferme où quelques pommes ont commencé à pourrir. Dans son innocence, Ève en agrippe une et la porte à ses lèvres. Est-ce la faim ? Est-ce l’absence de culture culinaire ? Elle la trouve à son goût. Elle invite son Adam à l’imiter tout en croquant de plus belle. Ils en mangent une, puis deux, puis trois. Les quatre degrés d’alcool que peut contenir ce fruit en fin de maturation produisent bientôt leurs joyeux contrecoups. Ils rient, ils chantent, gesticulent en tous sens, titubent, se redressent et finissent par tomber dans les bras l’un de l’autre. Leurs descendants inventeront le cidre bouché et le calvados et, bien plus tard, la teurgoule et Michel Onfray. On voit par-là que rien ne peut arrêter un monde en marche sur les chemins de son futur.

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