Magazine Humeur

Rien n'est simple.

Publié le 02 juin 2015 par Rolandbosquet

simple

      Discussion hautement philosophique avec mon amie Marthe Dumas, du Mas du Goth. Il ne s’agit certes ni de Michel Onfray et de son "Cosmos" ni du "Croyance" de Jean-Claude Carrière reçu seulement ce matin. Mais nous n’en sommes guère éloignés puisque nous discutons du jardinage selon la lune. Marthe est en effet une adepte convaincue de l’influence de la lune sur la bonne santé de ses plantations. Ainsi, la belle Séléné étant en ce moment en phase croissante mais en trajectoire descendante, est-il fortement conseillé au jardinier de planter sans attendre le chou-frisé. À condition bien sûr que les plants soient déjà porteurs de leurs quatre feuilles règlementaires. Or, grâce ou à cause du réchauffement climatique, les températures des dernières semaines sont descendues au-dessous des normales saisonnières au risque de laisser de nouveau libre cours aux fameux saints de glace.  On sait combien ils sont redoutés pour leur capacité à jeter un froid au potager en y répandant une fine fleur de gel dévastatrice. Marthe, qui a scrupuleusement suivi les consignes de son almanach, craint aujourd’hui que le pronostic vital de ses futures récoltes ne soit gravement engagé. C’est que je n’ai pas les moyens, moi, de perdre mes semis. Avec tous ces impôts qu’il faut payer pour entretenir les anciens présidents, les premiers ministres et tout le toutim ! Elle est d’une parfaite mauvaise foi puisque son minimum vieillesse la tient à distance respectable de toute imposition directe. Elle n’en énumère pas mois les turpitudes dépensières de l’État au profit de ses anciens plus hauts responsables. Celui qui a fait bâtir la fameuse bibliothèque n’en a pas bénéficié longtemps, mais celui qu’il a remplacé touche tous les mois. Et depuis que c’est la tête de l’autre qui est passée à la télévision. Et il ne semble pas disposé à lever le pied ! Imaginons que celui qui passe aux prochaines élections vive jusqu’à des 114 ans comme la doyenne des Français qui vient dernièrement de céder son titre !  Combien de temps faudra-t-il encore payer ? Ils devraient instaurer une durée maximale. Au-delà de tant d’années, ils ne toucheraient plus rien. Ils s’accrocheraient moins longtemps. En fait, il vaudrait mieux élire un vieux. Il dirait peut-être moins de bêtises, il ne pourrait pas se présenter une seconde fois et il coûterait moins cher après. Le raisonnement est d’une logique impitoyable. C’est d’ailleurs ce même raisonnement qui conduit nos dirigeants à relever la date du départ à la retraite pour le menu peuple. Les comptables des organismes payeurs y voient un double avantage : plus longue période de cotisation avant et plus courte période d’indemnisation après. Marthe tente de balayer l’argument d’un revers de la main mais elle convient malgré tout que tout est décidément plus compliqué lorsque rien n’est simple. Et pendant ce temps-là, le monde poursuit tranquillement sa marche flamboyante sur les chemins de son futur. (Merci à Mimi1931 qui m’a inspiré cette chronique) 

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