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Ecrire, ça fait pas rire !

Publié le 17 juin 2008 par Demauritius
Bon, voilà, je continue à écrire l'histoire, tout en continuant mes recherches sur le dessin.
Je sais, y a pas de bd, c'est pénible pour moi aussi...
Mais bon, y faut ce qu'il faut et je veux que cette bd ait autrement plus de gueule que les précédentes, qui, disons-le, étaient grandement improvisées.
C'est pourquoi j'écris, histoire de me plonger dans l'histoire et de donner du matériel à ma machine à images.
Ce matin j'ai décidé d'abandonner le flash-back, c'est un effet sympa mais qui ne s'impose pas dans l'état actuel des choses : un déroulement linéaire est aussi bien.
Donc voici la scène de la veillée :

La vaste salle aux murs de pierre est enfumée. La lumière doucereuse qui parvient à se frayer un chemin à travers les fumées du tabac éclaire des profils aux pommettes riantes et aux nez cramoisis. Lorsque Brégueaudiot franchit la porte avec le Tueur à ses côtés, l’assemblée de joyeux pochards retient unanimement son souffle devant la silhouette casquée et drapée. Retrouvant ses réflexes, le Tueur ôte son casque et clame :

- Tournée générale !

Il n’en faut pas plus pour que le Tueur soit fêté et congratulé par tous les hommes attablés, une pinte à la main. Le Tueur lui-même se réjouit de cette « communion » conviviale qui réchauffe son cœur. Sans son casque et occupé comme il l’est à répondre à toutes les questions que peuvent poser les langues déliées par l’alcool à un illustre personnage, le Tueur ne remarque pas un coin de la salle dans lequel l’ombre prend une forme familière.

« Te voici parmi tes semblables, la joie et l’insouciance gonflent ton cœur, mais pour combien de temps ?

L’âge et la fatalité t’ont ôté toute illusion, tu regretteras cette soirée longtemps, mais tu ne peux t’empêcher d’intervenir, car au fond, c’est tout ce qui importe ! »

Malgré l’alcool, les rires et les chants improvisés, le Tueur ne peut oublier que là-dehors un prisonnier se morfond dans le froid et l’obscurité.

-… Et puis les temps ont changés, maintenant les territoires sont bien plus civilisés…

- Ca ne paraîtrait pas, pourtant… Interviens le Tueur.

- Si tu parles de la cage dehors, mon gars, on va pas être amis après tout ! Réponds un villageois entouré de compagnons approbateurs.

- Holà ! Calmez-vous les gars, intervient un Brégueaudiot sensible au changement soudain d’atmosphère, y parle sans savoir, y a qu’a lui expliqué…

- Je suis curieux de savoir ce qui peut provoquer un tel traitement à l’encontre d’un représentant du Petit Peuple de la part d’un village « civilisé » !

- C’t un meurtrier, vot’seigneurie ! Il a tué plus d’une demi-douzaine de nos jeunes qu’étaient partis les visiter dans leur montagne !

- Oui, laissez-moi lui expliquer, reprend Brégueaudiot. Voilà comment ça s’est passé, chevalier. Il y avait déjà plusieurs semaines qu’on n’avait plus de nouvelles des Nains qui habitent sous les montagnes du Trodyle, à deux jours de marches. Alors comme on n’était en affaire avec eux pour du minerai, le conseil du village a décidé d’envoyer des hommes pour voir ce qui se passait… Les jeunes se sont portés volontaires et sont partis tous sourires. Mais au bout d’une semaine sans les voir revenir, on a commencé à s’inquiéter, on s’est mis en route avec plusieurs hommes du village et sur le chemin on est tombés sur çui-là. Il était couvert de sang, il parlait pas la langue et il portait des affaires à nos jeunes…

- Alors vous en avez déduit forcément qu’il les avait tué, lâche le Tueur sur un ton sarcastique.

- Ah, bien sûr, intervient un villageois, on n’est pas des gens de la haut’ qui savent reconnaître un criminel à la forme de son crâne. Mais moi quand je vois un hurluberlu se balader dans la forêt couvert de sang et portant les affaires de mon gosse, j’lui donne pas un bain pour le laisser repartir !

- Et vous n’avez pas pu contacter la tribu de ce Nain ? Demande un Tueur au regard glacial.

- C'est-à-dire qu’il ne nous a pas semblé prudent… commence Brégueaudiot.

- Et puis quoi encore, on les connaît ! Rugit un villageois. Y vivent sous leur montagne et rien d’aut’les intéresse que leurs mines. Y z’ont du avoir des problèmes avec celui-là et ils l’auront chassés de leur mine. Là dessus nos gars sont arrivés et il les a attaqués dans leur sommeil, c’est bien d’eux, ces rats sournois !

- J’AFFRONTERAIS PERSONNELLEMENT TOUS CEUX QUI PROFERERONT DE TELLES INSANITES SUR LE PEUPLE NAIN !

Une silhouette encapuchonnée qui ressemblait plus à un tas de vêtements abandonnés dans un coin qu’à autre chose se dresse sur une table, subjuguant l’assemblée des villageois et le Tueur qui ne soupçonnaient aucunement la présence de cet individu : un Nain barbu et casqué brandit sa hache sous le nez des convives qui peuvent voir le fil acéré de l’arme briller dans la faible lumière.

Alors qu’aucun n’ébauche encore un geste, le Tueur demande :

- Qui êtes vous, maître Nain ?

- Mon non est Narguar, je viens des montagnes d’Urgouz, et si tu ne veux pas que ces longues-jambes tâtent de ma hache, Tueur de Dragon, tu ferait mieux de leur dire d’afficher plus de respect envers mon peuple !

- Vous n’avez pas été invité, maître Nain, lance Brégueaudiot, de quel droit intervenez-vous ?

- Du droit que chaque individu a d’être jugé par ses semblables et non par une foule de poivrots vengeurs ! Eructe le Nain avant de fendre en deux un tabouret lancé à sa figure. La situation aurait pu empiré mais alors que le Nain brandit sa hache, le Tueur brandit son épée et stoppe l’arme naine avant qu’elle ne fasse plus de dégâts

- Abaissez votre hache, maître Nain, avant de succomber à votre tour à l’ivresse de la vengeance… Le Tueur prononce ces mots sans animosité mais son regard et sa posture ne laissent aucun doute sur ses intentions en cas de refus de la part du Nain.

- Je suppose qu’à vous, je puis accorder un semblant de confiance, même si vous êtes un homme…

La tension retombe lentement et le Tueur se hasarde à demander :

- Maître Nain, pouvez-vous nous expliquer ce que vous faites ici, vous semblez aussi surpris de la situation que moi.

- En effet, je chemine depuis plusieurs jours à la surface pour rejoindre la tribu de Nain des Trodyles…

- L’empire souterrain des Nains ne possède-t-il pas des galeries qui permettent de voyager rapidement et sûrement sous terre ? Interromps le Tueur.

- Il se trouve que nous n’avons plus de nouvelles de cette tribu depuis plusieurs pouces* et que la principale route qui mène à leur montagne est entravée par un éboulement. J’ai été chargé de faire la lumière sur cette étrange situation car nos affaires restent en suspens et cela nuit à l’activité de la mine. Puis j’arrive dans ce village et je découvre ce prisonnier macabrement exposé… J’avais décidé d’intervenir cette nuit mais votre venue m’en a dissuadé, Tueur de Dragon…

- Et tu crois qu’on t’aurait laissé faire, pec ?! Lance un villageois haineux.

- Oh, j’aurais sans doute dû enfoncer les outres qui vous servent de crânes, mais ça n’aurait porté préjudice qu’aux distributeurs de spiritueux ! Réponds du tac au tac un nain aux yeux rieurs.

Sa boutade touche l’assemblée qui ne peut s’empêcher de laisser fuser quelques rires.

L’atmosphère semblant s’apaiser, Brégueaudiot tente de reprendre le contrôle de la discussion.

- Alors que voulez-vous que nous fassions du prisonnier, le libérer ? Lance un Brégueaudiot dont le sérieux est soutenu par les approbations des autres villageois.

- Je pourrais l’interroger et lui demander ce qui s’est passé dans la forêt…Commence Narguar.

- Et il faudra qu’on vous fasse confiance pour traduire fidèlement chacune de ses réponses ? Demande Brégueaudiot.

Le Nain se rend compte qu’unis derrière leur chef, les villageois deviennent beaucoup plus difficiles à manipuler. Ses yeux se posent alors sur le Tueur qui s’est retiré vers le comptoir, semblant prendre une certaine distance.

- Et si le Tueur interrogeait le prisonnier, nous pourrions lui faire tous confiance…

Tous les regards se posent sur le Tueur qui a remis son casque :

- Je suppose que je n’ai pas le choix… Mais je vous préviens, si vous me choisissez pour m’occuper de cette affaire, je ne me satisferais pas d’un lynchage…

L’assemblée des villageois semble partagée entre approbation et mécontentement, mais Brégueaudiot impose le silence et réponds :

- Nous acceptons que vous dirigiez l’interrogatoire chevalier, afin que toute la lumière soit faite sur ces évènements.

- Bon et bien il semblerait que je n’aurais pas à manier ma hache ce soir, tant mieux. J’espère seulement que vous traiterez mieux votre « prisonnier », remarque un Narguar au regard songeur…

Devant la vague de mécontentements soulevés par cette remarque, le Tueur se sent obligé d’intervenir :

- Bien sûr le prisonnier sera traité avec égard, mais dès demain, ce soir il est trop tard…

- Très bien, Tueur de Dragon, je suppose que je ne peux en espérer plus de la part de simples hommes… L’heure est en effet venue de dormir… Sur ces paroles ambiguës, le Nain traverse la salle et se perd dans la nuit.

Tout le monde se regarde, un peu hébété par tous les évènements de cette veillée. Peu à peu la salle se vide et avant de partir, Brégueaudiot prend le Tueur à part :

- Décidément vous êtes un drôle d’homme, à savoir ainsi manier les Nains. Mais je ne peux pas dire que je m’en plaigne. En fait je suis bien aise que la responsabilité de ce jugement échoisse à un autre. Vous pouvez dormir à l’auberge : le gîte et le couvert vous sont offerts par le village !

- Merci, je suis flatté d’une telle attention, répond un Tueur désabusé, ruminant les ennuis à venir…
LTD synopsis

L'irruption du Nain paraît un peu abrupt, mais je pense l'amener mieux au découpage. En fait le découpage amènera pas mal de modifs, comme pour le prologue avec la mort : il ne se justifie pas vraiment, mais son intérêt se trouve dans l'atmosphère qu'il dégage, alors il sera remanié.

Voilà, pour l'instant c'est tout, encore un peu de patience avant les croquis...


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