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Mort de Max Milner

Publié le 26 juin 2008 par Lauravanelcoytte
LE MONDE | 26.06.08 | 15h08  •  Mis à jour le 26.06.08 | 15h08 Les travaux de Max Milner, professeur émérite de littérature à l'université Paris-III Sorbonne nouvelle, mort à Dijon samedi 21 juin, peu avant son 85e anniversaire, s'étendent sur plus d'un demi-siècle, de Poésie et vie mystique chez saint Jean de la Croix (1951) à Rembrandt à Emmaüs (2006). Sa prédilection pour les XIXe et XXe siècles ne rejetait dans l'ombre ni l'Antiquité classique ni aucun des grands moments de la culture européenne. Il mobilisait pour les comprendre toutes les ressources des sciences humaines, de l'histoire et de la philosophie à la psychanalyse.

Né le 18 juillet 1923 à Mont-Cauvaire (Seine-Maritime) d'une mère espagnole et d'un père d'origine polonaise (traducteur de Gongora dans une version que Picasso devait illustrer), il était le neveu du peintre Marcoussis. Sa famille échappe à la déportation dont sont victimes les juifs dans la France occupée. L'expérience de ses 20 ans pousse Max Milner à entreprendre la grande enquête publiée en 1960 et récemment rééditée : Le Diable dans la littérature française, de Cazotte à Baudelaire. Le diable a certes à voir avec l'imaginaire et le fantastique. Mais il revêt une tout autre dimension chez Balzac, Hugo et Baudelaire. Avec Les Fleurs du mal, l'individu est à jamais déchiré par sa double postulation vers Satan et vers l'infini. Max Milner participe d'un mouvement qui est celui d'Yves Bonnefoy en poésie, de Claude Pichois dans la critique. Il allait présider pendant un quart de siècle (de 1970 à 1996) aux destinées de la jeune Société des études romantiques.

Max Milner a relu des écrivains réputés catholiques, Huysmans et Bernanos en particulier. Il s'est intéressé aux enjeux du voir : les miroirs, lunettes et autres instruments d'optique augmentent l'acuité du regard pour mieux piéger le désir (La Fantasmagorie, 1982), tandis que les psychotropes n'égalent pas l'art, le plus radical modificateur de conscience. Seul l'art, constatent L'Imaginaire des drogues et Rembrandt à Emmaüs, est susceptible de lever le voile de l'invisible. Max Milner laisse un ouvrage en chantier, L'Inaperçu.


Stéphane Michaud est professeur à l'université Paris-III Sorbonne nouvelle.
Article paru dans l'édition du 27.06.08.
http://www.lemonde.fr/carnet/article/2008/06/26/max-milner-professeur-emerite-de-litterature_1063140_3382.html Ses ouvrages m'ont beaucoup servi pendant mes recherches sur "Le paysage dans les oeuvres poétiques de Baudelaire et Nerval", sur Nerval et sur le 19 e siècle en général. iLS SONT DANS MA BIBLIOGRAPHIE.

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