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Trouver sa place, faire son chemin

Publié le 20 juillet 2017 par Sweetmama
Trouver sa place, faire son chemin

C'est drôle comme parfois la vie prend des tournures inattendues.

Je n'aurais jamais - JAMAIS - imaginé avoir un jour 4 enfants (pas vrai Sophie, Elise et Sandrine ?), et en plus adorer ça ! Je n'aurais jamais cru que la maternité pourrait m'épanouir autant, me faire grandir, m'amener à remettre en question mon style de vie et ma façon de consommer.

Quand j'écrivais, il y a 5 ans, que j'étais un peu la fille qui énerve, ma vie me semblait en ordre, chacun et chaque chose à sa place.

Et pourtant l'an dernier, au sortir de l'hiver, j'ai eu un gros coup de mou. On peut parler de burn-out, de dépression, de ras-le-bol etc... n'importe quel terme à la mode fera l'affaire. J'ai été prise de routinite aigüe, l'impression oppressante et fortement désagréable que chaque jour de ma vie était strictement identique, un copier-coller d'hier pour demain.

La vie, épuisante, rythmée par les 8 trajets quotidiens pour l'école, les courses à faire/ranger avec mes 2 bébés, le ménage, les repas, l'amour à faire et à donner; et recommencer le lendemain, avec de légères variantes le week-end.

Je ne pensais qu'à tenir bon, pour mes enfants et pour mon homme. Je me souviens avoir souvent pensé et entendu, "c'est dur car ils sont petits, quand ils seront plus grands ça ira mieux". Mais pourquoi est-ce que ces années là, celles que je vis en ce moment, seraient-elles moins précieuses, moins réjouissantes que celles qui arrivent. La vie est très courte, certaines vies encore plus courtes que d'autres. Chaque seconde mérite qu'on la vive pleinement.

Ajoutez à cela le stress permanent de voir nos factures, nos crédits et nos revenus augmenter, une course perpétuelle à vouloir plus d'argent parce que les "besoins" étaient devenus toujours plus importants, la pression sur les épaules de Papoune sur qui reposait l'équilibre financier de toute la famille.

C'est un jour où j'étais au volant de ma voiture et où l'idée d'aller me planter volontairement dans le décor (pour faire croire à un accident) que je me suis décidée à aller voir mon médecin. Ce n'était pas notre médecin de famille qui était en congé parental, mais une autre docteur du cabinet que j'apprécie beaucoup également.

J'ai tout déballé, à grands renforts de mouchoirs (vous commencez à me connaitre). Elle m'a dit, un peu désolée, que si j'avais eu un emploi elle m'aurait arrêté sur le champs pour dépression, mais que là elle ne pouvait pas vraiment faire grand chose pour moi. On a donc testé la béquille médicamenteuse, un anxiolytique assez doux, mais pas d'anti-dépresseur car j'étais contre.

J'ai pris mon traitement pendant 1 mois et demi environ, sachant que les 3 premières semaines étaient nécessaires pour habituer mon corps à la substance. J'avais tout le temps envie de dormir, alors qu'il me fallait être efficace. J'avais le corps comme anesthésié, alors que mon cerveau carburait encore à 1000 à l'heure. J'étais toujours ce même robot qui répétait encore et toujours les mêmes gestes, mais en plus fatigué.

Un matin devant la glace de ma salle de bain, j'ai regardé au fond de mes yeux. Je n'ai pas aimé ce que j'y ai vu. On dit que le regard est le miroir de l'âme. j'ai vu que la mienne était en train de s'endormir, de s'amoindrir, et qu'elle finirait par disparaître si je laissais aller les choses comme ça. J'ai pris sur moi d'arrêter les médicaments. Je me suis dit qu'il était bien triste pour une "jeune" femme/maman de 33 ans d'avoir recours aux médocs pour arriver à supporter son quotidien. Oui je supportais ma vie (à peine) au lieu que ce soit ma vie qui me porte.

J'ai ouvert la discussion avec Papoune, posant la seule et unique question qui mérite vraiment que l'on y réponde:

"Es-tu heureux ?"

"Notre vie, telle qu'elle est aujourd'hui, te satisfait-elle pleinement ?"

Oh surprise, la réponse était non. 10000 fois non ! En fait je n'étais pas seule dans mes soucis, Papoune aussi était rongé, miné, lassé et blasé.

Pourquoi alors, là où nous avions "tout pour être heureux", nous ne l'étions pas tant que ça ?

Parce ce n'est pas le fait d'avoir une vie "confortable", socialement irréprochable, qui met du sens dans notre vie. On s'est rendu compte, tous les deux, que d'être comme un hamster qui court inlassablement dans sa petite roue, ça n'était pas pour nous. Qu'il fallait remettre du sens dans nos vie, de l'espoir aussi.

On a remis à plat nos aspirations, nos rêves enfouis, nos envies profondes. On s'est exprimés chacun notre tout sur ce que nous voulions pour nous, pour nos enfants, pour notre vie, et surtout sur ce que nous ne voulions plus.

D'importantes décisions ont été prises, comme par exemple celle de suivre une formation d'aide à la parentalité, pour tenter de mieux comprendre les besoins de nos enfants, de nous aider à trouver notre place de parents, dans la fermeté et la bienveillance à la fois.

Se remettre en question et prendre du recul nous a aidé à cerner ce qui clochait. Nous n'avons plus peur de l'avenir (en tout cas moins qu'avant), nous savons qu'il nous faudra sortir de notre zone de confort pour accéder à nos rêves mais ce n'est pas grave. L'espoir d'un lendemain avec davantage de sens est ce qui nous permet aujourd'hui d'avancer vers nos aspirations.


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