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Le journal du professeur Blequin (73)

Publié le 15 avril 2018 par Legraoully @legraoully

Le journal du professeur Blequin (73)Samedi 14 avril

13h30 : Le réveil aura été brutal ! Cela dit, j’avais dit hier pourquoi j’ai un peu de mal à penser que ça puisse dégénérer davantage et j’avoue maintenir cette position : ce ne serait pas la première fois que les médias crieraient au loup pour rien, après tout. Sans compter que ça arrange sûrement Macron qu’on ne parle plus que de sa gué-guerre en Syrie et qu’on lui fiche la paix avec les facs, la SNCF, les hôpitaux et tous les autres foyers de contestation-archaïque-due-à-des-passéistes-indécrottables… Mais ce qui est effarant dans les commentaires suscités par ces frappes en Syrie, c’est de voir à quel point les habitants de notre Occident nanti craignent pour leur peau et ne semblent manifester aucune empathie pour les civils syriens qui auront pourtant été les premiers (et seront même très probablement les seuls) à vraiment dérouiller ! On s’est habitué à ce que les habitants du Proche-Orient se fassent zigouiller : c’est ça qui est vraiment terrible !

21h30 : Stromae sort du silence après trois ans d’absence ; ça passe super vite !

Dimanche 15 avril

Le journal du professeur Blequin (73)

18h : Oui, il y aura bien eu cette année une actualité formidable autour de l’œuvre de Franquin ! Non, il ne s’agit pas du film de Pef (si je l’attrape, celui-là !) mais bien de l’intégrale de la rubrique « En direct de la rédaction » qui, par la grâce de ce rédacteur en chef de génie qu’était Yvan Delporte, fit les beaux jours du journal Spirou des années 1960. Ce volume est un peu cher, la couverture est un peu fragile et on aurait aimé que les textes soient plus précisément datés pour mieux les replacer dans leur contexte, mais tout ça n’est que broutilles : cette édition est d’un apport plus qu’essentiel pour la connaissance de l’univers de Gaston Lagaffe, elle constitue même un complément capital à la collection des albums de BD. En la lisant, on apprend notamment que la firme Ducran, Lapoigne & Cie, qui a eu tant à souffrir des gaffes de Gaston, a été fondée par un ingénieur des ponts et chaussées qui a fait fortune en s’associant avec un capitaine de l’armée coloniale : celui-ci faisait sauter des ponts et l’autre les reconstruisait, à prix d’or bien sûr, sans oublier de verser son pourcentage à son militaire d’associé ! Les patrons de la firme « martyrisée » par Lagaffe sont bien évidemment les héritiers directs de ces deux mercantis sans scrupules, ce qui nous donne une raison supplémentaire pour ne pas plaindre ces capitalistes rapaces (un pléonasme, excusez-moi)… Autre renseignement précieux : le copain hirsute et moustachu de Gaston qui vient régulièrement proposer ses dessins à Spirou (en vain) pourrait être (je le mets au conditionnel car ce n’est pas explicite) lui-même garçon de bureau chez Ducran et Lapoigne et s’appeler Jean-Jacques ; on apprend aussi que Gaston passe ses vacances dans une station balnéaires pour riches, dont il perturbe bien évidemment la vie douillette et étriquée, et qu’il a construit son terrible « gaffophone » avec une branche de cornouiller. En somme, en lisant ce recueil, on a la sensation de découvrir un album complètement inédit où l’esprit de Franquin est tout entier présent, comme si les fans avaient été lésés de plusieurs gags de leur idole depuis des années ! En comparaison de ce retard, celui que Gaston mettait à classer le courrier parait moins scandaleux, Rogntudjû !


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