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Le Kodak de mon arrière-grand-père – L’opus performance de David B. Ricard

Publié le 19 juillet 2018 par Martin Comeau @tuteurweb1
Le Kodak de mon arrière-grand-père de David B. Ricard était présenté ce soir à la Maison de la culture Maisonneuve. Je me suis laissé prendre par l'affiche une semaine plus tôt, placardée rue Ontario. Puis vous me connaissez, il suffit de dire "Kodak", "arrière-grand-père", et j'ai l'argentique qui me titille.

Je pourrais vous parler de mononc pis son kodak un jour, mais c'est une autre histoire. Non, ici, Le Kodak de mon arrière-grand-père, c'est le show-performance-théâtrale-multimédia de sous-sol. Ça a rien de péjoratif, suivez-moi ! Allez, je vous raconte le génie de David B. Ricard.

Une tapisserie sur un mur, de la boiserie sur l'autre, du tapis, des poufs à terre, une batterie, un tom, un snair plus loin, un guitariste dos tourné au public et sur une table, un projecteur 8mm, des boites de bobines, un écran Brillant , puis 2 macbook pro, l'un pour le batteur, l'autre pour David B. Ricard. Bienvenue dans le sous-sol de la déroutante, touchante et très intime oeuvre de Ricard.

Sur fond de films de famille, tournés par son arrière-grand-père et dont il a hérité à l'âge de 16 ans, Ricard raconte. Oubliez tout ce que vous donne le descriptif sur Vimeo, c'est puissance 10. Dabord Ricard est un cinéaste, et il se commet en montage live , à partir du Mac, mais aussi jouant avec le projecteur d'époque, les 2 musiciens opèrent la trame-sonore d'une histoire de famille banale, mais que nous rendra dans toute sa profondeur intimement belle la narration de Ricard.

C'est de ce banal et de la composition des images dont s'inspire Ricard pour nous faire voyager. Un voyage masculin, sur 4 générations. J'étais voisin de siège de son père et de sa mère, un homme qui se retrouve au coeur de l'oeuvre, projeté devant l'auditoire, un père fier, touché, raconté dans toute sa fragilité, que Ricard fait pleurer soir après soir. Parce que c'est de filiation aussi qu'il est question ici. Et la recette marche.

On nous promène, on nous chavire, de l'image en musique, de danse en percussions sauvages et enragées, de tendresses aussi, de rock'n roll sur des bobines improvisés, Ricard danse, chante, raconte, rage, décolère, encense, rend hommage, fait pleurer, rire, pleurer, puis redonner de la dignité à l'homme, celui qui pleure, celui qui se fait près du fils.

C'était un show de gars. Un délice donc aussi pour les femmes présentes. C'est donc ça un sous-sol de gars. C'est donc ça aussi la tendresse entre hommes. C'est même pas un mythe, Ricard a ouvert la porte toute grande, avec un génie et une justesse audacieuse, montant live, jouant, livrant la beauté des images qui se répètent et se donnent, héritage en soi et au dehors. J'ai pleuré. J'ai ri. Je suis ensuite allé manger seul, comme j'y suis allé. Je vous raconte tout ça et mademoiselle rêve. Elle a pas pu profiter de son billet, faute de santé. Savez quoi ? C'est bien comme ça.

Booker ce talent avant qu'il ne soit hors de prix !

Le Kodak de mon arrière-grand-père, David B.Ricard - À la mort de son arrière-grand-père, David B. Ricard, a seize ans. On lègue au futur réalisateur les films 8mm filmés par son arrière-grand-père. C'est un choc. Les images qu'il voit ne correspondent pas à l'idée qu'il se fait de sa famille. Entre lui et ses proches, un lien s'effrite, lien qui n'existe que sur des archives fragiles. Documentaire introspectif présenté sur scène, Le kodak de mon arrière-grand-père est un laboratoire de recherche où vidéo, cinéma, musique et performance collaborent au récit d'un contenu fragmenté pour qu'une mémoire subsiste entre les générations d'une même famille.


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