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5 Février 2019… Et ne plus bouger…

Publié le 28 janvier 2019 par Ivanoff @ivanoff

Une semaine…

Huit jours seulement avant qu’irrémédiablement, ne bascule mon chagrin dans ce qu’on nomme : « l’année dernière »

Si, il y a quelques semaines, la nouvelle année avait déjà tenté de m’en éloigner, j’en avais cependant encore quelques autres devant moi pour me souvenir de nous dans la proximité des dates… Désormais au soir de ce 5 février, je ne pourrai plus jamais parler de toi de la même façon sans qu’aussitôt un agenda me précise que c’est une seconde année que je viens d’entamer sans toi…Qui peut comprendre ma hantise de voir mon chagrin vieillir sur un calendrier alors qu’il m’est toujours aussi incroyablement d’actualité ?…

Un année sans toi, sans te voir ni te toucher, sans prendre ta main ni t’embrasser ?… J’ai peine à l’imaginer, quand les yeux fermés je sens ton souffle caresser ma nuque, quand le grain de ta peau se récite sur le bout de mes doigts…Bien contrainte de constater que tu n’es plus là, il m’est cependant impossible de concevoir ce « plus jamais »

Et c’est à ce moment là que le chagrin revient, plus puissant encore, parce que plus lucide, quand dans mon ventre se creuse ton absence, que de silencieuses larmes brouillent ma vue, qu’en vain je cherche ce qui me délivrerait de cette étreinte douloureuse, de ce manque épouvantable, de ce silence abyssal… Et parfois ce hurlement originel, comme un trop plein de désespoir, qui n’en finit pas de m’anéantir, jusqu’à lui aussi se tarir et me laisser exsangue, brisée mais toujours vivante.

Alors je sais qu’il me faut m’immobiliser.

Ne plus bouger, comme si toute gesticulation risquait d’exacerber ma détresse, de la même façon qu’un malade n’oserait défier la douleur tapie dans son corps en tentant d’améliorer sa position par quelque changement d’appui ou manœuvre d’oreiller… Se figer, suspendre son souffle, et attendre… A l’affût de la moindre émotion pour mieux la surprendre et l’étouffer ! Si besoin, dans l’urgence, la balayer sous n’importe quel canapé, consciente qu’elle ne sera que camouflée et non pas définitivement éradiquée… Dans cette lutte inégale que se livrent une terrible réalité et le refus de l’envisager en entier, je suspends le temps, je résiste au vertige, je me recroqueville, et j’attends

Pétrifiée. Jusqu’à ce que la douleur s’amenuise et me laisse reprendre ma respiration sans réveiller la blessure, immobile toujours, puis prudemment mouvante, dans une gestuelle craintive, hésitante, retrouver un semblant d’apaisement en existant quelques instants au ralenti…

Mais puisque je ne peux te retenir, qu’ailleurs je le crois, tu t’es allégé de cette humanité si peu séduisante et étriquée, je respire encore et continue de cheminer, parfois davantage par ce qu’il ne peut en être autrement, et qu’alors mieux vaut vivre ce drame avec élégance, toi qui en fit preuve jusqu’au dernier moment.

A mon amoureux magnifique…

« L’instant de l’extrême fatigue, de l’extrême conscience, de l’extrême raison veut l’immobilité totale, la non-défense, peu importe comment tu tombes »…

« Le goût de l’éternel » 1990 de Henri THOMAS


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