Magazine Journal intime

D’Uranus à la Terre

Publié le 17 novembre 2019 par Sharlen @Sharlen_Phileas

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Tout cela me faisait peur,

Perchée à ma fenêtre, j’avais l’impression d’être perdue au beau milieu des nuages. Sur un coup de tête j’avais enfilé un pull, mes kickers, mon écharpe, je m’étais armée de mon vieil argentique et j’étais sortie.
Le ciel rampait sur le trottoir et je n’avais qu’une envie, photographier le Thabor et sentir le froid sur mon visage. Le parc tout le temps plein, était aujourd’hui, quasiment vide et c’était un régal à voir.
Branchée en mode automatique, je laissais mes pieds choisir la direction et me mis à penser à ma vie. A ma vie, mais aussi à toi…
A nouveau l’appréhension se fit sentir…
J’avais l’impression de devoir fait un saut dans le vide. Le plus grand saut dans le vide qu’on puisse imaginer. Plantée sur Uranus, je m’apprêtais à rejoindre la terre d’un bond, et personne ne pouvait prédire de quelle nature serait l’atterrissage…

Cela faisait 1h30 que j’étais sortie, je commençais à ressentir le froid, mes mains étaient rouges, mes ongles douloureux et mon nez me piquait. Pourtant je n’avais aucune envie de rentrer, j’étais sortie du parc et les rues, elles aussi désertées, m’enchantaient réellement.

Dans mon cœur, tes mains, tes lèvres, tes mots me troublifiaient*…  Mes synapses scintillaient comme des guirlandes de Noël et moi, je paniquais… Incapable de comprendre ce qu’il m’arrivait, je me paralysais à l’idée de ne pas savoir où j’allais… Je crois que je n’avais pas eu le temps de m’y préparer, après l’amour-accident de cette année, je ne voulais qu’une seule chose, me protéger….
Mais toi, tu t’étais pointé et tout avait changé, je ne voulais plus rien arrêter, je voulais recommencer et t’accompagner. Allongée dans tes bras, je nous voyais en train de voyager, de rigoler, de partager, de nous aimer. Je nous voyais en train de rêver.

2h dehors, sans manteau, le froid était maintenant entré à l’intérieur de mon corps, à l’intérieur de mon thorax il étreignait mon cœur, il créait une couche de givre autour de mes artères.

Le truc c’est que tout cela était infiniment compliqué, la crainte de s’attacher, le poids des secrets … et malgré tout, l’incroyable envie de toujours t’embrasser.
J’ignorais tout de ce qui allait pouvoir se passer, mais j’avais envie de te crier qu’il fallait avancer, que je n’avais pas l’intention de te lâcher et que je t’acceptais comme tu étais… Mais je ne pouvais le renier, tout cela m’échappait et je ne pouvais qu’espérer.

Depuis 2h30 que j’étais dehors, des stalactites s’étaient installées entre mes nœud-ronnes, mes doigts étaient bleutés, mes dents grelotaient… Il ne me restait plus qu’à archiver mes pensées, à rentrer et à sentir mon épiderme brûler sous l’effet de la chaleur retrouvée.
Secrètement il me rester encore quelque choses, une idée que je ne pouvais empêcher de germer, celle que peut-être, pour une fois, tout fonctionnerait…

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*Troublifier : Vb du 1er groupe – Adj : Troublifiant / Troublifiante

   – Être troublé de manière électrique par une personne. Contrairement au terme « troubler », qui nécessite une vision floue, « troublifier » induit la sensation d’être traversé de manière électrique par ses sensations. C’est un état total, il inclut le cœur, le cerveau, les muscles, les nerfs.

Ex :  Depuis que je t’ai embrassé, je me sens totalement troublifiée


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