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Retour de Bayreuth – En France, le Graal et l'esthétisme

Publié le 18 novembre 2019 par Perceval
Retour de Bayreuth – En France, le Graal et l'esthétisme

Après un tel séjour dans l'Allemagne des passions... Anne-Laure craint de se sentir coupée de cette source artistique si exaltante... Mais, l'ambiance culturelle de la ''Belle Epoque '' lui permet de retrouver quelques-unes des ardeurs ressenties à Bayreuth...

Tous les habitués de ce pèlerinage wagnérien, gardent cette nostalgie du séjour... Déjà, en 1892, Henri de Régnier écrivait à André Gide, il s’inquiétait de leur ami commun Pierre Louÿs qui séjournait à Bayreuth et « en est à son septième Parsifal » ! et se demandait s'il parlait encore français …

Retour de Bayreuth – En France, le Graal et l'esthétisme

Saint-Pol Roux, nomme Wagner : « celui qui dota de Parsifal le monde »

En France, dit-on, Wagner aurait influencé nombre d'écrivains, notamment ceux qui se nomment eux-mêmes décadents ou symbolistes...

Premier point :

Bien sûr, on pourrait rappeler que le Graal est français ( avec Chrétien de Troyes, mais personne alors ne l'a lu...) .. En 1922, Joseph Bédier se plaint que Perceval se dise en français Parsifal … !

Retour de Bayreuth – En France, le Graal et l'esthétisme

Effectivement, en cette fin de siècle, le mythe littéraire du Graal, paraît en France oublié ; et Perceval induit la référence à l'Opéra de Wagner.

Joséphin Péladan, reprend le Parsifal de Wagner, pour imaginer une suite où Perceval sauve, après Kundry, son maître qu'est Klingsor...

Ainsi magnifié (par Wagner), le Graal apparaît alors comme trop pur, trop éthéré, trop sacré... Qui peut ensuite emprunter le symbole ? Jules Laforgue en 1886, lui manifeste une certaine défiance : « Le cygne du Saint-Graal, qui rame en avant/ Mais plus pâle qu'une banquise/ qu'Avril dépayse »... Le Graal n'est pas fait pour notre monde...

La Légende Arthurienne serait-elle oubliée... ?

Henri de Régnier, cependant, n'a pas oublié Viviane... Viviane est un mythe de la décadence : Apollinaire en 1909 écrit ''L'Enchanteur pourrissant'' … Au lieu du chevalier pur, la femme fatale ; au lieu du sauveur qui délivre, le charme qui emprisonne...

Retour de Bayreuth – En France, le Graal et l'esthétisme Princesses de Légende - J. Lorrain

En 1892, Henri de Régnier dans '' La Gardienne'' décrit le retour d'un vieux chevalier... Son histoire est une Quête de rien … On part d'un adolescent, tel Perceval, et on finit avec un Anfortashercher ce qui n'existe pas …

Le ''Roi vierge'' de Catulle est aussi un roman sur l'absence du Graal

''Oriane vaincue'' (1893) de Jean Lorrain, s'inspire à la fois de Morgane - à la recherche du parfait amant - qui enferme tous les chevaliers dans le val sans Retour ; et de Kundry qui attend celui qui ne tombera pas dans son pouvoir...

Les écrivains ''fin de siècle '' s'ébattent dans les jardins de Klingsor ; mais point de Graal ...

Certains, imaginent même Wagner en magicien noir, qui a fait main basse sur le trésor du Graal .. !

( sources : Isabelle Cani '' Graal et décadence...'')

Deuxième point :

Fin de siècle, décadence et Esthétisme...

Retour de Bayreuth – En France, le Graal et l'esthétisme Robert de Montesquiou

Si le temps historique se présentait sous forme cyclique, nous pourrions distinguer des périodes d'essor( âge d'or) et de déclin ( de fin de siècle …?). Précisément Anne-Laure de Sallembier parcourt la vie mondaine à une époque , avant la Grande-Guerre, que l'on qualifie de fin de siècle ...

La chute du second Empire a initiée cette période promise aux changements, voire aux transgressions...

En réaction contre le Romantisme, et des idées comme, l'harmonie et l'équilibre dans la nature, la foi en le progrès ; - la mode est à présent à l'étrange, la décomposition, l’excès ; et à la désillusion, la dérision, la démystification …

Si l'humain est privé d'une transcendance ( Schopenhauer,...), la hiérarchie des valeurs n'en est-elle pas bousculée.. ?

Dans les années 1890, 1900 etc ; on lit Schopenhauer, on aime le plaisir, on fréquente les salons, on s'amuse avec tristesse, on cause avec mélancolie, on rit avec désespoir. ( cf Le Figaro 21 mars 1886. - Physiologies parisiennes d'Alfred Millaud) ...

A suivre ...


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