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Fast promotion

Publié le 22 juillet 2008 par Britbrit


Ne nous le cachons pas : travailler toute sa vie pour être sous-fifreà la solde d’un futur chefaillon de 20 ans de moins que nous, ne relève clairement pas de nos objectifs de carrière. Alors s’il existe un moyen un semblant honnête de gravir les échelons sans avoir les dents qui rayent le parquet (nous avons un minimum d’éthique), on prend !


Certes, nous pourrions nous attacher à des solutions plus ou moins traditionnelles comme :

  • travailler d’arrache-pied mais c’est très fatigant à plus ou moins moyens termes,
  • montrer son envie constante de progresserauprès de son chef avec le risque accru de passer pour le lèche-botte de service,
  • participer activement à la vie sociale de la boîte en assurant sa présence à tous les pots de départ des stagiaires et donc en assumant sa réputation d’alcoolo voire de pique-assiette (on se demande ce qui est le pire).


      

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Alors comment faire pour sortir du lot et franchir les strates de la hiérarchie avec la rapidité du guépard et la grâce de la gazelle ? C’est simple : on couche !

Mais attention, il faut faire cela dans les règles de l’art ; la délicatesse de la démarche étant de ne surtout pas passer pour la Marie-couche-toi-là de l'entreprise

Tout d’abord, l’important est de se sentir parfaitement déculpabilisé(e) vis-à-vis d’un quelconque problème de conscience relatif au respect de soi et de son corps.
A une époque où le « travailler plus pour gagner plus » est de rigueur, optez tout simplement pour une façon de voir les choses un peu différente en adoptant cette nouvelle philosophie « Gagner plus tout en se faisant plaisir ». Car l’essentiel est bien là : avoir de l’argent, ne pas trop s’épuiser et surtout être hédoniste.

Une fois la décision prise, la première phase consiste à bien réfléchir au but que l’on cherche à atteindre : coucher oui, mais pourquoi ?. Inutile de mettre à contribution votre corps si c’est pour obtenir cinq dosettes de café en rabe ou la clé de la réserve à ramettes et à Stabilo. Par contre si c’est pour occuper un poste à haut salaire avec plein de subordonnés qui assureront sans rechigner l’essentiel de vos tâches, foncez !

La deuxième partie nécessite un minimum de jugeotte. Il faut savoir coucher avec la bonne personne ; à savoir celle qui a effectivement un vrai pouvoir décisionnaire. On oublie donc notre supérieur direct (sauf s’il est n° 2 de l’entreprise) pour s’attaquer directement aux membres éminents du staff. Pour les reconnaître, rien de plus simple ; il s’agit de tous ceux qui ont leur photo sur l’organigramme.
Les photos justement, parlons-en. N’oublions pas la notion sine qua none de plaisir. Alors dans la bande des commandeurs, on choisit une cible un brin charmante, voire carrément canon, et on écarte le rebutant directeur de section à peau grasse et à ventre à triple bouée. Tout cela n’en rajoutera que plus dans la beauté du geste.

Surtout, ne pas hésiter à changer discrètement d’ascenseur social si le premier se révèle minable (promesse d’un poste avec bureau en open space, augmentation de votre salaire actuel d’à peine 30 % - le minimum requis étant 50 -, déplacements professionnels exclusivement dans le Doubs, position du missionnaire uniquement,…). La charité charnelle, ça va un moment !

Pour finir, et tout comme pour l’organisation d’un crime, il faut savoir effacer les traces ou du moins bien les dissimuler une fois l’objectif atteint, comprendre larguer celui par qui votre promotion canapé a magnifiquement fonctionné.

D’abord, on met directement hors-circuit votre élévateur de carrière en (au choix) le dénonçant aux Prud’hommes pour harcèlement sexuel, lui faisant du chantage « si tu l’dis, j’balance que tu es un mauvais coup », le compromettant dans une affaire d’abus de biens humains attenant à l’entreprise.

Ensuite, on élimine tous les salariés perspicaces qui ont vu un peu trop clairement dans votre jeu. Pour cela on peut, soit donner de son corps (encore !) aux indiscrets histoire de les faire taire en les embarquant dans le même bateau, le risque étant d’être encore plus fatigué(e) que si l’on travaillait réellement ; soit les pousser à la démission en leur faisant croire qu’ils ont trop de talents pour rester dans cette boîte où les tenanciers sont incapables de reconnaître leur vraie valeur.

Maintenant que les préceptes sont posés, il ne nous reste plus qu’à mettre en œuvre l’action et, malheureusement, la chose n’est pas aussi facile qu’elle n’en a l’air. Voilà maintenant plusieurs mois que je tente d’attirer l’attention du pénis de mon big boss mais en vain.

Et pourtant, la promotion, le salaire haut de gamme, l’assistante parfaite et le respect des salariés, je m’en fiche : je veux juste que l’abstinence trépasse parce que là, j’en peux plus !!!
Crédit photo : 

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 Tous droits réservés Lilion "Out of Africa" via Flickr


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