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La mer, qu'on voit danser… (part 3)

Publié le 07 août 2008 par Anaïs Valente

… et enfin la gare, où nous attend déjà le train.  Malgré la foule, nous trouvons deux places presqu’au même endroit.  L’une en face de l’autre, en oblique.  Impossible cependant de jouer à Uno.  Fort heureusement, nous avons fait une longue partie sur la plage, durant laquelle je n’ai fait que perdre, jusqu’au moment où j’ai fait ma tête de cochon et me suis écriée « si je ne gagne pas cette partie, je te préviens, je ne joue plus jamais ».  Etrangement, j’ai gagné.  Je vous le dis clair et net : elle triche, cette enfant.

Pour passer le temps, je lis.  Et j’observe.  Un jeune homme à voix de vieille femme.  Ça doit être une grosse grosse mue.  Un bébé hurle dans le lointain.  Je bénis le ciel d’avoir bien choisi les places.  Je bénis également le ciel de ne pas revoir nos cinq germanophones intoxiquées au vin rouge de ce matin. 

22 vlà le contrôleur, et le stress s’amplifie : va-t-il exiger une preuve de l’âge de ma filleule ?  Pour l’amadouer, et vu que nous sommes en Flandre, je décide de lui parler en néerlandais.  J’émets un vague « goeiedag », suivi d’un « dank U » soulagé lorsqu’il me rend le ticket.  Alléluia.  Presque sauvées.  J’adore la SNCB.

Quelques places se libèrent, dont celle à côté de moi.  Le temps que ma filleule pèse le pour et le contre d’un changement de siège, un grand brun ténébreux s’assied à mes côtés.  La petite se précipite alors pour tenter un échange de place, et émet un timide « je peux m’asseoir là et vous là ? »  Le brun ténébreux la toise d’un air aussi mesquin qu’un renard face à une poule qui sent sa dernière heure venue et lui désigne d’un doigt ferme sa bouteille d’Ice tea qu’elle a laissée sur le siège.  Pas un sourire.  Rien.  Un brun ténébreux d’une antipathie rare, à qui je lance des regards que j’essaie de rendre hautains moi aussi.  Ah si j’avais une poupée vaudou, là, de suite.  En désespoir de cause, je tente la raillerie et je m’adresse à ma filleule « tu vois, le monsieur il est très fâché ».  Il ne bronche pas.  Sombre con, comme le dit si bien Rose.  Puisse Saint-Nicolas se venger le 5 décembre sur cet homme qui a tout oublié de l’enfance, tchu.

A Bruges, débarque la famille fleurs : Maman et ses deux enfants, fille et garçon.  Ils ont dû passer la journée à fabriquer des fleurs, qu’ils brandissent joyeusement.  La famille fleur va jusque Liège.  Mais gaminou fleur n’a pas conscience du temps, alors, à chaque arrêt, il interroge Maman fleur « on descend ici ».  « Non ».  « On descend ici ? » « Non »  « On descend ici ? » Nooon ».  Elle garde le sourire, Maman fleur.  Ça me rappelle les Schtroumpfs : c’est encore loin ?  Non, plus maintenant.  C’est encore loin ?  Non, plus maintenant.  C’est encore loin.  (Exaspéré) Ouiii, très loin ! 

A l’approche de ma gare, un pignon m’offre un énorme « I love NAM », avec un gros cœur en guise de « love ».  Choli comme tout.  NAM pour Namur ?  Je l’ignore, mais je l’espère.  Moi aussi I love NAM. 

Le trajet de retour nous semble long, et l’arrivée à Namur nous réjouit le cœur.  Il pleut.  Nous rentrons donc en vitesse nous changer pour terminer ensuite la soirée dans un resto italien. 

L’heure du départ est proche, comme disait Saint-Ex.  Bisou bisou, à bientôt à bientôt, merci merci, bonne nuit bonne nuit.

Je regagne mon petit lit, je regarde la TV, je songe à cette chouette journée, j’ai mal partout, ça courbature ferme, de stagner cinq heures dans un train.  Mais chuis contente.

J’ai revu la mer.

Enfin.

Et une photo de Nuages, que je remercie.

ostende



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