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Du bon usage de la guerre en Ukraine : tout est bon pour piéger le RN

Publié le 14 mars 2024 par Observatoiredumensonge

Désormais, Emmanuel Macron et son gouvernement, champions mondiaux de l’européisme enamouré, expliquent que l’Europe, c’est la guerre. Ou, plutôt, que nous serions en guerre sans la réaction intelligente et énergique du Président Macron. Ainsi, le discours du Premier ministre devant les députés a-t-il vanté l’action, la cohérence, l’intelligence et le courage du locataire de l’Élysée ! La formidable unité de l’Union européenne ? « Vladimir Poutine n’y croyait pas », se réjouit Attal. Sauf que cette formidable unité face à la Russie n’existe pas en Europe. « L’OTAN s’est renforcée », jure Gabriel Attal dans un discours que le Président Macron a dû relire plutôt deux fois qu’une… Sauf que les États-Unis lâchent l’Ukraine. Attal assure que « la France est aux avant-postes pour soutenir l’Ukraine » et que le pays vient de réunir 27 chefs d’État et leurs représentants. En oubliant de préciser que nos voisins ont immédiatement pris leurs distances avec les déclarations bellicistes de Macron sur l’éventualité d’envoi de troupes en Ukraine.

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Pendant de longues minutes, le Premier ministre tente de faire de la Russie une menace directe, non seulement pour l’Europe mais pour la France elle-même, égrenant les « conséquences concrètes » d’une éventuelle victoire des Russes « sur la vie des Français » : « fin d’un monde international basé sur le droit »« cyberattaques qui empêchent nos services de fonctionner », hausse inconsidérée des prix, inflation, crise économique et même « immense vague migratoire » des Ukrainiens et des pays voisins. Nous qui pensions que l’immigration était une chance pour la France ! « La guerre a un coût mais ce coût serait décuplé si la Russie l’emportait », jure Gabriel Attal. La France envoie donc de nouveaux fonds à l’Ukraine : « 3 milliards d’euros, une fois et demie ce qu’on a fait », précise Attal.

Conclusion ? « Je respecte de manière républicaine le vote de chacun mais… » Mais ? Mais voter contre, explique le Premier ministre, c’est remettre en cause les efforts de la France depuis deux ans et, donc, soutenir Poutine ! On y est ! Et s’abstenir ? « C’est fuir ses responsabilités devant l’Histoire. »

Sortir du piège macronien

Ainsi apparaît le piège grossier – un de plus. L’objectif était donc celui-là : isoler le RN qui menace de transformer la campagne macroniste en désastre. Le piéger. Faire oublier la séquence des agriculteurs, reprendre le contrôle du débat coûte que coûte, polariser sur lui-même le feu des médias, surtout ne pas disparaître façon Hollande ! Depuis quelques jours, les Français sont embarqués dans un scénario écrit aux petits oignons par le président de la République. Comme le scénariste d’une série Netflix, il a conçu lui-même les rebondissements de l’histoire, ménagé les effets de surprise, mobilisé le spectateur, réglé la courbe du suspense et tendu les pièges à ses adversaires politiques : le débat sur l’avortement, le débat sur l’euthanasie, l’Ukraine. Macron est en campagne, tout est bon.


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