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Hélène Sanguinetti / Le Héros

Publié le 21 janvier 2025 par Angèle Paoli

<<Poésie d'un jour

                                                                                                                

                  Pluie

" Il donne un baiser de pluie... " 

Ph.: G.AdC 

8–————————————————LES MAISONS

Car toujours, poesia : joie horreur


Bon ! Petit Soleil et Petite-Soie sont revenus sur la pelouse glisse
l’étrange spectacle de leur amour glisse une barque revenue elle aussi
un père fourbu sans poisson, et il rentre et il dit à la famille dans la
maison « Ciel ! qu’il fera bon plus tard dans la vie ! » bon !


La lampe est allumée elle respire, le plancher respire, il n’est pas tard, de
la pluie parfume la gouttière et les vitres, et personne n’a froid.


Maison dernier abri posé quitté, après après, de l’air et des fourmis et
autres visiteurs butés habitués, Ça sent le chocolat un chaton jeté par la
fenêtre Épargné rebondissant sur les dahlias,

Bienvenue Vie plus tard
Bienvenue Inaccessible amour
Bienvenue à la Colère de Pleurer

Colère et joie sortis du flacon dans le ruisseau ! des bulles pour
malheureux et leurs ballots dans le chemin, des bulles et des bulles pour
Averell Dalton-rêvassant poursuivi par le shérif

Puis si grands arbres leur poitrine écureuil, deux chaussures reposent en
Bas, sur l’ombre, Fatigue et Avide liberté reposent aussi sur le côté,
Pieds nus dans l’allée un héros cherche le nom des fleurs

Un nuage

Un héron de fer

Une fille à cheval


D’où venez-vous................, Il cherche……………………., ne vous comprends
que sur la pointe ou dans l’encoignure de la fenêtre, Et cherche encore
poings serrés, grâce que le jour de pluie dépose ici si près de l’océan,
ne cessent pas : Penser-Espérer-Luire mieux,

Il donne un baiser de pluie, mange au bord de l’océan, il a vieilli et ses
chiens ont vieilli, trop pour les noyer mais les aimer encore, les faire se
coucher au pied d’une bibliothèque de rochers, et d’eau bouillante

Elle vieillit et ses sœurs vieillissent,

----------------comment t’Échapper, Petit Bourreau aux Lèvres Sucrées,
Disent-elles et se souviennent : lianes, sœurs ! et de cuivre ! – comment
Au frais talus en bas de la Sierra, et à l’autre Crochue,


poesia-visage-crevé-empoisonné, Autre Bossue derrière la fenêtre
entre avec pomme si ronde et rouge et douce de caramel, mange blanche
fille crève blanche


et soudain la Fanfare, meilleurs clairons enrubannés,

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Hélène Sanguinetti, Le Héros, poésie, En couverture: Caroline Sagot-Duvauroux, Flammarion 2008, pp. 91, 92, 93, 94, 95.


HÉLÈNE SANGUINETTI

SANGUINETTI

Ph. D.R.  Didier Pruvot © Flammarion


   D'origine corse (Castagniccia), née à Marseille le 3 mars 1951, Hélène Sanguinetti vit et travaille actuellement en Provence. Elle adore la mer ― regarder le ciel ― tailler les arbres en boule ― dire ses textes ― lire, beaucoup et très tard dans la nuit les entretiens, les écrits des peintres, les biographies, les livres des peintres, des aventuriers, penseurs, poètes, et aussi le journal L'Équipe. Elle adore le sport et en pratique plusieurs (elle regrette de ne pas avoir joué au rugby).
  Écrit « du » poème depuis toujours.
  Son premier livre,
 De la main gauche, exploratrice, a paru en 1999, dans la collection Poésie/Flammarion dirigée par Yves di Manno.
  Elle est aussi l'auteure de
 D'ici, de ce berceau (Poésie/Flammarion, 2003), publié en avril 2007 dans une traduction anglaise d’Ann Cefola sous le titre : Hence this cradle (bilingue, Otis Books/Seismicity Ed., Los Angeles), d'Alparegho, Pareil-à-rien (L'Act Mem 2007, Fonds Comp'Act 2005) ; en 2009, de deux textes-voix chez publie.net (Collection L'Inadvertance dirigée par François Rannou), ouvrages à voir et à écouter : Toi, tu ne vieillis plus, tu regardes la montagne et Une pie ; en 2012, de Et voici la chanson (Éditions de l’Amandier, Collection Accent graves Accents aigus) ; en 2017 de Domaine des englués, La lettre volée.
  Très proche de toutes les expressions plastiques, Hélène Sanguinetti travaille depuis 2006 avec une artiste polonaise, Anna Baranek
 (Gora soli, l’attentive, janvier 2008) ; invitée en 2005 par la Maison des Écrivains et le Festival de Danses d’auteurs, elle poursuit son compagnonnage avec les corps en mouvement (travail en cours avec la chorégraphe Muriel Piqué, Cie comme ça).
  Claude Adelen, poète et critique, perçoit dans le poème d’Hélène Sanguinetti « des sortes de fiction, où l’on entrevoit les profondeurs de quelque roman familial à travers l’opacité d’un mythe » et parle pour qualifier son écriture de « noblesse et roture du langage » et de « souveraineté radieuse »
 (L’Émotion concrète, L'Act Mem, Fonds Comp’Act, 2004).

■ Hélène Sanguinetti
sur Terres de femmes ▼

Le Héros, Flammarion, Collection Poésie/Flammarion, 2008.Alparegho, Pareil-à-rien (note de lecture d’AP)
→ 
De quel pays êtes-vous ? (extrait d’Alparegho, Pareil-à-rien + bio-bibliographie)
→ 
De la main gauche, exploratrice (I)
→ 
De la main gauche, exploratrice (II)
→ 
De ce berceau, la mer (extrait de D’ici, de ce berceau)
→ 
À celui qui (extrait de Hence this cradle)
→ 
Et voici la chanson (note de lecture d’AP)
→ 
[Automne vivant et adoré] (extrait de Et voici la chanson)
→ 
[Ma trouvaille de tout à l’heure] (extrait de Domaine des englués)
→ 
[Premier soleil] (autre extrait de Domaine des englués)
→ (dans l’anthologie poétique Terres de femmes) 
La vieille femme regarde en bas
→ (dans la galerie Visages de femmes
un Portrait de Hélène Sanguinetti (+ un poème extrait de De la main gauche, exploratrice)
■ Voir | écouter aussi ▼

→ (dans la Poéthèque du site du Printemps des poètes) une fiche bio-bibliographique
(+ un 
extrait sonore issu de Alparegho, Pareil-à-rien)
→ 
un extrait sonore [10 mn] de Et voici la chanson (« JOUG 2 » « Voici la chanson », pp. 22-31) dit par Hélène Sanguinetti. Prise de son : François de Bortoli



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