<<Poésie d'un jour
À Étienne Paulin
cette enfance qui nous taraude
que nous épelons sans cesse
dont nous caressons les plaies
dans l’effroi de notre sang qui se perd
cette enfance
qui nous échappe nous guide nous égare
obscure douleur traversée de quelques soleils
il faut la chérir
nous n’aurons eu que celle-là
l’enfant est comme la pierre
silex d’où jaillit le feu
veine où palpite indécise la vie
angle de toute fondation
caboche aveugle pourtant
et fragile
qu’il faut préserver de l’éclat
et polir d’une main douce
dit-il devenir
monnaie ordinaire du chemin
tandis que le sécateur en main
j’émonde la haie paisible
et pare les vieux arbres
le rouge-gorge me défie de son cri
et si je bêche il me poursuit aussi
que puis-je lui répondre
nos vies nos souffles se côtoient
mais nos monde diffèrent
juste cette terre à partager
Jean Le Boël, l’enfant sur la berge, la rumeur livre Éditions, 2024, pp.53, 54, 55.
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JEAN LE BOËL
Source
■ Jean Le Boël
sur Terres de femmes ▼
→Jusqu’au jour, éditions Henry, Collection Les Écrits du Nord, Prix Mallarmé 2020
→ [Ce lien que nous étions] (extrait de Clôtures)
→ [femme noire | toujours vêtue de ta couleur] (extrait d’et leurs bras frêles tordant le destin)
■ Voir aussi ▼
→ (sur le site des éditions Henry) la fiche de l’éditeur sur Jusqu’au jour de Jean Le Boël
→ (sur le site de la mél, Maison des écrivains et de la littérature) une notice bio-bibliographique sur Jean Le Boël