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Anne Sexton / Folie, fureur et ferveur / Lecture de Noémie Antoine

Publié le 21 février 2025 par Angèle Paoli

Anne Sexton, Folie, fureur et ferveur : Œuvres poétiques (1972-1975)
traduit de l’américain par→    Sabine Huynh
pour les éditions des Femmes – Antoinette Fouque.
Lecture de Noémie Antoine

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    Dans le sillage de la rentrée littéraire de janvier, se démarque Folie, fureur et ferveur : Œuvres poétiques (1972-1975)1d’Anne Sexton, traduit de l’américain par Sabine Huynh pour les éditions des Femmes – Antoinette Fouque.

   Ce volume rassemble les œuvres tardives, voire posthumes, de cette poète américaine majeure, à savoir : The Book of Folly [Le livre de la folie] (1972), The Death Notebooks [Les Carnets de la mort] (1974) et The Awful Rowing Toward God [L’Épouvantable Traversée à la rame jusqu’à Dieu] (1975).


   Le suicide d’Anne Sexton, en octobre 1974, impacte irrémédiablement l’expérience de lecture, et on ne peut s’empêcher de laisser affleurer ces quelques vers à nos oreilles :

« Life [...] : it is a tale
Told by an idiot, full of sound and fury
Signifying nothing. »2


   Car c’est un véritable parti pris éditorial que de faire connaître ces trois recueils écrits durant les deux dernières années de la vie d’Anne Sexton. Le lecteur s’engage dans un corps à corps avec des poèmes dont la voix, sans toutefois nous être complètement étrangère, fait entendre des inflexions jusqu’alors inconnues, déroutantes, même déconcertantes ; tant et si bien qu’il demeure quelque chose de l’ordre de l’inaccessible, comme un substrat d’étrangeté, à la lecture du recueil.
Anne Sexton y fait éclater toutes les structures, toutes les images auxquelles elle avait habitué le lecteur et fait de Folie, fureur et ferveur un laboratoire au sein duquel elle poursuit son expérimentation de la forme poétique. La poète explore les potentialités de la prose et repousse les limites du récit, s’essayant à l’écriture de pastiches, de prières, d’incantations ou encore de psaumes. Elle laisse souffler une plus grande liberté de ton dans ses poèmes, jusqu’à se mettre parfois en danger, l’éclatement du moule poétique laissant percevoir les déflagrations de sa propre vie.
    Anne Sexton ne craint pas les débordements : mieux, elle les recherche. Elle étale, exhibe, détaille chaque infime expérience de sa vie psychique comme organique, sans filtre ni retenue. « Unleash » est le mot qui nous vient à l’esprit quand on pense à l’imaginaire d’Anne Sexton. Il exprime à la fois le mouvement de libération dans lequel s’inscrit l’auteure, tant du point de vue de la composition poétique que des images employées, tout en mettant l’accent sur le déchaînement de colère qui éclate çà et là dans le recueil. Le souci de bienséance ou d’esthétisme est rejeté pour saisir la singularité de chaque vécu et comprendre comment chacun d’entre eux modèle – pour le meilleur comme le pire – notre réalité.

« […] Quand le moment viendra, » écrit-elle dans « La Bébée funèbre », « nous parlerons à cœur ouvert / nos mots viendront des hanches, […] oui, quand la mort viendra sous sa capuche, / nous ne serons pas bien élevées. »3


    La mort. Le mot est lâché, inéluctable. Le recueil est une confrontation avec la Faucheuse et, ce faisant, avec soi-même ; épreuve de laquelle on ne peut espérer triompher en « jouant petit », en demeurant douce, polie et policée, en ne faisant pas de bruit, en somme.
Qu’on se le dise, la lecture du recueil n’est pas gratifiante. Plongé sans ménagement dans un bain glacé, le lecteur endure les brûlures d’une imagerie complètement débridée, nourrie de l’inconscient et des épisodes hallucinatoires de la poète. Anne Sexton récuse le discours raisonnable et linéaire du logos, autant par goût de la provocation que par recherche poétique. Retour, reprise, volte, interruption ou, au contraire, divagation, le mouvement d’écriture touche au contre-mouvement, à ce que Blanchot nomme le « jeu de déplacement sans place, du redoublement sans doublement et de la réitération sans répétition.»4  

     La langue poétique est celle de l’anti-séduction. Elle dérange, « […] ne conna[ît] que l’exubérance »5 La poète expose et explose les tabous liés à la sexualité, au suicide ou à la maladie mentale qui fait d’elle « une maison saturée d’excréments »6 . Le lecteur accède à « la pièce verrouillée là-haut » qui « contient tous [ses] mauvais rêves »7, comme dans le poème « Rêver les seins » dans lequel elle fantasme les seins maternels devenus « deux chauves-souris / […] fonçant sur [elle] , / et[la] domptant. »8 La mère y incarne une figure tricéphale : c’est à la fois ce « visage de déesse étrange /[…] ce refuge délicat … »9 , mais c’est aussi la Parque qui peut couper le fil de la vie, de ses « doigts ensanglantés … »10 et c’est enfin la malade qui finit, vulnérable, sur la table d’opération : « À la fin ils t’ont coupé les seins / et du lait a coulé / sur les mains du chirurgien ».11
Souvent, le poème se tient sur une ligne de crête, oscillant entre la célébration de tout ou partie du monde et la mise en garde d’un danger mortel sous-jacent. Là, même éteinte, la puissance maternelle, tout entière localisée dans la poitrine, provoque à la fois crainte et émerveillement :

« Je t’ai mis un verrou
dessus, Mère, chère humaine morte,
afin que tes grandes cloches,
ces chers poneys blancs,
continuent à galoper, galoper,
où que tu sois. »12


Verbum caro factum est


   Anne Sexton se révèle être la poète de la chair et de l’incarnation, y compris dans ce que celle-ci a de plus rebutant. La poète reconfigure d’ailleurs son propre corps dans le corps même du poème. Elle s’y déploie ou s’y rétracte, s’y fantasme nouvelle matière organique au gré des ajouts ou des retraits, accentuant l’idée d’expérience morcelée ou parcellaire que l’on peut avoir de l’existence. L’iconographie surprenante des poèmes laisse au lecteur la possibilité d’entrevoir une reconfiguration tantôt cauchemardesque, tantôt ludique et onirique du monde. Anne Sexton explore la matière inconsciente faite de désirs profonds et inavouables, mais elle examine aussi les rêves et la rêverie. Ainsi, dans le « Le Docteur du cœur », elle moque le savoir universitaire de son « Herr Doktor » avant de lui proposer une procédure de guérison digne du « comme si … » des jeux d’enfants :


« Je prendrai une limace si vous le permettez
et ça me fera un appendice impeccable.


Donnez-moi un ongle à la place d’un monocle.
Le monde était laiteux depuis le commencement.


Je prendrai un fer à repasser et repasserai
mon hernie discale jusqu’à ce qu’elle soit plate.
...
Existe-t-il un tel appareil pour mon cœur ?
Je n’ai qu’un gadget qu’on appelle doigts magiques.


Laissez-moi me dilater comme une mauvaise dette.
Voici une éponge. Je peux l’essorer moi-même.


Ô cœur, cœur rouge tabac,
Pulse comme une guitare rock.

Je suis à la proue du bateau.
Je ne suis plus la suicidée … »13

    Hospitalisée en juin 1972 pour une opération chirurgicale, Anne Sexton transforme sa douleur physique et son exaspération en matière poétique. La série de poèmes « Les furies » évoque l’impuissance du corps alité, diminué, tout comme la frustration consécutive à la perte d’autonomie ou à l’autoritarisme du personnel hospitalier. Surtout, les poèmes font entendre, quand ils ne crachent pas, la fureur de l’esprit – malade, lui aussi – qui voit le corps se dérober à son contrôle pour faire sédition :


« Je me demande, monsieur Os, ce que tu penses à présent
de ta fureur, devenue aussi acide qu’une baleine qui sombre,
escaladant l’alphabet à l’aide de ses propres os.
Suis-je dans ton oreille chantant encore sous la pluie,
moi du hochet de mort, moi des magnolias,
[…]
Je ne peux pas
répondre de toi, seulement de tes os,
des règles rondes, des érections rondes, des poteaux ronds,
[…]

Je sens le crâne, monsieur Squelette, qui vit
sa propre vie, dans sa propre peau. »14


    Les expériences intimes des proches sont également convoquées, Anne Sexton faisant se dresser devant nous une forêt de corps dont elle ne tait rien des petits et grands maux. La sexualité d’autrui fait effraction dans la lecture, comme ce sexe paternel devenu, le temps d’une danse partagée avec la poète, « le serpent, ce persifleur » qui « s’est réveillé et a pressé / sa divinité contre [elle] »15 . Le matériau de chaque vécu est examiné sous tous les angles et réinvesti dans le poème pour en faire un moyen de catharsis et de rédemption. Le texte poétique représente en effet le lieu sûr, l’espace sauf, au sein duquel poète et lecteur peuvent se confronter à la souffrance, aux traumatismes, pour dégager une meilleure compréhension d’eux-mêmes et de leurs émotions.


Du profane au sacré


    Dans son essai Writing like a woman, Alicia Ostriker observait que l’écriture d’Anne Sexton oscillait entre une vision sacrée et féconde de la chair et une perception de celle-ci comme étant impure et souillée. « En tant qu’humanistes, nous avons tendance à oublier que rien de ce qui est humain ne nous est étranger. C’est là notre péché originel. Cela signifie que je ne peux pas traiter la femme folle et suicidaire avec condescendance. Cela signifie également qu’elle est une des nombreuses habitantes de mon propre grenier que je renie à mes risques et périls »16, écrivait Alicia Ostriker au sujet d’Anne Sexton, avant d’ajouter : « Un poème n’a pas à être, mais peut légitimement être, « une hache pour la mer gelée »17Folie, fureur et ferveur enfonce nos défenses intérieures pour en révéler les vérités et émotions enfouies. Le corps, même hideux ou mutilé, devient le véhicule par excellence du sacré et du profane. La trivialité de certains poèmes nous rapproche les uns des autres dans ce que nous possédons de plus humain : nos imperfections, nos douleurs, nos doutes, nos désirs, nos aspirations, mais aussi nos disgrâces et la matérialité de nos corps.
    Anne Sexton dépasse donc la dichotomie usuelle du sacré et du profane. Celle qui se considérait comme une « primitive » brouille les frontières et perçoit la dimension hiérophanique derrière chaque manifestation physiologique ou organique. Dans Folie, fureur et ferveur, il n’est plus question de processus, mais de ce que Mircea Eliade désignait comme un « sacrement, une communion au sacré ».18 Si les déviances et les transgressions sexuelles sont ouvertement évoquées et dénoncées dans les références à l’inceste, d’autres poèmes célèbrent ce que la sexualité a de plus mystique. « Quand l’homme pénètre la femme » fait penser à ces hiérogamies primitives qui exaltent l’amour humain à travers l’union du spirituel, du charnel et du terrestre. Le logos y apparaît dans l’extase, dans une forme de déraison semblable à la folie tant décriée par la société :


« Quand l’homme
pénètre la femme,
comme les vagues mordant le rivage,
encore et encore,
et la femme ouvre la bouche de plaisir
[…]
le Logos apparait, qui trait une étoile,
et l’homme
dans la femme
noue un lien
pour que jamais plus
ils ne soient séparés
et la femme
monte dans une fleur
et avale sa tige
et le Logos apparaît,
qui libère leurs fleuves. »19


   Selon Mircea Eliade, « le sacré est saturé d’être »20. C’est bien toute la finalité des poèmes d’Anne Sexton : culminer en une saturation de désirs, d’expériences – y compris langagières – de proximité en soi, avec soi comme avec le monde. Ses poèmes montrent tout ce que le quotidien porte en lui de germes sacrés, y compris les objets usuels qui se chargent d’une puissance d’être inédite :


« Bénis soient tous les objets utiles,
les cuillères en os,
le matelas sur lequel je cuisine mes rêves,
la machine à écrire qui est mon église
avec un autel de clés toujours en attente,
les échelles qui vous laissent grimper
[…]
Bénie soit aussi la poêle,
toute noire et graisseuse,
qui frit les œufs comme des yeux de saints. »21


   Si l’on ne peut ignorer le ton satirique d’un poème qui détourne les louanges des psaumes bibliques, questionnant ce que l’on considère comme sacré selon les normes sociétales et religieuses, on comprend également qu’investir les objets inanimés d’une dimension spirituelle participe à la fois d’une poétique du sacré et d’un réenchantement du quotidien.


Anne Sexton, poète visionnaire ?

   Anne Sexton serait-elle une poète visionnaire ? Bien que l’expérience personnelle, le souvenir et le trauma soient les mares dans lesquelles elle puise son inspiration, lui valant l’étiquette de poète « confessionnelle », les poèmes des dernières années tendent à se décentrer du moi de l’auteure pour embrasser la condition humaine. Folie, fureur et ferveur poursuit et clôt un mouvement d’introspection et de réinterprétation des mythologies telles que les définit Barthes, en tant que représentations idéalisées véhiculant des significations culturelles et idéologiques. Anne Sexton, qui avait déjà amorcé le réexamen des contes de fées dans Transformations22, revisite ici les mythes égyptiens, grecs, hindous, mais aussi les récits hébraïques et chrétiens. Elle reprend à son compte les grandes figures éternelles de la mère et de la marâtre, de la grand-mère et de la sorcière, de la folle et du malade, du bourreau et de la victime, qui semblent parfois jouer le rôle de ses alter-egos. Tous interrogent les notions de pouvoir, de justice, de trahison, mais aussi celles de transformation, de sacrifice et de résilience.


    « Une histoire, une histoire ! / (Laisse-là aller, laisse-là venir)»23 s’écrie la poète, rappelant ainsi que tous les grands textes fondateurs s’ancrent dans stade oral de l’histoire. Folie, fureur et ferveur vibre des échos d’un chant rituel généalogique. Il rappelle l’histoire du monde, celle d’Anne, de la communauté américaine et, plus largement, humaine. Le recueil participe à la fois de l’anéantissement et de la recréation du Monde. Le poème « Ô vous langues » reprend les thèmes et les tournures phrastiques de la Genèse, dans une répétition de l’acte primordial de la transformation du chaos en Cosmos. Anne Sexton s’y approprie l’inconnu en connu, elle forge sa propre mythologie :


« Qu’il y ait un Dieu aussi grand qu’une lampe à bronzer pour vous
baigner de la chaleur de son rire.


Qu’il y ait une Terre de la forme d’une pièce de puzzle et qu’elle
convienne à chacun d’entre vous.


Que l’obscurité d’une chambre noire monte de l’abîme. Une
chambre de lombrics.


Qu’il y ait un Dieu qui voie la lumière au bout d’un long tuyau
très fin et qu’il la laisse entrer.


Que Dieu les sépare en deux.
[…]
Que la lumière soit appelée Jour pour que les hommes puissent
cultiver du maïs ou prendre des bus. »24


    De même, de nombreux poèmes du recueil font directement référence à la création de l’homme et de la femme. Ils apparaissent notamment sous la forme de deux mains tendues vers Dieu, qui s’enlacent et qui applaudissent – pour un temps – la perfection de la création : « Et ce n’était pas un péché. / C’était comme cela devait être. »25 Dans un autre texte, Anne Sexton compare la naissance au moment du petit-déjeuner. Nous revient alors en mémoire, le souvenir doux-amer de cette publicité pour du café instantané, qui mettait en scène les membres d’une même famille trop souriants, dans une atmosphère de convivialité criante :


« Une fois, nous étions tous nés,
nous avons jailli comme des rouleaux de bande de tissu
oubliant notre monde de poissons,
les mers agréables,
le pays du bien-être,
fessés jusqu’aux oxygènes de la mort,
Bonjour la vie, nous disons au réveil,
je vous salue marie café tartine
et nous Américains buvons du jus,
[…]
Bonjour la vie.
Se réveiller c’est être né … »26


    Dès lors, le poème devient le seuil, le franchissement qui permet l’accès à un temps et à un espace sacrés. Anne Sexton y provoque le divin, y cherche le signe apodictique en se livrant à toutes sortes d’invocations. Le rythme cadencé de certains textes rappelle la prière ou le rituel, quand les champs lexicaux du mysticisme et de l’occulte renforcent l’effet incantatoire, hypnotique de la transe :


Anges du feu et des organes génitaux, […]
Femme de feu, toi de la flamme antique, toi
du brûleur Bunsen, toi de la bougie,
toi du haut fourneau, toi du petit fourneau, toi
de l’énergie solaire féroce, […]
Mère du feu, laisse-moi me poster à ton portail insatiable … »27


   Les poèmes sont ceux de la connaissance et de la révélation, de la célébration et de la dénonciation, mais ce sont aussi des chants médicinaux de la confrontation au Mal et à nos propres démons. On écrit et on dit pour stimuler sa créativité, pour (se) guérir, pour (se) préparer à la mort. « En connaissant le mythe » écrit Mircea Eliade, « on connaît “l’origine” des choses et, par la suite, on arrive à les maîtriser et à les manipuler à volonté ; il ne s’agit pas d’une connaissance “extérieure”, “abstraite”, mais d’une connaissance que l’on “vit” rituellement, soit en narrant cérémoniellement le mythe, soit en effectuant le rituel auquel il sert de justification. […] [D’]une manière ou d’une autre, on “vit” le mythe dans le sens qu’on est saisi par la puissance sacrée ; exaltante des évènements qu’on remémore et qu’on réactualise.28 »

    Dire les mythes d’origine permet une régénérescence. En recréant le monde, Anne Sexton s’accorde la permission d’un retour aux temps des origines et recommence son existence, dans une nouvelle naissance symbolique :


« Oh Marie,
Douce Mère,
ouvre-moi la porte et laisse-moi entrer.
Une abeille t’a piqué le ventre avec foi.
Laisse-moi flotter dedans comme un poisson.
Laisse-moi entrer ! Laisse-moi entrer !
Je suis née plusieurs fois, un faux Messie,
mais laisse-moi renaître
en quelque chose de vrai. »29


    Anne Sexton réactualise le temps sacré du passé par le temps liturgique de l’écriture puis de la lecture des poèmes, mais leur modernité, leur vivacité, leur audace et leur iconographie marquent un esprit de rupture avec le temps sacré tel qu’on l’envisage traditionnellement.


Et Dieu, dans tout ça ?

    Dans le documentaire USA : Poetry, Anne Sexton confiait à la caméra qui la filmait : « I like something I’ve lost. There is something in there, but I’ve lost and that I can’t find. »30 Anne Sexton languit de « nostalgie ontologique »31, ce qui se traduit par l’ouverture des poèmes à la philosophie existentialiste. Folie, fureur et ferveur reflète ses doutes et sa quête de sens :


« Avec toutes mes questions,
Et les mots nihilistes dans ma tête,
Je suis partie à la recherche d’une réponse,
Je suis partie à la recherche de l’autre monde… »32


    Anne Sexton cherche Dieu, mais lequel ? L’aspect éclectique et hétérodoxe du recueil souligne les parallèles, les contrastes et les apories des références mythologiques ou religieuses. La réécriture permet la critique acerbe des dogmes imposés à la société. La série de poèmes « Les papiers de Jésus »33 revisite les grands épisodes de la vie du Christ en insistant de façon moqueuse sur son humanité. « Jésus tète »34 sa mère, « Jésus cuisine »35… La figure sacrée y est dégradée, taraudée du désir qu’il éprouve pour Marie. Les miracles, tournés en dérision, deviennent des tours de passe-passe, quant aux injonctions célestes, leur caractère absurde empêche l’homme de s’attirer comme de garder les bonnes grâces divines.
C’est que Dieu (ou les dieux) jalouse l’Homme. Il « […] traine la savate au paradis, / […] mais Il brigue la terre »36. De là s’origine le conflit entre un Dieu qui voudrait définitivement se faire Homme, et un homme qui n’aspire qu’à s’élever pour fuir une incarnation douloureuse :


« C’est vrai, j’ai un corps
et je ne peux pas m’en échapper.
J’aimerais m’envoler hors de ma tête,
mais il n’en est pas question.
Il est écrit sur la tablette du destin
que je suis coincée ici dans cette forme humaine. »37


    Plus on avance dans le recueil, plus la question de la foi et de son effondrement se pose, notamment en regard des grandes tragédies du XXe siècle. Le recueil crie la solitude de la condition humaine. Il n’y a « Personne. »38 nous assène Anne Sexton qui ne cesse pourtant de chercher. « Dieu semble-t-il, / nous a tourné le dos, / nous présentant le négatif sombre ».39 S’il y a rencontre avec la divinité, elle ne peut qu’être manquée, déceptive ou dégradée. L’auteure souligne le paradoxe d’une humanité qui cherche Dieu mais qui craint le reconnaître quand elle le trouve ou qui le rejette « […] dans les toilettes. […] avant de verrouiller la porte. »40 On peut alors se demander si l’intrication des fils narratifs et des traditions mythologiques ou religieuses ne serait pas une façon pour l’auteure de dénoncer la fausseté de toutes ces figures référentielles et, ce faisant, de choisir de créer sa propre divinité : celle du poème.


Un voyage initiatique


   En bonne philosophe, Anne Sexton met en scène son doute radical avant de parfois reconnaître sa nescience ou son impuissance : « mais qui suis-je pour croire aux rêves ? »41Certains poèmes relèvent de la disputatio : la poète y alpague son double et lui adresse ses questions existentielles fondamentales, dans une recherche frénétique de vérité :


« Je pourrais manger le ciel
comme une pomme
mais je préfère demander à la première étoile :
pourquoi suis-je ici ?
pourquoi vis-je dans cette maison ?
à qui la faute ?
hein ? »42


   Le volume marque donc un double mouvement de l’intérieur vers l’extérieur, d’introspection et d’examen du réel, qui se nourrissent et s’interpellent mutuellement. La poète met en doute la véracité des expériences vécues à travers le prisme de la maladie et des phénomènes hallucinatoires : « Et je me pose des questions sur / cette vie entière avec moi-même, / ce rêve que je vis. »43
Comment démêler le vrai du faux ? Quelle est la part de réel dans les images inconscientes ou hallucinées de la poète ? Le langage poétique cherche à mettre le doigt sur ce qui est, mais aussi à nommer l’innommable. Tantôt extérieure au poète (« Madame Delamort »)44 , tantôt prenant possession d’elle (« Je me surnomme / moi-même / madame Anubis »45 , la Mort rôde partout. Folie, Fureur et Ferveur s’apparente alors à un voyage initiatique au cours duquel l’auteure se familiarise avec sa propre mort, apprend à composer avec elle, à l’apprivoiser et, ce faisant, à s’en rapprocher dangereusement. Dans le corps enclos du poème, Anne Sexton fantasme sa propre mort et, paradoxalement, se voit mourir tout en étant vivante, triomphant ainsi de l’immobilité éternelle :


« J’aspire à une vie simple
pourtant chaque nuit j’étends
des poèmes dans une boîte allongée.
C’est ma boîte d’immortalité,
mon plan d’épargne,
mon cercueil . »46


    Inscrit comme trace cadavérique, le poème écrit lutte contre le silence et l’oubli, puisque selon la poète, il vaut mieux tout dire que se taire :


« Le silence c’est la mort.
Il vient chaque jour avec son choc
se percher sur mon épaule, un oiseau blanc,
et picore mes yeux noirs
et le muscle rouge et vibrant
de ma bouche. »47


    L’auteure ne craint donc pas d’évoquer le Mal sous toutes ses coutures, notamment lorsqu’elle intègre des références à la Shoah dans ses poèmes. Mais comment témoigner de l’innommable sans l’esthétiser ? Comment confronter la mémoire traumatique à l’expression poétique ? Faisant écho à la fracassante déclaration d’Adorno dès le titre même du poème « Après Auschwitz », Anne Sexton pointe l’impossibilité de tout retour en arrière, aussi bien culturel que sociétal, et crée une rythmique proche du bégaiement pour faire entendre la colère, l’impuissance, le désespoir, tout en « rejouant » le souvenir traumatique.
Pour autant, « [l’] amoureuse des mots »48 , rappelle combien il lui coûte de trouver le mot juste. Celle qui « a tant de choses [qu’elle] aimerai[t] raconter, / Tant d’histoires, d’images de proverbes, etc. »49 admet l’inanité du dire. Quand le langage n’est pas un parasite permanent dont « [l]es mots coulent comme une fausse couche »50, il semble lui échapper : « Les mauvais [mots] m’embrassent. / Parfois je vole comme un aigle / mais avec les ailes d’un roitelet. »51


American Woman


   Soudain, derrière la folie mystique et la fureur de vivre, se dressent la Femme et l’Amérique. Folie, Fureur et Ferveur sonne la charge contre une Amérique mortifère, marchande de mort :


« Nous sommes l’Amérique.
Nous sommes ceux qui remplissent les cercueils.
Nous sommes les épiciers de la mort.
Nous les emballons dans des caisses comme des choux-fleurs. »52


    Anne Sexton critique l’exceptionnalisme théorisé par Winthrop et rejette l’idée d’une Amérique comme modèle avancé de la chrétienté dans le monde. « L’Amérique, / où sont tes qualifications ? »53 n’hésite-t-elle pas à interpeller. La poète dénonce le puritanisme d’une société qui s’inquiète de la dégénérescence de son corps social, mais qui ne craint pas d’envoyer ses propres enfants à la mort, ni d’allumer les feux de la guerre, économique ou bien réelle, dans le monde. Dès lors, comment ne pas considérer que le dérèglement de la structure poétique soit un symptôme dénonçant une Amérique hypocrite et contradictoire ?
    L’auteure condamne également l’hérésie d’une société vouée tout entière à l’industrie du spectacle. La machine à vendre du rêve Hollywoodienne aussi bien que les féeries disneyennes empoisonnent les esprits. Elles font des femmes leurs principales victimes et passent les corps, les sexualités ou les ambitions au tamis d’un modèle normatif. Anne Sexton évoque les discordances entre les désirs individuels et les exigences sociales, laissant entendre son propre tiraillement entre sa soif de réussite et son envie de « se contenter de boire du chocolat chaud »54, comme le ferait une fillette inoffensive. Dans les poèmes sextoniens, la femme est toujours excessive ou insuffisante, en regard d’un idéal féminin américain inatteignable. Les textes accentuent le contraste entre la réalité des femmes et les attentes irréalistes de la société, nous faisant penser à ce portrait esquissé par Hélène Cixous : « L’incodable, la mal coupée ; pas assez aplatie, rognée, pas assez domestique, pas assez morte. La femme-trop : trop désirante, trop intelligente, trop malheureuse, trop heureuse, trop angoissée, trop vivante ; alors trop bruyante, trop encombrante. Celle qui en crie trop long, en hurlements ou en silence, sur la femme… »55
« Le problème quand on est une femme, Skeezix / c’est qu’on est d’abord une petite fille »56, explique Anne Sexton en soulevant des problématiques de genre. Les poèmes font entendre une confrontation aux attentes familiales et sociétales qui s’enracine presque au berceau et se transmet de mère en fille :

« Continue, continue, continue,
à apporter des reliques aux garçons,
apporter des poudres au garçons,
apporter, ma petite Linda, du sang,
au saigneur. »57


    Anne Sexton dénonce ici l’idée selon laquelle toute la destinée de la femme se concentrerait dans la séduction et le désir de plaire. Le jeu de mot entre seigneur et « saigneur »58 renforce, par sa violence implicite, le tragique de la situation. Les femmes incarnent les victimes expiatoires sacrifiées sur l’autel de l’ordre moral, religieux et social. Pour « tent[er] de survivre » sans tomber dans la « folie »59, la fillette n’a d’autre choix que d’apprendre à taire ses propres aspirations pour se conformer à celles d’autrui, avant de se retirer dans le mariage ou la maternité. Dans une société où la femme ne laisse aucun leg à sa fille, où les moyens de production et de reproduction sont entre les mains des hommes, la femme est écartée du pouvoir et renvoyée à son utérus. Anne Sexton condamne la perception de l’enfantement comme mission biologique féminine et critique le culte de la virginité pour ce qu’il est : un culte de l’impuissance féminine. La chasteté des femmes et/ou leur inactivité sexuelle hors du cadre légal du mariage s’avèrent avant tout être des moyens de préservation et de contrôle de l’ordre social. C’est pourquoi elles sont perpétuellement infantilisées : « les gentilles filles ne portent que du coton blanc. »60 pour ne plus être une menace à l’ordre public.
Que signifie être une femme dans l’Amérique des années 70 ? En s’interrogeant sur la condition féminine, la poète relève les problématiques rencontrées par les femmes ambitieuses, sexuellement actives et donc potentiellement jugées « délirantes ». Tout comme Anne Sexton dans ses poèmes, Phyllis Chesler observe que la folie est bien souvent une étiquette imposée à celles qui défient l’ordre social. Plus qu’une réalité inhérente aux femmes, la folie serait une construction sociale utilisée pour contrôler et marginaliser les femmes : « Qu’est-ce que c’est folie ? Qu’est-ce que c’est femme ? Et si nous étions toutes plus-ou-moins folles ? Si, quelque part, femme et folie s’échangeaient ? Là où la femme cesse aux yeux de (la) Loi de ressembler à son mannequin, brisant ou seulement égratignant la poupée officielle, la millénaire icône, où elle raye le miroir et devient la menace, la coupable, la vilaine Sophie-des-malheurs : si le fouet n’avait pas existé, ils l’auraient inventé pour elle. »61

Quelle folie ?


    Folie, fureur et ferveur fait diablement écho à nos problématiques modernes. Les poèmes illustrent parfaitement le flou des frontières entre réalité et illusion, comme leur manipulation dans un but de contrôle et d’oppression des individus, en premier lieu les femmes. Les questions de véracité des expériences vécues et de « réalité » des mythes transmis sont d’autant plus actuelles dans un monde où les décors de synthèse, plus vrais que nature, donnent à certains l’envie de s’immerger complètement dans le virtuel. La « folie » d’Anne Sexton nous rendrait-elle plus fous, finalement, que la surexposition, sans aucune modération de contenu ni de diffusion, à de fausses images, associées à du son factice, le tout réalisé avec tant de technicité qu’il devient impossible de distinguer le vrai du faux ? À une époque où les fake news, les deep fakes ou les audios générés par les IA distordent complètement le réel, lire Folie, fureur et ferveur, c’est avaler un contre-poison. Peut-être même peut-on se dire que la libération sextonienne des images, de la structure et du langage poétique favorisent une réaction du lecteur, un pas de côté pour observer sous un autre angle sa propre réalité.

    Folie, Fureur et Ferveur est de ces embarcations qui ne nous épargnent rien des dangers de la traversée. Elle nous précipite dans les rapides, nous fracasse contre les rochers, nous retourne l’estomac, avant de nous laisser trempés et pantelants, de l’autre côté de la rive.

NOTES

1. Sexton, A. (2025). Folie, fureur et ferveur : Œuvres poétiques (1972-1975), (Traduit par Huynh, S.), des femmes-Antoinette Fouque.
2. Shakespeare, W. (1606). Macbeth, V, 5.
« La vie est une histoire racontée par un idiot / Pleine de bruit et de fureur / Et qui ne signifie rien. »
3. Sexton, A. (2025). « La Bébée funèbre », « 5. Max », « Les Carnets de la mort », Folie, fureur et ferveur : Œuvres poétiques (1972-1975), (Traduit par Huynh, S.), des femmes-Antoinette Fouque, p. 97.
4. Blanchot, M. (1969). L’Entretien infini, Paris, Gallimard, p. 497.
5. Sexton, A. (2025). « Les saints entreront en marchant », « L’épouvantable Traversée à la rame jusqu’à Dieu », Folie, fureur et ferveur : Œuvres poétiques (1972-1975), (Traduit par Huynh, S.), des femmes-Antoinette Fouque, p. 254.
6. Ibid. « La maladie à la mort », « L’Épouvantable Traversée à la rame jusqu’à Dieu », p. 212.
7. Ibid. « Portes verrouillées », « L’Épouvantable Traversée à la rame jusqu’à Dieu », p. 214.
8. Ibid. « Rêver les seins », « Le livre de la folie », pp. 37-38.
9. Ibid.
10. Ibid.
11. Ibid.
12. Ibid.
13. Ibid. « Le docteur du cœur », « Le livre de la folie », pp. 16-17.
14. Ibid. « La furie des beaux os », « Les Carnets de la mort », pp. 106-107.
15. Ibid. « La mort des pères », « 2. Comme nous dansions », « Le Livre de la folie », p. 51.
16. Ostriker, A. (1983) Writing like a woman, University of Michigan Press, pp. 59-60.
Original: « Our original sin as humanists is a tendency to forget that nothing human is alien to any of us. This means that the crazy suicidal lady is not to be condescended to by me. It also means that she is one of the inhabitants of my own proper attic, whom I deny at my peril. »
17. Ostriker, A. (1983) Writing like a woman, University of Michigan Press, pp. 59-60.
Original: “A poem does not have to be, yet may legitimately be, "an axe for the frozen sea" of sympathy and self-recognition "within us," provided only that its language be living and its form just. »
18 .Eliade, M. (1965) Le sacré et le profane, Gallimard, p. 20.
19. Ibid.
20. Eliade, M. (1965) Le sacré et le profane, Gallimard, p. 18.
21 Sexton, A. (2025). « Est-ce vrai ? », « L’Épouvantable Traversée à la rame jusqu’à Dieu », Folie, fureur et ferveur : Œuvres poétiques (1972-1975), (Traduit par Huynh, S.), des femmes-Antoinette Fouque, p. 223.
22.Sexton, A. (2023). Transformations, (traduit par Huynh, S.), Des Femmes Antoinette Fouque.
23. Sexton, A. (2025). « Ramer », « L’Épouvantable Traversée à la rame jusqu’à Dieu », Folie, fureur et ferveur : Œuvres poétiques (1972-1975), (Traduit par Huynh, S.), des femmes-Antoinette Fouque, p. 173.
24. Ibid. « Premier psaume », « Ô vous langues », « Les Carnets de la mort », p. 145.
25. Ibid. « Deux mains », « L’épouvantable traversée à la rame jusqu’à Dieu », p. 179.
26. Ibid. « Dépêchez-vous s’il vous plaît, c’est l’heure », « Les Carnets de la mort », pp. 140-141.
27. Ibid. « Anges de l’histoire d’amour », « 1. Ange du feu et des organes génitaux », « Le livre de la Folie », p. 62.
28. Eliade, M. (1965) Aspects du mythe, Gallimard, p. 29.

29. Sexton, A. (2025). « Jésus, l’acteur, joue le Saint-Esprit », « L’Épouvantable Traversée à la rame jusqu’à Dieu », Folie, fureur et ferveur : Œuvres poétiques (1972-1975), (Traduit par Huynh, S.), des femmes-Antoinette Fouque, p. 62.
30. « USA : Poetry », documentaire de Richard O. Moore réalisé en 1966, diffusé sur la National Educational Television. Présence : Anne Sexton, Linda Sexton, Alfred Sexton, Richard O. Moore (voix-off).
31.Eliade, M. (1971) La nostalgie des origines, Gallimard.
33. Sexton, A. (2025). « Le marchand de dieux », « L’Épouvantable Traversée à la rame jusqu’à Dieu », p. 235.
34. Ibid. « Les papiers de Jésus », « Le Livre de la folie », pp. 67-79
35. Ibid. « Les papiers de Jésus », « Le Livre de la folie », p. 67.
36.Ibid. « Les papiers de Jésus », « Le Livre de la folie », p. 73.
37. Ibid. « La Terre », « L’Épouvantable Traversée à la rame jusqu’à Dieu », p. 196.

38. Ibid. « Le Poète de l’ignorance », « L’Épouvantable Traversée à la rame jusqu’à Dieu », p. 201.
39. Ibid. « Les Dieux », « Les Carnets de la mort », p. 85.
40. Ibid. « Le derrière de Dieu », « Les Carnets de la mort », p. 129.
41. Ibid. « Les Dieux », « Les Carnets de la mort », p. 86.
42. Ibid. « Le Poète de l’ignorance », « L’Épouvantable Traversée à la rame jusqu’à Dieu », p. 201.
43. Ibid. « La furie des couchers de soleil », « Les furies », « Le Livre de la folie », pp. 120-121.

44. Ibid. « La furie des couchers de soleil », « Les furies », « Le Livre de la folie », pp. 120-121.
45. Ibid. « Les furies », « La furie des couchers de soleil », « Le Livre de la Folie », pp. 120-121.
46. Ibid. « Est-ce vrai ? », « L’Épouvantable Traversée à la rame jusqu’à Dieu », p. 227.

47. Ibid. « Le silence », « Le Livre de la folie », p. 44.

48. Ibid. « Les mots », « L’Épouvantable Traversée à la rame jusqu’à Dieu », p. 244.
49. Ibid. « Les mots », « L’Épouvantable Traversée à la rame jusqu’à Dieu », p. 244.
50. Ibid. « Le silence », « Le Livre de la folie », p. 43.
51. Ibid. « Les mots », « L’Épouvantable Traversée à la rame jusqu’à Dieu », p. 244.
52. Ibid. « Ceux qui lâchent des bombes incendiaires », « Le Livre de la folie », p. 26.
53. Winthrop, J. (1630), sermon sur le navire Arabella : « We shall be as a city upon a hill... » (« Nous devons considérer que nous serons comme une ville sur une colline et que les yeux de tous les peuples nous regardent…»)
54. Sexton, A. (2025). « Ceux qui lâchent des bombes incendiaires », « Le Livre de la folie »,
Folie, fureur et ferveur : Œuvres poétiques (1972-1975), (Traduit par Huynh, S.), des femmes-Antoinette Fouque, p. 26.

55. Ibid. « L’oiseau d’ambition », « Le Livre de la folie », p. 15.
56. Cixous, H. « L’ordre mental », préface à Chesler, P. (1975), « Les femmes et la folie », traduit de l’américain par J-P Cottereau, Payot, p.8.
57. Sexton, A. (2025). « Dépêchez-vous s’il vous plaît, c’est l’heure », « Les Carnets de la mort », Folie, fureur et ferveur : Œuvres poétiques (1972-1975), (Traduit par Huynh, S.), des femmes-Antoinette Fouque, p. 132.
58. Ibid. « Mère et fille », « Le Livre de la folie », pp. 22-23.
59. Ibid. « Photo de bébé », « Les Carnets de la mort », p. 105.

60. Ibid. « Les vêtements », « Les Carnets de la mort », p. 126.
61. Chesler, P. (1975), « Les femmes et la folie », préface de Hélène Cixous, traduit de l’américain par J-P Cottereau, Payot, p.8.

    A N N E    S E X T O N 

Anne-sexton_Joanna-Rusinek

Source

■ Anne Sexton
sur Terres de femmes ▼

Transformations, Poèmes traduits de l’anglais (États-Unis) par Sabine Huynh, Préface de Sabine Huynh, Des femmes |  Antoinette Fouque, 2023
→[The Awful Rowing Toward God, 1975] in Anne Sexton, The Complete Poems, Boston, Houghton Mifflin Company, 1981 ; First Mariner Books Edition, 1999

To Bedlam and Part Way Back (Boston: Houghton, Mifflin, 1960), in The Complete Poems, Boston: Houghton Mifflin Company, 1981 ; First Mariner Books edition, 1999

→ "Live or Die" (1966) in The complete Poems, foreword by Maxime Kumin; Mariner Books,1999
→ Anne Sexton | Elisa Biagini | Due mani... Due voci
■ Voir | écouter aussi ▼
→ (sur YouTube) Anne Sexton lisant le poème ci-dessus : « Her Kind », 1966 (The Poetry Center and American Poetry Archives at San Francisco State University)
→ (sur YouTube) Short clips of Anne Sexton reciting some poetry and excerpts from home movies
→ (sur YouTube) Anne Sexton at home - 1 (VOSE)
→ (sur YouTube) Anne Sexton at home - 2 (VOSE)
→ (sur Poetry Foundation) une page sur Anne Sexton
→ (sur anne-sexton.blogspot.fr) de nombreux poèmes (12) d'Anne Sexton (+ leur traduction en français par Michel Corne)
→ (sur le blog Quelques pages d’un autre livre ouvertune bio-bibliographie (en français) d'Anne Sexton
→ (sur PoemHunter.com) Poems of Anne Sexton
→ (sur lyrikline blog) Readings to remember: Anne Sexton



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