« Dites-moi ce dont vous avez besoin, on vous expliquera comment vous en passer. » Coluche
[SANTÉ] Loi déserts médicaux : deux jours dans la vraie vie
Deux jours obligatoires par mois dans les déserts médicaux : le législateur a-t-il pensé aux conséquences pratiques ?
Les manifestations d’étudiants en médecine (les seuls, notons-le, qui rapportent de l’argent à l’État) n’y auront rien changé, le Sénat vient d’adopter une mesure que l’Assemblée confirmera probablement avec gourmandise : imposer aux médecins d’aller exercer « jusqu’à deux jours par mois » dans ce qu’ils appellent un désert médical, au risque d’une « pénalité financière […] de 1.000 euros par jour ».
Il faudra d’abord caractériser ces déserts, dont la majorité des Français constate qu’ils sont en réalité un peu partout. Il reviendra donc aux agences régionales de santé (ARS) de trouver la formule mathématique magique à douze paramètres par laquelle elles les définiront, tâche pour laquelle l’intelligence artificielle ne sera pas de trop.
Qui pour remplacer qui ?
Détail intéressant et fiction : le médecin expédié dans une plaine à corbeaux pourra se faire remplacer. Illustration avec le Dr Paul, installé à Glandage (Drôme). On lui impose d’aller travailler deux jours au Fion (Haute-Savoie). Pendant ce temps, Eusèbe peut le remplacer à Glandage. Une question vient immédiatement à l’esprit : pourquoi Eusèbe n’irait-il pas plutôt lui-même consulter directement au Fion ? Probablement trop simple… Et si Paul ne se fait pas remplacer à Glandage pendant qu’il est au Fion ? C’est simple : au grand ravissement de ses patients, il met « Faites le 15 » sur son répondeur pendant 48 heures.
