«En finir avec la pieuvre»

Publié le 23 juin 2025 par Observatoiredumensonge

Pour une fois, l’Occident est en situation de concilier ses intérêts et ses principes en faisant chuter le régime iranien.

Emmanuel Macron l’affirme : déposer le régime iranien par la force serait une erreur. « Tous ceux qui ont voulu par le passé changer des régimes par des frappes ou des opérations militaires ont commis des erreurs stratégiques », a-t-il déclaré cette semaine.

L’histoire récente lui donne effectivement raison. Le renversement de Kadhafi, ardemment soutenu par Nicolas Sarkozy, s’est révélé catastrophique. Tout comme celui de Saddam Hussein ou des talibans afghans par les Américains en 2001. Les changements de régime ont précipité ces pays dans le chaos, sans que l’Occident en tire aucun profit. Au contraire : la chute de Kadhafi a favorisé l’immigration vers l’Europe, celle de Saddam Hussein l’essor de l’État islamique. Les démocraties occidentales ont péché par orgueil, croyant qu’elles pouvaient imposer par la force leur système de valeurs. L’ancien ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine qualifie pertinemment cette vaine ambition d’« irrealpolitik ».

Mais l’histoire est la science des choses qui ne se répètent pas, disait Paul Valéry. Et il n’est pas du tout certain qu’on puisse comparer la situation iranienne à celle de la Libye ou de l’Irak. D’abord parce que Kadhafi et Saddam Hussein, tout dictateurs qu’ils étaient, étaient des facteurs de stabilité dans leur zone d’influence. Les mollahs iraniens sont au contraire des fauteurs de troubles avérés. Sans remonter trop loin dans le temps, rappelons qu’ils ont donné leur feu vert au Hamas pour que celui-ci commette l’abominable pogrom du 7 octobre 2023.

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Qu’ils fournissent à Vladimir Poutine des drones avec lesquels le président russe bombarde les populations civiles ukrainiennes.