Prolifération des taxes : une imposition qui grignote le pouvoir d’achat

Publié le 21 juillet 2025 par Observatoiredumensonge

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À force d’empiler les taxes, l’État entretient un ras-le-bol fiscal et détourne l’attention des réformes de fond.

Prolifération des taxes : une imposition qui grignote le pouvoir d’achat

Hausse des péages, factures d’électricité alourdies, écotaxes sur nos vêtements ou nos livraisons : la fiscalité française prolifère dans tous les domaines. Derrière des objectifs souvent louables – écologie, justice fiscale, sobriété – se cache une inflation silencieuse qui grignote chaque mois un peu plus le pouvoir d’achat. À force d’empiler les taxes comportementales et sectorielles, l’État entretient un ras-le-bol fiscal et détourne l’attention des réformes de fond.

600 millions d’euros par an pour la transition écologique

Début 2025, les automobilistes français constatent une nouvelle hausse – certes modérée – des tarifs de péage autoroutier. Ce renchérissement, après deux années de fortes augmentations, est révélateur d’une tendance préoccupante : l’empilement de taxes sectorielles décidé depuis 2023. En tête de liste figure la taxe sur les infrastructures de transport de longue distance, mise en place par la loi de finances pour 2024. Censée rapporter 600 millions d’euros par an pour la transition écologique elle frappe les concessions d’autoroutes et les grands aéroports via un prélèvement de 4,6 % sur leur chiffre d’affaires (au-delà de 120 M€). Officiellement, le gouvernement assure que cette mesure ne se répercutera pas sur les usagers.

Dans les faits, Vinci Autoroutes estime que la taxe lui coûtera 280 millions d’euros en 2024 et a déjà averti qu’une « hausse des taxes, c’est inévitablement une hausse » des péages, évoquant +5 % en 2025 pour compenser. De son côté, le groupe ADP (aéroports de Paris) chiffre l’impact à 90 millions d’euros sur ses aéroports parisiens et prévoit d’en répercuter 75 % sur les compagnies aériennes, c’est-à- dire… sur le prix des billets !

22 % de taxe sur les factures d’électricité

Le secteur de l’énergie n’est pas épargné par cette inflation fiscale. Après avoir été abaissée au minimum pendant la crise énergétique, la fiscalité de l’électricité est repartie à la hausse dès 2024. L’accise sur l’électricité (anciennement CSPE) – taxe finançant notamment les énergies renouvelables – a bondi de 21 €/MWh à 33,7 €/MWh au 1er février 2025, soit +60 % en un an. Certes, cela fait suite à la fin du bouclier tarifaire qui avait contenu artificiellement les prix, mais le résultat est là : les factures d’électricité ont grimpé (près de +10 % sur le tarif réglementé début 2024). Désormais, les taxes représentent environ 22 % de la facture d’électricité d’un ménage, ponctionnant d’autant le pouvoir d’achat des Français.

Le numérique n’est pas en reste. L’Assemblée nationale a voté fin 2024 le relèvement de la taxe GAFAM – cet impôt sur les services numériques des géants du Net – de 3 % à 5 % du chiffre d’affaires réalisé en France. Cette hausse, intégrée au budget 2025, vise officiellement des multinationales comme Google, Amazon ou Facebook. Mais on peut craindre qu’elle soit indirectement répercutée sur les consommateurs, par exemple via des hausses de tarifs de services en ligne ou de frais pour les vendeurs et clients du e-commerce. De même, un amendement prévoit d’étendre aux GAFAM la taxe dite télécoms qui finance l’audiovisuel public, signe que chaque opportunité est saisie pour multiplier les prélèvements sur l’économie numérique.

Une éco-contribution sur les vêtements à bas prix ?

Même nos vêtements sont concernés par cette frénésie fiscale. La filière textile française, soumise au principe du pollueur-payeur, a vu son éco-contribution (pour le recyclage des vêtements usagés) augmenter de 23 % en 2023, un surcoût répercuté sur les prix de gros et, in fine, sur l’étiquette des articles neufs. S’ajoute désormais la future loi anti-fast fashion, qui prévoit une éco-contribution spécifique pouvant aller jusqu’à 10 € par article pour les vêtements à bas prix, souvent importés et livrés rapidement. Officiellement destinée à freiner la mode jetable, cette taxe frappera surtout les jeunes et les ménages modestes, premiers clients des plateformes visées comme Shein ou Temu. Là encore, c’est le consommateur final qui risque de trinquer.

Au-delà de ces exemples, c’est toute une dynamique inflationniste de la fiscalité française qui se dessine : chaque année apporte son lot de nouvelles taxes spécifiques, ajoutées aux précédentes sans que leur efficacité soit vraiment évaluée. On assiste à un empilement de taxes sectorielles souvent inefficaces, qui alourdit la facture finale pour les particuliers sans apporter de solution structurelle aux problèmes visés (transition écologique, régulation du numérique, etc.). La France affiche déjà un niveau de prélèvements obligatoires record – près de 45 % du PIB en 2022, de loin le plus élevé de l’OCDE – et les trois quarts des Français jugent le niveau d’imposition « trop élevé ». Le ras-le- bol fiscal s’installe : beaucoup de contribuables ont le sentiment d’être étouffés par une pression fiscale qui monte plus vite que leurs revenus. En témoigne l’émergence de la tendance « c’est Nicolas qui paye » sur les réseaux sociaux, expression virale d’un mal-être fiscal croissant parmi les jeunes actifs, qui dénoncent une ponction disproportionnée sur les trentenaires au profit d’autres catégories de la population.

Il faut une réforme fiscale ambitieuse