En résumé :
- le président est devenu une obsession médiatique;
- l’actualité d’ici est reléguée au second plan;
- la visibilité comme source de pouvoir.
On parle trop du président américain. Son nom est devenu comme un aimant à clics, une switch on/off qui allume les salles de nouvelles. Chacune de ses déclarations, chacun de ses gestes, chaque controverse devient une nouvelle de la plus haute importance. Comme si on était obligés d’être les spectateurs de cette folie humaine. Et comprenez-moi bien : le problème n’est pas de couvrir l’actualité américaine. Le problème, c’est l’obsession.
Une couverture médiatique devenue réflexe
Ce président a toujours su maîtriser l’art de capter l’attention. Ça, on peut lui donner ça. Les médias, eux, ont compris que son nom fait grimper l’audimat. Ça aussi, on peut leur donner ça. Il provoque, on publie. On publie, il gagne de l’espace pour provoquer encore. Une boucle sans fin. Cette mécanique transforme l’information en spectacle permanent, où la quantité écrase la qualité, ou pire encore, le discernement.
Quand ici passe après le président américain
À force de regarder Washington à la loupe, même quand il ne se passe rien de si intéressant, on oublie nos enjeux à nous. Nos problèmes locaux disparaissent derrière une avalanche de manchettes américaines, de frasques ou déclarations Trumpistes. Nos sites de nouvelles finissent par ressembler à des succursales de chaînes étrangères, avec un fil d’actualité qui parle plus des États-Unis que de nos propres régions.
La visibilité, c’est du pouvoir
À trop donner d’importance à quelqu’un, on finit par lui donner la certitude qu’il en a. La surmédiatisation nourrit la bête. Chaque minute d’antenne ajoute une brique à son omniprésence, même quand la nouvelle est là pour critiquer.
Évidemment, cette chronique-ci, c’est déjà entrer dans l’arène. Dénoncer la surmédiatisation du président, c’est encore prononcer son nom (que j’ai choisi de ne pas mettre dans le texte), ajouter une ligne de plus au vacarme ambiant. Je participe moi-même à ce cirque médiatique que je critique. Je nourris la bête en expliquant pourquoi on ne devrait pas la nourrir. Mais se taire complètement, c’est aussi lui laisser le champs libre…
Reprendre le contrôle
Informer n’est pas amplifier. Les médias ont le devoir de hiérarchiser. Couvrir quand c’est nécessaire, pas chaque fois qu’une petite chose se passe. Il faut redonner de l’air à l’actualité d’ici. Parce qu’à force de parler trop fort d’un seul homme, on finit par oublier tout le reste. Et dans ce cas-ci particulièrement, il me semble que le reste est pas mal plus important que l’homme.
L’article Président américain : nourrir la bête est apparu en premier sur Hugo Bourque - rédacteur, auteur & Madelinot.
