D'une maudite nuisance sonore, et comment y répondre. Le geste déicide (ou presque) de Ludwig Hohl.À la Maison bleue, ce dimanche 20 septembre. – J’étais hier soir en mal de kalachnikov dont j’eusse canardé le ciel par manière de protestation, après dix heures d’insupportable boucan, sous nos fenêtres exactement, produit non par un orchestre ni le moindre musicien vivant mais par un parc de machines déchaînées POUR RIEN, et quasiment pour personne – à peine quelques asticots humains gigotant sur place, à seule fin de secouer les structures du marché couvert et tout le quartier à l’avenant, notre innocent immeuble à jolies vérandas (style 1900, tu vois quoi) martelé des caves aux combles par cette espèce de marteau piqueur odieux juste bon à se planter dans le fondement du syndic du coin…Canarder le ciel – et non l’humaine personne, sacrée malgré son éventuelle imbécillité – m’a rappelé le geste de l’écrivain Ludwig Hohl, génie du souterrain sortant de sa propre cave pour tirer un coup de revolver en pleine nuit, au point d’alerter l'Agent de service : « Eh bien Monsieur Hohl, est-ce bien vous qui avez tiré un coup de revolver tout à l’heure ? » Alors Hohl : « Jawohl Monsieur l’Agent, c’et bien moi ». Et l’Agent : « Mais qui visiez-vous donc, Monsieur Hohl ? ». Le scribe grave répondant : « Je visais Dieu ! ». Et L’Agent : « Diable, et L’avez-vous atteint ? ». Alors Hohl satisfait ; « Jawohl, je crois, un peu, au pied… »