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Le poids des chiffres, le choc des photos

Publié le 19 octobre 2008 par Fbaillot

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En ces journées de pouls boursier particulièrement agité, il est facile de se laisser envahir par le vertige des chiffres. Je trouve personnellement que l’époque permet de relativiser des sommes qui n’ont pas grand’ chose à voir avec celles qu’un père de famille, fût-il maire d’une commune de 3500 âmes, peut rendre palpables.

On estime que le montant des produits dérivés sur les seuls taux d’intérêts représentait avant la grande saga de la dégringolade, environ 4,5 millions de milliards de dollars ! Vous avez bien lu, mais cela ne vous dit rien. Pour mieux vous fixer un ordre d’idée, le produit national brut américain est estimé à un peu moins de 14 000 milliards de dollars. Une paille…

Quant au PNB français, j’ose à peine vous avouer qu’on l’estime à … 2 000 milliards de dollars. Vous comprenez que certains ne puissent s’empêcher d’exprimer quelques doutes lorsque les 27 chefs d’états européens annoncent triomphalement avoir mis sur la table près de 1700 milliards d’euros (2200 milliards de dollars) pour venir en aide aux établisements financiers. Maintenant que la finance virtuelle a rattrapé la vraie vie, la volonté des états à réguler les marchés financiers ressemble à celle d’un torero seul face à un troupeau de taureaux fumants et baveux…

Mais je m’étrangle vraiment quand au même moment je découvre quelques chiffres divulgués par la FAO, le fonds des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture. L’organisation explique à propos de la journée mondiale de l’alimentation que pour mettre fin durablement au problème de la malnutrition dans le monde, il est nécessaire de mobiliser … 30 milliards de dollars (22,2 milliards d’euros). En juin dernier, les chefs d’état de toute la planète s’étaient engagés à “donner” 12,3 milliards de dollars à ce sujet. Ils ont effectivement versé à ce jour… 1 milliard !

La FAO précise par ailleurs que depuis le printemps dernier, la planète compte 75 millions de malnutris supplémentaires.

Très modestement, à travers ce blog, je crois de mon devoir de m’adresser aux chefs d’états de la planète et leur dire que certes, il faut sauver le soldat Banquier. Mais il faut en même temps lutter un peu sérieusement contre les véritables fléaux que constituent la faim et la misère dans notre monde présent et à venir. Faute de quoi, les malnutris et autres damnés de la terre viendront dans nos maisons manger les quelques économies que les traders ne nous auront pas transformées en poussière…


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