Une place pour un écrivain

Publié le 22 octobre 2008 par Fuligineuse

J’aime beaucoup les livres de Hanif Kureishi, cet auteur britannique d’origine anglo-pakistanaise. Depuis Black Album, le premier que j’ai lu il y a une dizaine d’années, en passant par Le Bouddha de Banlieue et le très beau Intimité, adapté au cinéma par Patrice Chéreau, je suis ses parutions. Kureishi réunit l’humour et la sensibilité d’une manière très personnelle. Il « incarne bien cette capacité à ressaisir, par la fiction, des situations significatives de cette fin de siècle, sans jamais donner dans le simplisme démagogique ou le socio-journalisme. Les personnages de Kureishi ressemblent assez à ceux de Tchékhov ou de Simenon, tous plus ou moins pris au piège, doucement paumés ou carrément en perdition, mais combien attachants sous le regard fraternel et gouailleur de l'écrivain. » (Jean-Louis Kuffer)

Aussi quand j’ai appris (chez Pierre Assouline) que Kureishi serait à Paris le 21 octobre, à la librairie L’Ecume des Pages (l’autre grande librairie de St-Germain des Prés), j’y ai accouru. Il m’a fallu un peu de patience, car la rencontre annoncée à 18 h 30 avait lieu finalement à 19 h. Mais ce n’est pas un problème quand on a dans une grande librairie tant de livres à découvrir, dont certains que je n’aurais sans doute pas connus autrement. Enfin Kureishi est arrivé, accompagné de ses deux fils (ou de deux de ses fils, je ne sais pas s’il a d’autres enfants). Avant de commencer, il a d’ailleurs demandé « where are the boys ? » Assez petit, plutôt trapu, les cheveux presque blancs frisés (quel âge a-t-il ? certains sites le disent né en 1948, d’autres en 1954), charme et prestance.

Ce genre de rencontre, il faut bien le reconnaître, est d’intérêt limité, les gens viennent surtout pour faire dédicacer leurs livres, et moi pas, étant donné que je n’achète pratiquement que des éditions de poche ou des livres d’occasion. C’est pure curiosité et superficialité de ma part, donc. Il y a eu une discussion assez brève, étant donné que HK ne parle pas français et que la plupart des personnes présentes ne parlaient pas anglais, ou pas assez pour se risquer. Quelques questions ont été posées, notamment sur la place où se situe un auteur issu de cultures diverses (HK disant que ce problème d’ « appartenance » est évidemment l’un des éléments qui l’ont poussé à écrire pour se créer cette place), sur la crise actuelle (il a commenté à ce sujet les rapports entre l’argent et la honte). Puis on est passé aux signatures et je me suis éclipsée.

Je ne lirai sans doute pas son nouveau livre, Quelque chose à te dire (Something to tell you, traduit de l’anglais par Florence Cabaret, chez Christian Bourgois) avant quelques mois. Mais tous les autres existent en poche, pour notre bonheur de lecteurs.


Fuligineuse


Il existe un site « officiel » de HK mais curieusement, il s’arrête à 2001.

Images : affiche du film Intimité chez Allociné, portrait de HK sur le site "officiel", couverture de Quelque chose... chez Amazon.