merci mon général....

Publié le 04 décembre 2008 par Tdeb

Simone et Jacques Pâris de la Bollardière

Jacques de Bollardière

Né le 16 décembre 1907, Jacques Pâris de Bollardière est décédé le 22 février 1986.

Officier sorti de Saint-Cyr en 1930, résistant de la première heure, Jacques de la Bollardière rejoint l’Angleterre en juin 1940 et participe à tous les combats des F.F.L. ; il a été le soldat le plus décoré de la France libre, grand officier de la Légion d’honneur, compagnon de la Libération.

Après un commandement en Indochine à la tête des troupes aéroportées, il est muté en Algérie en 1956 et est nommé général en juillet de la même année.

En 1957, pendant la bataille d’Alger, en désaccord avec la stratégie gouvernementale et l’emploi de la torture, Jacques de Bollardière demande à être relevé de son poste et rentre en France. A la demande de Jean-Jacques Servan-Schreiber, son ancien subordonné et directeur de l’Express, il écrit dans l’édition du 29 mars 1957 ; dès lors, la pratique de la torture par l’armée française n’est plus un secret.

En 1961, suite au putsch des généraux, il quitte l’armée : « Le putsch militaire d’Alger me détermine à quitter une armée qui se dresse contre le pays. Il ne pouvait être question pour moi de devenir le complice d’une aventure totalitaire ».

Jacques de Bollardière est le seul officier supérieur à avoir condamné ouvertement la pratique de la torture pendant la guerre d’Algérie : "La guerre n’est qu’une dangereuse maladie d’une humanité infantile qui cherche douloureusement sa voie. La torture, ce dialogue dans l’horreur, n’est que l’envers affreux de la communication fraternelle. Elle dégrade celui qui l’inflige plus encore que celui qui la subit. Céder à la violence et à la torture, c’est, par impuissance à croire en l’homme, renoncer à construire un monde plus humain."

Après sa démission, il prolongera ce choix par un engagement pour la non-violence, en participant notamment à la création du Mouvement pour une Alternative Non-violente (MAN).

Le message du Général de Bollardière est plus que jamais d’actualité.


Dans un article écrit pour Libération le 6 juin 1982, suite à la découverte en Algérie dans l’ancien secteur militaire français de Khenchela d’un charnier de plus de 900 personnes, Jacques de Bollardière écrivait sous le titre « Une exigence commune de vérité » :

« Notre vie collective n’a de sens que si elle se fonde sur un besoin de solidarité mais aussi sur une exigence commune de vérité. L ’homme n’est pas fait pour se soumettre passivement à la volonté de puissance de quelques-uns mais pour se servir librement de ce qui fait de lui un être humain : sa matière grise.

Si nous ne luttons pas chaque jour pour exiger le droit d’être informé et de nous exprimer librement, la politique dans notre propre pays ne sera jamais qu’un moyen terriblement efficace pour empêcher par la persuasion ou la contrainte, les hommes de penser et de construire ensemble un monde vraiment humain. »