Magazine Journal intime

Le niais, la lourde et le gluant

Publié le 04 février 2009 par Boo
Le niais, la lourde et le gluant

Quand on s'est rencontré, et bien avant de se décider à présenter nos papilles respectives, déjà on se moquait.
Moi de sa niaiserie.
Lui de ma trasherie.

Fleur bleue, bêta, romantico-gnangnan et résolument ingénu : c'est lui, Niais-man.
Goujate, lourde, brute de décoffrage et pas un brin glamour : c'est moi, Trash-girl.

Avant qu'il y ait un chez nous...
Chez lui, il y avait les peluches de Winnie l'ourson et de Bourriquet installées sur le bureau.
Chez moi, mes soutifs traînaient sur le dossier des chaises et le poster de Marilyn Manson nous regardait faire caca (ah oui aujourd'hui, c'est billet fin et parfumé, vous êtes prévenus).

Mais le moins qu'on puisse dire, c'est que je ne l'ai pas pris en traître : 5 ans d'amitié avant de tenter une percée, ça lui a laissé du temps pour appréhender la bête (c'est moi, la bête).
Je lui ai toujours dis : je ne suis pas une vraie fille.
Il me répondait : tu crois que j'ai pas vu que ta culotte était rose ?
Et quand je lui faisais remarquer que si elle était rose, c'est parce que je l'avais lavée avec une chaussette rouge, il répondait juste qu'on irait faire les soldes chez Etam un de ces jours.

Un optimisme inébranlable.
(là j'me sentirais bien d'ajouter un petit jeu de mot foireux, mais point trop n'en faut, non ?)

Quand il est heureux, il dit : j'suis heureux
Quand je suis contente, je dis : TAWAAAAH ! trop d'la bombe bébé !

Depuis que nous avons décidé de réunir nos personnalités (ok : depuis que je suis rentrée dans son lit et que j'ai plus voulu en sortir), nous nous auto-travaillons au corps pour : moi lui faire quitter le pays des Bisounours, lui me transformer en fille avec des vrais bouts de Laura Ingalls dedans.

Et on en a chié ! Et en fait, pour être bien honnête, aucun de nous deux n'est réellement arrivé à ses fins.

Il est toujours aussi niais.
Je suis toujours aussi trash.

Mais laissons la place à l'exemple :

Lui : je t'aime
Moi : ... comme un gnou, comme une pizza, comme une part de gorgonzolaaaaaa-a-a-a !

Lui : j'aimerais que nos enfants aient tes yeux
Moi : en tout cas s'ils ont ma cellulite je propose la noyade ou le retour à l'expéditeur

Lui : j'adore te serrer très fort dans mes bras comme ça !
Moi : moui, t'as surtout très envie de tirer ton coup...

Il s'y est fait. Il a bien fallu.
Et comme, bien que niais, il n'en est pas pour autant stupide, maintenant il m'attend au tournant.
Je le soupçonnerai même d'être déçu, si un jour je me laissais aller à un soupçon de ... comment dire... fill'atittude ?

Et du coup... et bien du coup, c'est moi qui suis bien emmerdée.
Parce que des fois, voyez vous, j'aurais bien envie de me laisser aller à deux trois petites répliques bien gnangnans.
Quand la bouffée d'amour me prend à la gorge, là comme ça, sans prévenir, quand mes yeux s'embuent et que mon cœur se met à battre à 300 à l'heure, quand ça menace de faire péter trois côtes au fond de ma poitrine... dans ces moments-là, ça en deviendrait même un besoin vital, de dire un truc beau. Il faut que ça sorte. Mais...

Irrécupérable...


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