Un jeune homme qui fait 50 km le matin et le soir pour voir son amoureuse. Le vélo bleu avec des sacoches de ma mère que je prenais pour des balades après le dîner puis pour aller travailler l’été en usine pendant que j’étais étudiante. Ce même vélo que je mettais dans le train pour pouvoir aller de chez ma grand-mère à la campagne vers la ville la plus proche. Mon premier vélo de femme pour aller et revenir du travail ; seize kilomètres par jour. Parfois sous la pluie, on arrive trempé et on reste « chien mouillé » toute la journée. Parfois la neige qui s’insinue dans le col du blouson et qui vous glace peu à peu. Parfois le soleil qui tape sur la tête et en arrivant, le voisin-ami qui vous dit : « Mais tu es toute rouge ! » La tête qui tourne, des papillons devant les yeux ; l’insolation. On prend une douche prudente et on repart avec un chapeau. Le vélo c’est une métaphore de la vie. Le plat, la paix pour pédaler et vivre tranquillement. Les descentes avec le vent dans le dos où tout s’accélère avec la passion dans le cœur. Les montées avec le vent en pleine face ; on souffle et on soupire en attendant que ça passe. Les chutes lourdes, les échecs qui font mal au corps et blessent la fierté. On passe par-dessus le guidon et on rate quelque chose.
Le 10 juillet 2008.
Photo:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Bicyclette
Ce texte fait suite à de nombreuses notes sur le vélo "professionnel" et à des commentaires le critiquant. Je n'y ai pas répondu mais j'avais envie de parler du vélo...
Photo perso de mon vélo