Amant et obstinés

Publié le 31 mars 2009 par Alainlecomte

Après-midi au Musée du Luxembourg… après quelques ronds obstinés sur la place de l’Hôtel de Ville.


(171ème heure de Ronde des Obstinés)

Pécresse en avalerait ses lunettes.
http://www.rtl.fr/fiche/4113952/valerie-pecresse-malgre-les-perturbations-l-annee-universitaire-est-recuperable-video.html
Elle bosse, elle. Sinon, elle ne pourrait pas en même temps « gérer » les dossiers de son ministère, se préparer à remplacer Rachida à la Justice et commencer à battre campagne pour les régionales… et moi, pendant ce temps, je vais au Musée du Luxembourg.

Quelle affaire m’y amène donc ? Vous l’avez deviné : je suis un fan de Lippi. Le père. Le frère. L’amant (on s’y reconnaît plus). Oui, c’est celui que je préfère : sortant du Moyen-Âge, donc encore innocent des trucs et des maniérismes qui viendront plus tard, et ouvrant la voie à la peinture des corps. L’exposition actuelle regroupe des œuvres exposées d’habitude à Prato. Parmi elles : la Vierge de la Ceinture. Elle est en train d’embarquer pour l’au-delà (l’assomption) mais avant de partir, elle dénoue sa ceinture et l’offre à ses admirateurs. On sent les plis de la robe se détendre. On perçoit le corps souple et tranquille. Le coup d’après, c’est sûr, elle aurait quitté la robe. Carrément. Pour s’offrir à nous dans sa nudité charmante. Mais ne rêvons pas, nous ne sommes qu’en plein XVème siècle et Lippi est un moine.

Et pourtant… il profite de toutes les occasions, de toutes les saintes et de toutes les Vierges à représenter pour nous suggérer la beauté corporelle. Du reste, c’est bien simple et l’affaire est connu : il est tombé follement amoureux d’une nonne, la Frabrizia, et il lui a même fait un enfant, puis deux. Scandale. Cosme de Médicis heureusement veille sur les tourtereaux (cela est très bien raconté par Sophie Chauveau, dans « la passion Lippi »). Ce temps était quand même un temps de liberté (vous imaginez avec la Boutin ?). Et voilà notre Filippo qui n’a en réalité qu’une envie : peindre sa belle (puis leur bébé) sous les traits de Marie, de Marguerite… peu importe.

Bref, peindre et faire l’amour.