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Comment obtenir de jolis verts en aquarelle : mélanges ou verts du commerce ?

Publié le 08 avril 2009 par Masmoulin

Le vert est, on se sait, la couleur la plus répandue dans la nature. Par voie de conséquence, c’est la composante majeure des paysages ruraux. C’est moins vrai, pour les marines, la montagne, et bien entendu, ce qu’il est convenu d’appeler les « paysages urbains », voir industriels.

Ma récente aquarelle « Montée des mimosas » où le vert et le jaune dominent a suscité des commentaires, ici sur mon blog, mais aussi sur l’un des forums que je fréquente. Quelqu’un s’est notamment demandé si « le vert un peu trop vert ? » Cela m’a amené à faire une petite étude pratique sur la couleur verte en aquarelle. J’espère en tirer partie dans mes prochaines réalisations de paysages.

J’ai d’abord été voir du côté des fabricants et j’ai donc consultés leurs nuanciers ou chartes. J’ai ensuite fait « ma petite cuisine »

Les couleurs préparées

par les fabricants

On trouve bien entendu chez les fabricants de nombreuses nuances de verts, que j’appelle les verts « du commerce ». J’ai rassemblé dans les deux documents ci-dessous, les extraits, relatifs à la couleur verte, dans les nuanciers des fabricants européens. La lisibilité n’est pas toujours au rendez-vous. Pour pallier cet inconvénient je vais mettre,  dans un billet séparé, les liens pour télécharger ces nuanciers. Comme la plupart du temps, chacun utilise ses propres appellations et il est difficile de comparer.

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Les couleurs obtenues par mélanges

On sait que la couleur verte est obtenue par le mélange de deux “couleurs primaires”, le jaune et le bleu. J’ai fait des expérimentations de ces mélanges. J’ai utilisé de la couleur en demi-godet. J’ai préparé chaque couleur sur une palette. J’ai ensuite procédé aux mélanges, par parts égales, toujours sur la palette, avec des pinceaux nettoyés avant chaque opération. Bien entendu, lorsque l’on modifie les proportions, on obtient des teintes, à “tendance jaune” ou à “tendance bleue», plus ou moins marquées. Enfin, il est certain que les mélanges réalisés par diffusion des deux couleurs directement sur le papier aurait été une solution préférable. Mais pour des raisons pratiques de mise en ligne j’y ai renoncé. Il est bien sur préférable de le faire, lorsque l’on prépare les mélanges d’une aquarelle en cours de réalisation. L’on peut discuter à perte de vue sur le choix des couleurs primaires. La plupart ne sont pas tout à fait pures et contiennent des traces plus ou moins importantes des autres couleurs primaires.

Bien entendu mes mélanges de Moira Clinch. Dans son ouvrage, « Aquarelle – Plus de 2700 mélanges » elle expose sa méthode : « J’ai utilisé un compte-gouttes et des aquarelles en tubes. Je les ai diluées à raison de 5 ml de couleur pour 20 ml d’eau. Avec ces dilutions j’ai préparé des mélanges en proportion de 60/40.

http://www.eyrolles.com/Loisirs/Livre/aquarelle-9782212117943?PHPSESSID=

Voici mon tableau de mélanges des verts. J’ai retenu les couleurs Winsor & Newton suivantes :

Les jaunes : Transparent 653 -Citron 347 -Gomme Gutte 267 – Indien 319 Terre de Sienne naturelle 552

Les bleus : Turquoise de cobalt 190 – Cæruleum137 – Phatlo 526 – W&Nvert 707 – W&N rouge 709 – Prusse 010 – Cobalt 178 – Outremer 263 – Indigo 322.

tableau-des-melanges-verts-3.1239168921.JPG

 J’ai par ailleurs réalisé des « essais autour des verts ». J’ai d’abord comparé un certain nombre de verts du commerce avec mes mélanges. On y retrouve : le vert de vessie, le vert de Hocker, le vert Viridian, le vert W&N tendance bleue, le vert olive, le vert de pérylène, le vert de cobalt, le vert vif. J’ai ensuite procédé avec les mélanges de vert ci-dessous procédé à l’ajout d’une couleur supplémentaire. Il est important de ne pas faire le mélange des trois couleurs en même temps, mais de le faire en deux étapes : jaune + bleu = vert + ajout d’une couleur. J’enfonce des portes ouvertes : avec l’ajout de jaune transparent W&N, les verts sont plus jaunâtres. L’ajout de bleu cæruleum produit des verts sont plus bleutés. Si j’incorpore du violet W&N je n’obtiens un vert qu’à partir du vert vif. Les autres résultats sont des gris et des marrons. Avec des nuances différentes, les résultats sont comparables avec l’alizarine cramoisie. A noter qu’avec des rouges plus forts le rouge et le vert on obtient des nuances proches du noir. Enfin si j’incorpore des couleurs fortes, comme par exemple l’outremer ou l’indigo, j’aurai des verts plus profonds. C’est un peu la même chose si j’utilise un marron de pérylène. Tout est question de dosage entre les différentes composantes. Mais je le redis, pas de mélange, en même temps, de trois couleurs, et encore moins de quatre, sinon cela risque de donner de la gadoue.

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C’est ce type d’approche que propose Jeanne Dobie, dans son célèbre ouvrage « Faire chanter la couleur à l’aquarelle »

Je joins donc à titre d’illustration la page 31 de ce livre, titrée: « la création d’une gamme de verts. Pour conclure, je pense que le secret des beaux verts, c’est outre la constitution d’une charte, se sont les “bouts d’essai” que l’on doit systématiquement faire lorsque l’on commence une aquarelle. Sinon, la recherche de nuances en cours de réalisation risque de décevoir.Voici de bonnes directives, que j’ai  souvent du mal à respecter dans le feu  de l’éxécution, d’où la question le vert un peu trop vert ? »

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Je joins en annexe les documents repris dans le corp du billet, en format pdf afin dans faciliter la lecture

annexe-sur-le-vert.1239193417.pdf


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