Mgr Antony et P. Païssios

Publié le 22 avril 2009 par Moinillon

L’archevêque Antony termina son allocution par les paroles suivantes :

« Qu’y a-t-il de plus important pour nous, l’Église même avec ses forces vivantes ou ses représentants temporaires, peut-être indignes ? Romprions-nous en raison de ceux-ci avec l’Église Universelle, dans laquelle la majorité pense comme nous, dans laquelle souffle, malgré toutes nos indignités, l’Esprit Saint ? Qui punirons-nous ainsi ? Seulement nous-mêmes ! » (*)
Informé de ce geste courageux de l’archevêque Antony par un pèlerin de Paris, le célèbre staretz athonite Païssios (Eznepidis, † 1994) dit à celui-ci : «Votre Antony est un héros ! Il n’est ni avec les uns («œcuménistes»), ni avec les autres (les «zélateurs irraisonnés») !»


(*) Lors du Concile de la Diaspora à Jordanville en 1974, Mgr Antony se prononça de façon décisive pour l’unité orthodoxe et contre l’auto-isolation de l’Église Russe à l’Étranger, définissant ainsi le devoir de ladite Église ainsi :
1) «Garder la pureté de la foi orthodoxe, repoussant toutes les tentations venant de l’athéisme et du modernisme. En d’autres termes, cheminer sur la voie inscrite dans les «tables de la loi» de notre Église.
2) Être la voie courageuse et libre de l’Église du Christ, dire sans compromis la vérité et la justice, ce que firent jusqu’à présent nos Primats.
3) Disposant de la liberté, être condescendants envers ceux qui ne l’ont pas, ne pas les condamner avec légèreté, mais comprendre, soutenir, manifester l’amour fraternel.
4) Garder et estimer l’unité ecclésiale, nous considérant comme une partie de l’Église du Christ universelle vivante, et représenter dignement en elle l’Église Russe.
5) Éviter lorsque nous le pouvons, de nous «auto-isoler», car l’esprit de l’Église unit et ne divise pas. Ne pas chercher d’hérétiques là où il n’y en a peut-être pas, craignant toute exagération dans ce domaine.
6) Appeler les Orthodoxes russes qui se sont séparés de nous ainsi que leurs pasteurs à l’unité ; non par des sanctions, mais par l’amour fraternel au nom de l’Église Russe souffrante et de la Patrie très éprouvée.
7) Tourner le visage vers la Russie renaissante, tendre la main là où cela est selon notre force».
(Conférence prononcée au Concile de la Diaspora 1974, sous le titre « Notre Église dans le monde contemporain » (inédite)
(Extrait de la biographie succinte de l'archevêque Antony de Genève — 1910-1993)