SUN ART ou l’été africain d’un village de Provence

Publié le 15 mai 2009 par Icipalabre

Coup d’oeil sur le Festival Sun Art 2009 de Lourmarin, 9-12 juillet 2009

Le Vaucluse a rendez-vous cet été avec la création africaine d’aujourd’hui. Il n’est guère étonnant donc qu’Ici Palabre y jette un oeil curieux.
C’est dans la ville de Lourmarin, l’un des “plus beaux villages de France” à la croisée d’ Apt et Aix-en-Provence (pour la latitude) et de Cavaillon et Manosque (pour la longitude), que l’association ODC (Osmose, Développement et Cultures) a choisi de lever le rideau le 9 juillet prochain sur ce qui promet d’être l’une des plus intéressantes manifestations estivales de l’hexagone.
Outre une programmation alléchante, c’est la démarche des organisateurs, guidée par le souci d’offrir aux expressions artistiques du continent une visibilité renouvelée et plus respectueuse des particularismes culturels, qui conduit tout naturellement Ici Palabre à tourner ses projecteurs vers un événement aussi ambitieux que prometteur.
“Rencontres, partage et élégance”… c’est en ces termes en effet que l’association ODC entend décrire une conception de la médiation culturelle relativement inédite, un concept qui s’attache autant à la qualité du transfert qu’à son contenu. Un festival, en effet, ce n’est pas simplement des artistes sur scène et une foule de vacanciers assoiffés sous un chapiteau. Si divertissements et “enjaillements” en tous genres sont bien prévus à l’affiche du Festival Sun Art, il y aussi en amont une réflexion originale de l’équipe organisatrice sur la nécessité d’optimiser les conditions d’un dialogue interculturel. Souvent biaisé pour ne pas dire faux et inexistant dans les circuits institutionnels et commerciaux de la diffusion culturelle, et ce en dépit d’annonces tapageuses plus destinées à convaincre les bailleurs de fonds que le consommateur final, le dialogue des cultures s’inscrit en effet en lettre d’or sur le fronton de ce festival vauclusien . Promesse est faite de ne point en banaliser la substance et de bâtir en l’espace d’une semaine les fondations d’une véritable interpénétration entre acteurs et spectateurs, entre l’imaginaire africain et les mentalités occidentales, entre les rêves d’exotisme et la découverte de réalités culturelles lointaines. Osmose, voire symbiose, le défi de Sun Art 2009 est des plus respectables car il ambitionne de changer efficacement la perception dominante d’une Afrique écrasée et malade, et de faire jaillir d’un néant collectivement consenti les faisceaux lumineux et les gestes fraternels qui signent la beauté et l’élégance (en effet) de la création africaine actuelle. Il a le mérite d’ores et déjà de mettre en lumière la nécessité impérieuse face à laquelle nous sommes tous désormais, à l’ère d’une mondialisation plus souvent profanatoire que tolérante, d’admettre l’altérité et la différence avec l’objectif constant de comprendre.

Heureux les habitants de Lourmarin qui verront défiler sous leurs yeux une quarantaine artistes parmi les plus talentueux de l’Afrique sub-saharienne, et par ailleurs bons copains d’Ici Palabre tels qu’Adam Adepoju alias “Taxi-conteur” , ou encore les kora-heros de Ba Cissoko qui, depuis quelques années, ont provoqué une petite révolution de la scène musicale mandingue en branchant des pédales disto entre leur calebasse à cordes et leur Marshall à tubes. Sous l’oeil avisé du percuteur légendaire Brice Wassy, la programmation musicale arbore la bannière d’un éclectisme raisonné, puisque à la soirée “Dub Reggae & World music” du 10 juillet (petite erreur les amis, -il fallait bien que je trouve une faille- Ba Cissoko ne sonne “World Music” qu’aux oreilles peu éduquées d’un chef de rayon disque chez Leclerc, “Electro Mandingue” aurait été plus approprié), succéderont les tendances “Blues & Afrobeat”(le 11 juillet) également très présentes sur la scène musicale africaine actuelle.


Ba Cissoko/ Concert au CCFAR de Djibouti, mars 2006 (Photo de l’auteur)

Le Festival Sun Art 2009, parrainé par la comédienne Aïssatou Thiam, c’est aussi la transposition au coeur d’une des plus belles cités de Provence, d’un “village africain” où le public qu’on souhaite nombreux pourra goûter sans doute un bon maffé, un poison sauce gombo ou un foutou-igname. Tout est prévu pour combler les sens et l’esprit: expositions d’oeuvre d’art, débats littéraires, contes pour enfants, danse, théâtre et même un bal lors de la soirée d’ouverture le 8 juillet. Nul doute qu’avec la pléiade d’artistes retenus, les rues du village s’animeront de couleurs sonores et de palabres improvisées dont -en Afrique en tout cas - on ne sait jamais trop quand elles se terminent…

Jean-Michel NEHER
jm@icipalabre.com

L’Afrique est vaste, et les Africains nombreux et pourtant…

…voici l’auteur de ces lignes en compagnie des Ba Cissoko à gauche, Taxi-conteur au centre, et Brice Wassy à droite…

Il ne sera pas dit que cet article a été influencé par ma sympathie et mon amitié pour la très dynamique Cécile Castera, assistante de chef de projet au sein de l’équipe de Sun Art ! Qu’elle soit vivement remerciée pour toutes les informations transmises.


CONTACTS SUN ART

ASSISTANTE CHEF DE PROJET Cécile CASTERA Tel : +33.6.25.85.43.38
E-mail : festivalsunart@gmail.com
PROGRAMMATION MUSICALE Brice WASSY Tel : +33.6.35.46.38.78
E-mail : bwassy@free.fr
RELATIONS PRESSE Myriam BOUDJEROUDI Tel : +33.6.72.92.62.92
E-mail : myriamhouse@gmail.com
COORDINATION GENERALE Hélène BUISSON Tel : +33.6.64.81.09.67 / Jean-Folly KPODAR Tel : +33.6.76.87.58.35
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OSMOSE, DEVELOPPEMENT ET CULTURES Association loi 1901 à but non lucratif / Route d’Apt / Chemin de Lauzière / 84 160 Lourmarin
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