Dans la série réflexions en passant.Je me disais, en lisant le billet de Tiphaine, poignant billet de salubrité publique soit dit en passant tellement je crois que ceux qui osent comme elle s'attaquer et le dire à leurs démons, je me disais, donc, en lisant, que ce que l'on cherche peut-être bien dans le regard de l'autre, des autres, et ce quel que soit le mot que l'on met sur ce que l'on cherche, n'est-ce pas le désir de donner corps à son propre regard ? Finalement ? N'est-ce pas son propre regard sur soi que l'on tend aux autres au point de se regarder avec tous ces yeux braqués dont certains même ne sont pas braqués ? Comme on remettrait des clés à quelqu'un en lui disant, vas-y, ouvre ma porte, moi je ne sais pas faire.
Je me disais, l'autre jour au boulot, en écoutant une collègue venue me parler et dont je ne comprenais pas franchement et là où elle voulait en venir et au juste ce qu'elle disait, non que ce soit une langue étrangère, mais plutôt que décousu, l'ensemble ressemblait à un pavé de mauvaises intentions, je me disais, donc, est-ce que finalement, les gens ne parlent pas tous seuls ? Est-ce qu'ils ne se parlent pas en permanence à eux-mêmes faisant mine de dire à l'autre ?
Ils disent, se délestent, se vident de vide, quelque chose de ce goût-là.
La société de l'individu est difficile à cerner.
Et moins on la cerne et plus elle a de cernes sous les yeux. Et plus elle nous cerne et plus on a des cernes sous les yeux. Aussi.
De l'air.
