Magazine Journal intime

Hystérie.

Publié le 14 juillet 2009 par Mélina Loupia
Je suis en pétard, plus exactement.

Voilà, celle-là, c'est fait pour l'année.

(Merci, c'est si peu.)

Je viens d'achever le pot de compote de pêches en morceaux de chez Casino, j'en suis à le racler pour récolter sur la cuillère les derniers millilitres de jus quand le benjamin se croûte littéralement dans mon assiette.

"Bordel mais tu peux pas faire attention où tu mets ton pied droit au lieu de le foutre sur le gauche?"

L'enfant relève la tête, essuie la purée aillée que je n'avais pas terminée, genre j'avais prévu qu'il se ferait un masque de beauté avec et baisse les yeux jusqu'à ses sandales toutes neuves de chez Décathlon.

"C'est qu'il y en a une qui s'est enlevée pendant le repas et j'y pensais plus alors j'ai trébuché dessus, c'est pas ma faute.
-Non, c'est celle de ton pied qui aurait pu te prévenir. Vas te laver la figure."

L'appétit coupé, j'ai décidé d'aller attendre que le conjugué fît le café et le servît dans le fumoir tout en boudant sur le canapé.

"C'est prêt!
-Ouais, ben la magie du moment est passée là, entre ton enfant qui se poutre dans mon assiette, la fin du pot de compote de pêches et le début de Desperate housewives que j'ai loupé, ton café et toi, vous pouvez vous la mettre derrière l'oreille, vous la fumerez taleure."

Mais je me lève tout de même, faute de café, je serais déjà couchée et roulée en boule de nerfs toute crispée à l'heure qu'il est.

Je m'installe et entame ce petit dialogue de sourds entre la fumée de ma tasse, celle de ma cigarette et les ronds de l'auteur des jours de mon trio qui a déjà foutu le camp voir dehors si on voit la belle bleue de la terrasse.

Quand le benjamin, refoulé par ses aînés revient, le menton flirtant avec le carrelage, visiblement vexé de ne toujours pas faire partie du clan des vieux.

"Tiens, regarde, il reste ton assiette sur la table, ça t'évitera de marcher sur ton menton."

Il s'exécute, et au moment de pénétrer le cellier pour ranger son couvert dans le lave-vaisselle béant, c'est sa tête qui passe en premier, pas ses pieds. Le pied, lui aussi probablement vexé d'avoir passé tout le repas hors de la sandale, avait dû bouder et refuser catégoriquement de la réintégrer.

"NON MAIS VRAIMENT, C'EST JUSTE IMPOSSIBLE CE SOIR, MAIS POURQUOI TU LA REMETS PAS CETTE SANDALE? TU CROIS QU'ON DOIT LA RAMENER AU MAGASIN?
-Calme-toi, t'es hystérique là, il aurait pu se faire mal.
-NON D'UNE MERDE TU VAS TE RANGER DANS SON CAMP?
-Non, mais je te demande juste de te détendre là, c'est pas super grave, il s'est pas rechaussé, il s'est pas rechaussé, c'est pas comme si on marchait sur du magma en fusion non plus.
-ET TU ME PRENDS POUR UNE BOBOTTE EN PLUS?
-Non mais sans déconner, arrête de hurler, pourquoi t'es hystérique à ce point?
-J'ai loupé, non, pardon TU m'as fait louper Desperate, y a plus de compote de pêches et ça fait 2 fois que le petit manque de se flinguer le râtelier. Et toi, tu trouves ça cool comme soirée?
-Putain, mais c'est pas vrai, tu vas te foutre en boule pour ça? T'as tes reugles?
-Au cas où ta mémoire vive serait fragmentée, elles sont finies depuis avant-hier.
-Alors c'est quoi?
-J'AI PERDU MA PINCE.
-Ta pince monseigneur?
-Parce que tu crois que là, tout de suite, j'ai l'humour de Philippe Bouvard?
-Non, mais la gueule oui, un peu. JE PLAISANTE.
-J'ai perdu ma pince à épiler.
-Ok, j'ai compris, je fais comme dans l'infanterie
-Ouais c'est ça, tu te tires ailleurs."


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