Magazine Humeur

Seule reste l'empreinte de nos pas

Publié le 16 juillet 2009 par Elis

DSCF2153Les gens ! C'est l'heure des vacances ! Et nous autres, français de Paris et de Navarre, venons d'être étiquetés "pire touristes de la terre". Globalement en France tout le monde s'en fout et contrefout mais moi je trouve ça grave, et principalement parce que, du coup, j'ai l'étiquette que les autres m'ont collée (alors que grave pas, je suis une touriste responsable et respectueuse - enfin je crois) mais aussi parce que je crois que l'essence du tourisme c'est le respect.

Respectons les lieux. Vous allez encore dire que j'exagère, mais en voyage on commence par ne pas dégueulasser la moindre parcelle de terrain qu'on croise. On ne jette pas ses emballages d'Oréo en forêt, et on ramène ses poubelles à la maison (oui, oui !). En dehors du côté esthétique on pourrait dire que c'est pas trop gênant de transformer la mer en caisse de Leclerc un samedi de rentrée, sauf que les tortues, ces grosses tartouilles, elles prennent les sacs pour des méduses et les bouffent pour ensuite mourrir de faim vu qu'ils restent coincés, les sacs. Alors oui, c'est un peu naif de leur part de penser que les méduses peuvent avoir négocié des contrats de sponsoring avec Carrefour ou Casino, mais c'est pas parce qu'un animal est complètement décérébré qu'on ne doit pas le protéger (regardez les bébés chats, c'est complètement crétin et pourtant on les aime !).

Respectons les êtres. Alors là c'est mon vrai coup de gueule. L'omnipotence occidentale, le tourisme neo-colonial ! Attention ! Je rappelle qu'une vie au soleil vaut une vie en France. Si on n'envisage pas deux secondes d'aller faire du tourisme sous les ponts du périph à Paris pour prendre en photo les tentes des SDF, on s'abstient donc de faire des visites de bidonvilles dans le reste du monde (sisi ça existe).
On ne jette pas non plus de nourriture aux gens. C'est interdit au zoo... Aider les gens qui ont faim est un vrai casse-tête aux enjeux multiples que lancer des gâteaux dans le désert ne résoudra pas.

Comprenons les cultures, la politique, les sociétés. Certes on peut aller faire de l'écotourisme au Costa Rica (j'ai toujours envie d'y aller !) et voir des paysages monstrueusement beaux, mais il ne faut pas pour autant passer à côté des problématiques réelles du pays comme la pollution, l'exploitation touristique et la pèche clandestine du requin par exemple (voir le pourunefoisbon reportage de France 2 à ce sujet - je mets pas le lien, faut pas pousser non plus !). C'est pareil quand on visite des plages-de-rêves-dictatures, des forêts-farc, des montagnes-désertées-l'exode, etc.

Pour être un bon touriste, il ne suffit pas de s'allonger sur une serviette ou bien de régler la focale de son appareil photo. Il faut aussi avoir lu l'intégrale des "Nadine en vacances", et teinter sa beaufitude d'un peu de savoir-vivre.

Et pour finir, je vous rappelle que mes 3 semaines en Colombie m'ont coûté moins de 90 euros à compenser (avion et 70 heures de bus), et donc à tous ceux qui m'ont dit "Oh c'est super je vais le faire" quand j'ai écrit sur le sujet dans ce blog, je rappelle que c'est sur Action Carbone par exemple... C'est moins cher qu'une paire de Ray-ban ridicules (la mode parfois, vous fait faire des choses idiotes), moins cher qu'un iphone (quoiqu'il existe des possesseurs d'iphone totalement merveilleux !) et qu'une coupe de Champagne au Ritz. A bons entendeurs !

La photo qui illustre ce post a été prise à la Guajira en Colombie, il s'agit de notre guide en train de donner des bonbons à des enfants qui ne verront jamais un dentiste de leur vie... Cela dit ça fait des vieillards typiques sans dents à photographier pour les années à venir !


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