Le journal d'Angelina sans prise de tête

Publié le 12 août 2009 par Adadala
Mercredi 22 juillet :
Ils sont là !
Ils sont arrivés en force, sagement et soigneusement alignés, au millimètre, rien ne dépasse s'il-vous-plaît. Là ils se reposent encore, étincelants au soleil, flambant d'un neuf presque arrogant. Pas une égratignure, pas une éraflure, rien que du doré chromé. Ils sont prêts à envahir les rues, prêts écraser les doigts de pieds des piétons imprudents sur la chaussée, prêts à défier l'orange et à griller le rouge. Ils sont prêts à imposer leur loi. Le joli panier à l'avant, c'est pour l'attaché-case du cadre, les pommes bio du bobo, le sac à main de la secrétaire cocottante. Ils sont déjà là, menaçant de promesses les plus improbables : "Grâce à nous, la pollution trépasse. Héhéhé !" Héhéhé, c'est plutôt le vélocipédiste qui menace de trépasser à force de respirer la fumée noire qui s'échappe du cul des camions, à force de titiller de trop près la benne à ordures qui, avec beaucoup de mauvaise volonté, se trouve dans l'impossibilité de le laisser passer. C'est bête ....! Oui, ils sont arrivés, ils sont tous là. Les Vélib' de Bertrand ont franchi le périph' et sont arrivés jusque devant chez moi, anéantissant des places de parking à néant. Dois-je rire ou pleurer ?
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Vendredi 24 juillet :
Où est ma tête ?
Avec toutes ces innovations technologiques, ces nouvelles applications ludiques, ces utilitaires censés vous rendre la vie plus pratique sinon plus passionante, j'avoue, je ne sais plus où donner de la tête. Non pas que je me sente dépassée, mais juste... légèrement submergée.
Avant il y avait MSN. Sympa, pratique pour taper la causette avec ses copines tout en étant au bureau. D'innovations en découvertes numériques, voilà que l'on peut même se voir en vidéo, se parler pour de vrai avant peut-être de se toucher demain ? Ensuite il y a eu Facebook, vous permettant de croire que, oui, bien sûr, vous avez bien 2 745 amis. Puis ce fut l'avènement de Gmail, avec son tchat ultra simple, encore mieux que MSN. Du coup, il a fallu rapatrier les contacts de MSN sur Gmail (ce que je n'ai pas fait), sinon ça fait deux applications à ouvrir (ce que je fais, mais on est fainéante ou on l'est pas.) Après, il y a aussi les quelques milliers d'amis qui sont sur Facebook et qui sont susceptibles d'être connectés en même temps que vous, on ne sait jamais, pour un 'tit tchat.
Sans compter tous les statuts qu'il faut perpétuellement mettre à jour. "Angelina..." Les très malins qui ouvrent toutes les applications, comme moi, pour être sûrs de ne rater personne, mettent le même statut partout (pas moi ! Oh l'autre.) Mais alors bonjour si vous changez de statut comme vous respirez. Les moins malins, comme moi, qui n'ont pas le même ni sur MSN, ni sur Facebook, ni sur Gmail, doivent se creuser la tête pour chaque fois trouver le bon statut en adéquation avec l'humeur ou l'action du moment et la bonne application.
Franchement, la révolution numérique m'épuise. Rien que Facebook, c'est un véritable esclavage à mettre à jour, en mettant l'aspect ludique de côté. Mais si en plus vous vous mettez à installer toutes les petites applications qui vous permettent de savoir si vous être Bree ou Susan ou quelle bombe sexuelle vous êtes ou en quelle année vous vous marierez, il y a de quoi ne jamais décoller de là. Il fut même un temps où mes propres amis se proposaient de m'acheter sur Facebook. Vous imaginez ça ? Le progrès, c'est qu'on peut réinstaurer les marchés d'esclaves, foires aux vaches en tout genre sans lever ses fesses.
Et je ne vous ai parlé que des principaux, en évinçant volontairement tous les petits sites, voire blogs communautaires qui vous proposent une boîte aux lettres, de faire amis-amis avec d'autres inscrits, de mettre votre statut à jour et de poster des articles.
Non, j'ai l'air de grogner comme ça, mais c'est cool. Sur MSN, ça fait un mois que je suis under the sun (ou presque), sur Gmail, ça fait 15 jours que I am posting et sur Facebook, mon statut reste désespérément vierge. Il ne me reste plus qu'à me mettre à twitter.Mes Petites Fables