J’ai aussi connu le temps du papier carbone, du liquide blanc pour corriger nos erreurs de frappe et des petits rouleaux noirs et rouges des machines à écrire qui nous salissaient les doigts quand on les changeait. Le temps où, si nous n’avions pas de doigté, il nous fallait des heures pour avoir une copie propre, sans rature. En lisant ces lettres de 1946, du livre des « épluchures », je pensais à ces jeunes nés avec le clavier entre les mains qui, maintenant, n’ont qu’à utiliser le Ctrl C et Ctrl V et envoyé le tout par courriel. J’aurais certes économisé du temps, mais je me serais privée d’un plaisir dont j’ignorais alors qu’il achevait. Pas le temps de la machine à écrire que finalement j'ai détestée, mais celui de la plume fontaine, de sa pointe douce, du majeur parfois taché, de la calligraphie soignée. Et le temps des lettres, de la correspondance, de l'épistolaire. Aujourd'hui, adepte du clavier-souris à mon tour, je sais que j'écris plus, plus rapidement, mais peut-être plus "jetable", faute de peaufiner en recopiant?(source photo: upload.wikimedia.org)
