Les Jolis “Comptes” du Sentier… Aujourd’hui Le Petit Chaperon Rouge

Publié le 29 août 2009 par Lepaf

Il était une fois une pré-ado, qui passait ses journées à tchater sur MSN avec ses “coupines”, à torturer sa Wii, et à envoyer des Sms à sa meilleure amie dont elle était jalouse à en crever, pour une sombre histoire de mecs.

Sa mère qui la couvait plus que de raison, lui avait encore acheté des schmattès chez Zara : un ensemble rouge, caleçon et tee-shirt  avec le béret assorti, ce qui lui valut le surnom de Little Red Hat, un sobriquet aux résonnances de squaw qui sonnait plutôt “Creeks”.

En tous cas c’etait bien mieux que de s’appeler Le Petit  Chaperon Rouge. Mais on échappe pas à son destin.

Azoï.

La maman pria sa fille de bien vouloir sortir de sa torpeur et d’apporter le Gâteau au fromage  qu’elle avait commandé, rue des Ecouffes, chez Florence Finkelsztajn, à grand-mère Fanny, qui était bien malade. Pauvre Bubbeh.

- Et surtout ne fais pas ta yenteh en chemin, lança la mère. 

Elle enfourcha un vélib et traversa les rues de Paname pour se rendre chez son aieule.

Au premier feu, elle croisa un velvel, au volant de son coupé Mercédès, sapé en Armani, qui l’aborda avec une voix si sexy, qu’on aurait passé des heures à l’écouter.

- Où vas tu ma jolie ? 

- Phouey !!! Je le crois pas !! s’écria la donzelle. Tu branches des mineures maintenant ?

- Que vas-tu penser là ? J’ai vu que tu avais une super boîte de delicatessen dans ton panier.

- Ah le keiss kuchen? C’est pour Grand-mère mais ne compte pas sur moi pour te filer l’adresse car j’ai déjà lu l’histoire !  

- Ich vais …Je sais, shaine kop, mais je l’ai déjà trouvée sur le net…. 

- Alors pourquoi tu me prends la tête ?  

- T’occupe…allez, je m’en vais à la vitesse d’Usain Bolt..

- Jah is love, God bless Jamaica, et bla bla bla….T’es sûrement pas un hacker mais t’es vraiment un k’nacker.

Notre loup qui avait hanté les Nuits Blanches du Marais, connaissait Gross Paris comme sa poche et eut vite fait de trouver un raccourci pour arriver chez la Grand-Mère.

Ayant usé d’une ruse pour se procurer le code d’entrée, il imita la voix du Chaperon Rouge pour se faire ouvrir..

- Oi gevald fit Fanny en découvrant le loup…prends mon vison, mon renard argenté et va-t-en …

- Sha ! Tu me prends pour un schnorrer, bubbele ?

- Tu n’oserais tout de même pas ???? Tu vois ce que je veux dire ?

- C’est vraiment le truc le plus répugnant dans cette histoire : comment peux-t-on imaginer un loup endosser le déshabillé d’une grand-mère, après l’avoir dévorée ? Ce Perrault  quel meshigener !! ….

- Te gène pas, dis que je suis moche, fit la grand-mère courroucée…Et puisque tu y es, traite moi de Shkapeh

- Écoute-moi , Yiddish Mameh, voilà ce que je te propose : tu me donnes les diamants de ton cher Moishele Zal, on dit Mazal et tu as la vie sauve….  

- Et ma petite fille ? Tu crois que je vais te laisser faire tout ce que tu veux comme un Golem espèce de chmok ? De toute façon  Ich vel dir geben kadoches car soit tu me tues soit le père de Little Red Hat te tue….

- C’est vrai dit le loup, l’auteur aurait quand même pu nous dire qu’elle était la source de son pastiche !!

Eh oui il a raison le loup….

Vous trouverez sur  le site “coindespetits.com“, une version très soft du Petit Chaperon rouge, celle des Frères Grimm destinée aux tous petits…  et sur cet autre une version sans Happy End ….avec cette Moralité écrite par Perrault que l’on devrait lire à tous les enfants quelque soit leur âge….

On voit ici que de jeunes enfants,
Surtout de jeunes filles,
Belles, bien faites et gentilles
Font très mal d’écouter toutes sortes de gens,
Et que ce n’est pas chose étrange,
S’il en est tant que le loup mange.
Je dis le loup, car tous les loups
Ne sont pas de la même sorte :
Il en est d’une humeur accorte,
Sans bruit, sans fiel et sans courroux,
Qui, privés, complaisants et doux,
Suivent les jeunes demoiselles
Jusque dans les maisons, jusque dans les ruelles.
Mais, hélas ! qui ne sait que ces loups doucereux,
De tous les loups sont les plus dangereux !

Sans les Lexiques 1 et 2 cet article n’aurait pas pu voir le jour. Merci aux concepteurs de ces deux sites.

Et merci, enfin, à Yankel qui m’a fait découvrir le Yiddish et ses voyages à Pitchipoï.