{Life is like a Bicycle}

Publié le 02 septembre 2009 par Unefillelatoile

Petite, je mangeais toujours les épinards avant le poisson pané, pour me débarrasser vite de ces légumes que je détestais. Aujourd’hui encore, si vous m’invitez et que vous me mettez des aubergines ou des olives dans mon assiette, il y a de fortes chances pour que je me jette dessus afin de ne plus avoir à dealer avec au plus vite.

Bizarrement, pour tous les autres aspects pénibles de ma vie, cette stratégie ne s’applique pas. Je fais toujours ma déclaration d’impôts au dernier moment, mes valises juste avant de partir. La vaisselle juste avant d’aller me coucher et je passe l’aspirateur le dimanche soir, quand je suis épuisée mais que je ne supporte vraiment plus mes planchers sales. Je repousse, je décale, j’enfouis ma tête dans le sable. Je laisse planer les choses pénibles pendant des jours, des semaines, parce que je n’ai pas le courage de m’y mettre. Puis ça m’angoisse, donc je me dis que je vais m’y mettre au plus vite, et je me répète les il faut, il faut, il faut… Sauf que j’ai bien trop de choses à faire, je n’y pense plus. J’oublie.

Ma demande de résidence permanente au Canada, ça faisait deux ans qu’il fallait que je la prépare. Il fallait, il fallait, il fallait. Je ne compte pas le nombre de fois où Résidence Permanente était marqué dans ma To-Do liste… Quand on me demandait ce qu’il en était, de cette demande d’immigration, je disais: bientôt.

Imaginez donc comme ça fait bizarre, de l’avoir déposé ce midi. Il y a du soulagement, bien sûr. Mais vous savez quoi ? Je ressens un petit vide bizarre, comme lorsqu’on se débarrasse soudainement d’un poids lourd à porter… Comme si je m’étais habituée à voir ces épinards dans mon assiette…

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Photo: Vue sur le Tumblr de JS, épinglée dans le mien… Impossible de retrouver le crédit de la photo…