Magazine Humeur

Plus jamais humain

Publié le 02 septembre 2009 par Didier T.
Plus jamais humainPhoto / Pierre Beteille (Monkeyman)
Parfois, la nuit, je réfléchis.
J’essaie de trouver un sens à la vie. Je me demande ce que nous foutons tous là. Je me dis, mais à quoi on sert, nous les humains ?
Je n’ai, à ce jour, pas trouvé de réponse. Je pense donc que nous sommes tous parfaitement inutiles à cette planète et qu’elle se porterait bien mieux sans nous. Les poissons n’auraient plus dans leur sang une liste de 100 noms de toxines diverses et variées, d’ailleurs on ne les tueraient plus juste pour comptabiliser un nombre de toxines ; les orchidées vivraient leur vie dans les pays où elles sont sensées la vivre, elles ne seraient plus offertes à qui mieux-mieux dans des cache-pots vert anis et ne pourriraient pas en deux semaines et trois jours près d’un mur rempli de stickers papillons.
Ah oui, car la vie est vraiment pathétique. Il suffit de s’observer soi-même ou d’observer son voisin pour que l’odieuse vérité attire l’œil et infiltre l’esprit. Je ne parle même pas de lire les journaux. Après la troisième page de conneries, reste plus qu’à se flinguer direct.
Depuis quelques jours j’émets l’hypothèse que nous sommes sur terre en pénitence. On a dû, dans une autre vie, une vie précédente, faire un truc pas jojo. Un truc pire que le fait divers du jour, du genre, un employé de service (un homme de ménage payé le smic horaire du nettoyage et qui fait 13h45 par semaine (non pas par mois, ne noircissons pas le tableau noir)) qui veut aider la serveuse, qui dit non à un « client » qui veut acheter un paquet de cigarettes (il est 2h, elle doit fermer (les voisins du troisième vont appeler les flics s’ils entendent un bruit trop suspect à 2h11 et si elle se prend une contravention pour tapage nocturne, son patron la déduira de son salaire (smic horaire des bars-tabacs) parce qu’il lui aura déjà dit de fermer à 2 heures précises, pas à 1h53, ni à 2h03, non, à 2 heures), et qui se fait buter car le « client » est revenu avec un gros calibre, se faire laver de l’affront du « non ». Non, on a dû être pire que celui qui tient le flingue dans une autre vie. Je ne sais pas ce qu’on a fait, mais pour mériter la vie, ça a dû être lourd. 
A 30 ans, j’estime que j’ai déjà suffisamment payé. Avant j’avais des angoisses, j’arrivais à peu près à les gérer. Maintenant se sont ajoutées de franches peurs. Des peurs horribles. Sans compter évidemment toutes les merdes, les vraies, les bien concrètes, que tu trimballes. A chaque jour, sa nouvelle merde. Alors rideau. Je veux devenir une grosse vache, un lézard, un scarabée, un hippopotame, un brin d’herbe, une mouche tsé-tsé, même un moustique ou une algue pourrie, n’importe quoi, mais par pitié plus un humain.
Publié par les diablotintines - Une Fille - Mika - Zal - uusulu

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