L'oeuf ou la poule ?

Publié le 28 septembre 2009 par Tazounette

Vous avez remarqué ces temps-ci comme j’ai du mal à parler de mes filles. Je n’arrive pas à raconter. Je vis. Je vis intensément mon rôle de mère et je ne parviens pas à prendre le recul nécessaire à la mise en mots. Je n’ai pas envie ou quelque chose comme cela.

Cette année est fort différente de l’année passée. Mes deux filles ont passé l’âge des tests. Je suis dans la meilleure tranche d’âge, ma grande n’étant pas encore à l’âge où ils recommencent, et la petite vient de quitter l’âge où ils débutent. Bref, une sorte de petit Nirvana.

La fierté que j’ai éprouvé tout à l’heure lorsque la petite a fait mine d’avoir oublié la règle et que je lui ai demandé « Qu’est-ce qu’il faut dire, là, L* ? », qu’elle a tourné sa petite frimousse vers moi, puis fait mine de réfléchir en regardant le plafond et qu’elle a dit « Pardon »… Quelle bouffée d’amour, il me prend alors.

Et en ce moment, ce n’est que des bouffées d’amour que j’éprouve. Ma petite a grandi. On dirait qu’elle a fait un bond de géant durant l’été…


Et puis j’ai des filles si adorables. Vraiment. Tout à l’heure nous avons dû passer par le laboratoire pour leur faire deux frottis de gorge chacune, pour vérifier que je ne leur ai rien refilé. Elles ont été adorables, elles ont ouvert la bouche comme il fallait, elles se sont laissé faire. Et le médecin ensuite m’a félicité : « Il y a tant de mères qui se laissent déborder par leurs enfants, je vous félicite, madame, vos filles sont obéissantes et c’est grâce à vous ».

Tout à l’heure encore, la nouvelle nounou m’a accompagné à l’école pour rencontrer les filles et les personnes de la garderie auxquelles elle devra récupérer les filles. J’ai expliqué aux filles de qui il s’agissait. Et je les ai laissées faire ensuite. Je n’ai rien dit. Je ne les ai poussées à rien. Les deux fois, elles m’ont regardé. Je leur ai sourit et elles sont directement allées vers elle. La petite a accepté illico d’être prise aux bras. Et ma grande tout de suite l’a prise entre ses bras avec un grand sourire et elles leur ont donné la main jusqu’à la station de Tram.

Ca m’a fait tout drôle. Ca faisait vraiment « Ok, si maman est rassurée, si elle sourit, c’est que c’est pas n’importe qui, c’est qu’on ne craint rien, ok, tu fais partie du cercle, viens-là ». La nounou a été très touchée. Elle est très maternelle et chaleureuse et on sent qu’elle regarde les enfants. Elle a été remuée par leur gentillesse. Et moi aussi. J’étais si fière.

En ce moment, je ne sais pas comment vous dire. Je suis à la fois impliquée comme l’an dernier et toutes les années passées, mais il y a en plus comme une sorte de recul sur mon rôle. Comme si là, maintenant, enfin, en plus d’être mère je pouvais me poser par moments et juste les regarder grande. Les regarder être. Elles deux. Les regarder pousser, grandir.

Et j’aime ça. Tellement.

Pour les récompenser de leur comportement exemplaire au labo, elles ont eu droit à une soirée Kung Fu Panda, en mangeant croquettes de patates et saucisses kn*cki devant la téloche. J’adore ces soirées là, sans les règles habituelles du repas à table. Une petite soirée sans contraintes, de liberté pour elles comme pour moi. On a mangé de façon anarchique, en commençant par le fromage… C’était chouette. J’aime ces moments-là…

J’ai du mal à exprimer ce que je veux dire. C’est grâce à elles que je suis la maman que je suis. Et je crois que c’est de ça, dans le fond, dont j’aimerais les remercier. Si je suis ainsi, c’est grâce à elles. C’est elles qui ont rendu ce moi d’aujourd’hui possible. Et si je suis si émue ces temps-ci, c’est parce que je commence à récolter les fruits de ce qu’elles ont rendu possible et je leur suis infiniment reconnaissante.

Tout cela, c’est grâce à elles. Tout cela c’est grâce à moi et tout cela c’est une seule et même chose et c’est grand, infiniment grand !