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Les Autres et Moi

Publié le 29 septembre 2009 par Tazounette

Les Autres et Moi


Ou « Comment vaincre le stress de l’heure qui tourne ? » 

Bien, comme vous le savez c’est mon nouveau point de mire de mes séances psy. On bosse depuis quelques semaines là-dessus ! Et il se dégage que c’est l’heure qui tourne qui me pose problème !

Je n’ai jamais été très douée pour minuter quelque chose. Par exemple, si j’ai un rendez-vous à une heure précise, je vais prévoir au moins 20mn de battement avant, pour être sûre d’être à l’heure, quitte à attendre 15mn sur ces 20mn et être imbuvable dans ma caisse pendant les 5mn de trajet (puisque je suis pressée, c’est un rendez-vous et je ne dois ABSOLUMENT pas être en retard, première règle inculquée par mes parents, sûrement même avant que je naisse !). Curieux n’est-ce pas ? Et puis je vais prévoir de nouveau 20mn pour le retour, sachant que je vais me grouiller pour être sûre de ne pas être en retard ( !!!) et poireauter encore un quart d’heure en ne branlant rien et en me caillant les miches !

Bref. Je suis incapable d’avoir une notion de « temps nécessaire ». Je pense toujours que je vais mettre ‘achement plus de temps que tout l’monde, vu que moi, je ne suis pas comme tout le monde. Je suis nulle. Je suis lente. Je suis laborieuse !

Voilà, en gros, ce qu’il se passe dans ma petite tête. Et j’ai tellement peur de me vautrer, de perdre du temps que je passe mon temps à lui courir après !

Ce que j’ai peur de pas avoir le temps de faire est simple : la route de retour, récupérer mes filles à l’école (le plus tôt possible), rentrer à la maison (le plus vite possible), faire le bain, les mettre en pyj’, faire le repas, manger, leur laver les dents et les mettre au lit. Cela entre 18h00 et 20h00.

Pourquoi 20h00 ? Parce que c’est l’heure optimale pour que mes louloutes emmagasinent un max de sommeil jusqu’à 6h45/7h00, heure où je les réveille. Je les couche parfois vers 20h20, mais alors je suis dans un état de stress avancé. Merde. Et si le sommeil ne venait plus ?

Bref. Donc. Comme tout le reste est à peu près influençable selon ma rapidité à faire les choses, je les fais de façon assez zen (mais rapidement, hein, on ne sait jamais !).

Mon problème grandit donc lorsque je n’ai pas de prise sur le temps qui passe et lorsque je ne peux rien faire pour gagner du temps. Comme c’est indépendant de ma volonté, le stress grandit parce que j’ai pas le temps pour l’impondérable ! C’est clair. J’ai déjà à peine le temps quand tout va bien ! Alors, bon, faut que ça roule, quoi ! Et c’est là que le bât blesse vraiment. C’est que je cherche à gagner du temps là où c’est impossible. Surtout là où c’est impossible. Parce que ça me donne une impression de « pas le choix ». En gros. C’est l’idée.

Donc forcément, ce qui me met le plus en rogne c’est la bagnole. Dès que le trajet que j’effectue m’empêche de faire comme je l’avais prévu et que je pense aux conséquences de mon retard sur les autres (mes filles, les nounous qui gardent mes filles, les collègues du boulot, le papa des filles qui m’attend…). Sachant que je prévois toujours en optimisant donc quand tout roule nickel, qu’il n’y a ni embouteillages, ni bouchons, ni travaux, ni déménagements, ni camion-poubelle. Ni RIEN. Une ville parfaite. Qui n’existe pas donc.

Donc dans un monde qui n’existe pas, je ne serai jamais stressée ! Mais comme je suis à Bruxelles, la pire des villes stressantes, me voilà au maximum du pire de ce qui peut m’arriver. Et donc je m’auto-rajoute du stress vu que de l’extérieur il n’y en a pas assez. Je combats le mal par le mal et je provoque les accrochages quand je me rends compte que dans le temps imparti ça ne va pas passer…

En gros, c’est l’idée.

Mon problème est donc dû en partie au temps qui passe. Donc, en voiture (circonstance optimale où tout se déclenche), il faut que j’occulte toute dimension temporelle. Lorsque j’ai mon cul dans ma caisse, il ne me faut plus aucune notion de temps sinon c’est dangereux pour mes fesses. En gros. Ce matin, j’ai donc occulté la montre digitale sise sur mon auto-radio. Je l’ai placardé. « Vade retro satanas, suppo de Satan » que je lui ai dit !

J’avais remarqué au préalable, qu’une fois assise dans mon auto, je ne faisais que regarder cette fichue montre. Pour regarder si je suis à l’heure. Puis pour regarder si ce con de feu que j’ai eu deux fois au rouge m’a foutu moult minutes dans la vue. Bref, la montre, l’heure, le temps. Tout le temps.

Et puis, nous avons fait un exercice, hier… Le même exercice de mise en situation que lorsque je suis revenue à la petite fille dans la cour de l’école… De l’hypnose, en gros. Elle m’a fait allonger sur le divan et me détendre. J’entre dans un sommeil conscient…

Le but est de me mettre en situation lorsque je suis empêchée de. Lorsque quelque chose m’empêche de faire ce que je voulais faire, comme je voulais le faire. Ça s’est matérialisé directement dans mon esprit :

J’ai un haut mur devant moi. J’ai environ 5 ans. J’ai mon cartable sur le dos. Je suis dans la rue. Peu de voitures, peu de monde. Il fait beau. Et il y a ce grand mur. De l’autre côté des enfants qui rient et s’amusent. L’école, probablement. Mais pas seulement. Il y a moi toute seule, d’un côté et les autres, tous les autres, ceux que j’ai toujours enviés. Moi, la solitaire, la timide, l’empotée, la maladroite, la réservée. De l’autre : les gens qui rient, qui sont à l’aise, qui sont en groupe avec plein d’amis, plein de copains. Pour moi, pas moyen de les rejoindre, il n’y a pas de porte. Le mur est trop haut et trop lisse. Je ne peux pas les rejoindre. Et puis il y a ma sœur de l’autre côté. Elle m’empêche d’être du bon côté. Alors, je reste toute seule, derrière ce mur. Je le longe de tous côtés. L’angoisse monte, je panique. Les autres vont me trouver nulle de ne pas y arriver, de ne pas trouver le moyen. La voiture de ma mère passe. Elle descend. Elle est furieuse. Elle se met en colère et me dit « Mais enfin, c’est pas bien compliqué de trouver l’issue. Débrouille-toi mais dépêche-toi, tu perds du temps, là ». Et moi je cherche, je cours, j’ai chaud, j’ai peur de me faire gronder à nouveau, je me sens nulle, empotée. Et je ne fais qu’écouter les autres de l’autre côté, leurs rires, leurs voix. Et plus je les écoute, plus je me sens incapable de trouver le moyen d’entrer. Deux autres me rejoignent. Des enfants comme moi. Des copains que j’ai eus à l’école. Une fille et un garçon, un peu comme moi. A part. Et on est tristes tous les trois. Et on envie ceux qui sont de l’autre côté. Et on ne fait rien. On n’arrive pas à s’amuser, à rire. On est forcément bêtes, nous, puisqu’on n’est pas avec les autres… On n’est forcément pas intéressants. On est des nuls.

I* (la psy) me demande de ne plus écouter les rires dans la cour, de ne plus écouter ce qu’il se passe de l’autre côté du mur elle me demande ce qu’il me manque pour ne plus m’intéresser à l’avis des autres. « Il me faut de la confiance », m’entendis-je répondre. Et puis d’un seul coup, je n’ai plus fait fi des gens de l’autre côté. Je n’ai plus été triste. Je n’ai plus regardé les autres enfants en les plaignant. L’angoisse a disparu. Je ne cherche plus l’issue, je me promène, il fait beau et je me sens bien…


L'exercice était fini. Je me suis sentie sonnée par ce demi-sommeil...
 

Ne plus penser aux autres quand je suis en voiture ! Ne plus penser aux autres ! Penser à moi, à moi seule ! Arrêter de me dire que tout est grave ! Non, tout n’est pas grave ! Un retard n’est pas une chose grave !

UN RETARD N’EST PAS UNE CHOSE GRAVE !

En occultant la montre ce matin, j’ai senti que c’était ça, la matérialisation des autres dans mon esprit. C’est cette put* d’heure qui tourne et qui a des conséquences sur tous les autres, n’importe lesquels, et c’est à moi de faire mon maximum pour les autres, ceux qui sont en nombre, tous ceux qui ne sont pas moi.

C’est à ça que je pense à chaque fois que je la regarde.

Terminé ! Basta !


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