Se gondoler en tête de gondole avec VGE et sa princesse (gballand)

Publié le 05 novembre 2009 par Mbbs

Il y a quinze jours, je suis allée à la FNAC pour feuilleter le livre de Valery Giscard d'Estaing « La princesse et le président » dont j’avais lu quelques succulents extraits dans le Canard Enchaîné. Après 20 minutes d’effeuillage, j’ai relevé quelques citations qui m’ont conforté dans l’idée que M. Giscard D'Estaing, de l’Académie Française, écrit bien ses livres seul, sans l’aide d’un « nègre » !
Son style est certes banal mais il atteint des « sommets » lorsqu’il s’essaie  à écrire et décrire l’amour. On sent que notre ancien Président de la République est plus à l’aise pour parler de protocoles que d’émotions…
Voici quelques citations prises ici et là qui m’ont souvent fait sourire, voire rire, seule, assise entre deux rayons :
« Mes mains la caressent et l’appuient contre moi.  Elle se laisse faire, et même je la sens s’assouplir à cet enlacement. » ou  « Et à l’instant ce sont mes lèvres qui s’appuient sur les siennes, qui les aspirent et qui les ouvrent. » Quelques pages plus loin « Après plusieurs minutes, presque à bout de souffle, nous nous sommes détachés l’un de l’autre. » De la plume d’académicien pure et dure… On se rend vite compte que pour le narrateur, l’amour semble  plus tenir du parcours du combattant avec treillis et mitraillettes que de la sensualité et de l’émotion.
Dans la catégorie « clichés », j’ai choisi cette phrase à la comparaison ébouriffante : « Sous l’apparence de ces minces échanges, je ressens comme le bouillonnement d’un torrent soudain incandescent… »
Puis, le meilleur pour la fin, ce morceau d’anthologie qui méritera certainement de figurer dans le futur Lagarde Michard du 21è siècle  « C’est plus  une caresse qu’un baiser, car mes lèvres doivent être desséchées, fendillées et exhaler des senteurs pharmaceutiques. » Serait-ce de l’humour ? Quelle  mouche l’a donc piqué ?
Arrivée au tiers du livre, j’ai remis le précieux roman dans les rayons et je suis partie. Je me suis dit que le narrateur – l’auteur ? - devait être un homme bien ennuyeux qui ne méritait certes pas qu’on passât la journée – la soirée ? - avec lui…