A deux doigts de pied de l’Accident de Travail…

Publié le 09 novembre 2009 par Wawaa

C’était une banale matinée au boulot. Quand je ne sais plus. La semaine dernière en tous cas. J’avais fini tout mon travail. Mes rayons étaient beaux, oserais-je même dire « rayonnants » ! Toutes les bouteilles étaient bien rangées, au garde-à-vous, alignées le plus joliment possible. Parfois je me dis que j’ai un côté maniaque. Mais quand je regarde l’état de ma chambre, je me dis que je ne suis pas maniaque du tout. Non c’est juste qu’au boulot, j’aime bien quand c’est tout beau. Et puis il faut cacher les trous. Ca c’est ma spécialité, combler les trous. J’adore combler les trous. Mais oui LES TROUS : quand je suis en rupture de telle ou telle référence parce que j’en ai pas reçu, parce que j’ai oublié d’en commander, parce qu’un (e) connard (asse) de client(e) a décidé de tout prendre sans me les commander à l’avance histoire d’être sûr de les avoir et de ne pas plumer le rayon. MAIS NON, les gens c’est des égoistes, pensent qu’à leur gueule… Et bien j’arrive toujours à les reboucher, technique général de supermarché, on retourne ou on décale l’étiquette et on étale le produit d’à côté qui comme il ne vend pas énormément, va sauter aux yeux du client et être un peu plus vendu.


Bref, tout allait bien. Personne ne m’engueulait. Pas de clients casse-couille. Pas de problème à l’horizon et l’horloge qui annonçait un splendide, un merveilleux, un magnifique 10h25. Finissant à 10h30, c’était un plaisir de me dire que j’allais finir à l’heure. Je me suis donc dirigée vers la réserve pour finir de mettre les cartons dans le compacteur pis à 10h29, j’ai pris mes clics et mes clacs et hop j'ai rejoint les fruits et légumes et j’y croise ma chef et je lui dis bonne journée. Nous marchons ensemble pour rejoindre les bureaux.


Elle blague, je blague. Quand soudain, la peur me prend les tripes. Je perds l’équilibre, tout mon corps se contracte. Mon pied droit vient de glisser sur quelque chose. Comme je suis trop forte, douée, sportive ou juste chanceuse, j’arrive à éviter la chute qui aurait pu être douloureuse et se terminer en fracture du coccyx et franchement, ce genre de chose CA FAIT MAL AU CUL ! Rester assise sur une bouée jusqu’à ce que ça se recolle, NON MERCI ! Je reprends mon équilibre, déboussolée voyant le visage blanc de ma chef, parce que c’est toujours stressant pour un chef d’envisager qu’un employé pourrait être absent, vous comprenez, faut refaire les plannings, remplacer, supporter que les autres employés disent non parce que les heures sup sont rattrapées on ne sait jamais quand et tout et tout.  Je reprends mes esprits après cette seconde où j’ai senti tout mon corps basculé en arrière et où j’ai tout fait pour repartir de l’avant.

Par terre, un petit amas vert et gluant, avec deux petits points marron clair gisait, un peu étalé. Charmant. Je venais de marcher sur un grain de raisin, oui madame, un joli grain de raisin italien, vert flamboyant, qui avait eu l’intelligence de traverser l’allée sans regarder.


Tout aurait pu basculer pour un grain de raisin. J’aurais eu mal au cul, assise sur ma bouée. J’aurais raconté mes malheurs ici-même, j’aurais trouvé peut être de nouveaux moyens de devenir riche via internet, j’aurais eu le droit de montrer mon cul à divers docteurs, radiologues et peut être même chirurgiens. J’aurais vécu un enfer, ou alors j’aurais pu me reposer, le cul sur ma bouée, attendant que l’os de mon arrière-train daigne bien se recoller. J’aurais siroté du lait, en glandant sur le net, en me faisant servir et en disant « Ah non, je peux pas t’aider, j’ai trop mal au cul ! ».


Maintenant,  j’espère que, chaque fois que vous croquerez un juteux grain de raisin, vous aurez une petite pensée pour mon coccyx qui a, ce jour là, risqué un fatal accident,tout ça peut être à cause d'un connard de client qui a eu la flemme de ramasser le GRAIN qu'il avait fait tomber, se disant que de toutes manières, les employés étaient là pour ça  !