C'était hier. Préparant le concours d'entrée à l'Ecole No...

Publié le 04 décembre 2009 par Laporteplume
C'était hier. Préparant le concours d'entrée à l'Ecole Normale d'Instituteurs, guidé par un professeur honnête homme, j'ai travaillé des heures, des jours, avec les copines et copains du collège, sur ce poème du 16ème siècle. Le voici aujourd'hui, proposé à la méditation de tous les agités du bonnet, de tous les manipulateurs de conscience, tous les malveillants de coulisses qui nous prennent la tête avec la fameuse "identité nationale".
France, mère des arts, des armes et des lois
France, mère des arts, des armes et des lois, Tu m'as nourri longtemps du lait de ta mamelle :Ores, comme un agneau qui sa nourrice appelle, Je remplis de ton nom les antres et les bois.Si tu m'as pour enfant avoué quelquefois, Que ne me réponds-tu maintenant, ô cruelle ? France, France, réponds à ma triste querelle. Mais nul, sinon Écho, ne répond à ma voix.Entre les loups cruels j'erre parmi la plaine, Je sens venir l'hiver, de qui la froide haleine D'une tremblante horreur fait hérisser ma peau.Las, tes autres agneaux n'ont faute de pâture, Ils ne craignent le loup, le vent ni la froidure :Si ne suis-je pourtant le pire du troupeau.Joachim DU BELLAY (1522-1560) Les RegretsQue Messieurs Besson, Hortefeux, leurs fidèles fonctionnaires et conseillers, que notre souverain et sa garde rapprochée, que Monsieur André Valentin, maire UMP de Gussainville, prennent le temps de le relire ! Voeu pieux ? Peut-être ! Illusion d'espoir ? Sans doute ! Il fait pourtant partie, ce texte, de ceux qui ont fondé l'esprit généreux de notre communauté nationale. De plus, il est beau, de la Beauté de la vraie poésie inspirée.Notre République pourrait le glisser dans le cartable de chaque écolier de chez nous, dans la valise de chaque nouveau venu, qu'il vienne de là-bas, ou d'ailleurs. Suggestion ? Pourquoi pas ?C'était hier... Mais c'est aujourd'hui, pour... demain !Image : Rodin Le Penseur photo anonyme